THEATRE FRANCAIS CONTEMPORAIN

Comment retrouver l’énergie pour revenir vers les artistes? Je suis resté longtemps sidéré par la série d’attentats qui a touché la France et l’absence de vision du personnel politique. Le pacte laïc qui nous unissait s’émiette progressivement au profit d’une approche clientéliste où le « fait religieux » est une grille de lecture omniprésente pour penser l’avenir de notre société. Peu à peu, la gauche dite « radicale » entre en conflit direct avec la laïcité pour se refaire une « virginité » et… lire la suite

En février dernier, j’écrivais sur ce blog mon dépit suite aux attentats de janvier : « Depuis le 7 janvier 2015, ma relation à l’art s’est déplacée vers les processus complexes de la liberté d’expression. Je ne me reconnais plus, pour l’instant,  dans celle revendiquée par les artistes, trop liée aux lois du marché et dépendante du réseau de l’entre soi. Comme me le faisait remarquer Romain à propos des attentats : « la réalité a dépassé la fiction ». Cette liberté, je l’ai… lire la suite

C’est une étrange sensation que de contempler le non-sens sur une scène de théâtre et de ne pas s’endormir. De constater que le corps tient, alors que la fatigue vous envahit. Comment expliquer ce processus ? Est-ce possible de mettre en lien deux œuvres que tout oppose sur le papier (« Andreas » de Jonathan Châtel et « Les idiots » d’après le film de Lan Vann Trears), mais qui empruntent le même chemin, celui d’une esthétique du non-sens?

« Andreas »… lire la suite

« Si le cinéma Français existe par une centaine de films chaque année, il est bien entendu que dix ou douze seulement méritent de retenir l’attention des critiques et des cinéphiles, l’attention donc de ces Cahiers. »

2014: Année Truffaut. Exposition à la Cinémathèque de Paris, rétrospectives, célébration institutionnelle, reconnaissance générationnelle. Unanimité pour louer l’héritage d’un des pères fondateurs de la Nouvelle Vague. L’exposition de la Cinémathèque, riche de documents et émouvante par instants, s’achève… lire la suite

La rumeur entretenue par les critiques a eu le temps de se propager. « Hypérion » d’après Friedrich Hölderlin serait donc trop long, inaudible, statique. Pourtant, le public est là. La metteuse en scène Marie-José Malis prend délicatement la parole : «Nous travaillons dans l’adversité. Cette salle est excluante, car si vous êtes en hauteur, vous n’entendrez pas bien.  Je vous invite à descendre. Les jeunes peuvent s’installer au tout premier rang ; ils nous donneront leur force».

Cinq comédiennes, cinq… lire la suite

Depuis quelques années, seul le Festival Off permet de voir des œuvres en forte résonance avec le contexte: elles font lien entre les spectateurs et posent une parole, des gestes, une esthétique sur des enjeux qui finissent par nous dépasser. Deux pièces méritent d’être reliées même si le thème abordé pourrait les cloisonner.

« Le prochain train » d’Orah de Mortcie est « un conte sur nos liens à l’ère du numérique ». À première vue, traiter la question alors que nous ne sommes qu’au… lire la suite

Dimanche 30 mars 2014, deuxième tour des élections municipales. Il y a cette petite affiche sur la porte de ma résidence : «Veuillez ramasser vos ordures à l’entrée. Nous ne sommes pas dans une cité des quartiers nord». Le contexte est posé. Bienvenu à Aix-en-Provence, ville d’art, de la parole raciste et vulgaire libérée…

Je pars à Avignon. Retour dans le Vaucluse, un soir d’élection, là où précisément je l’avais quitté en 1995, année où le FN avait pris la ville d’Orange. J’ai dû m’installer à Aix-en-Provence… lire la suite

«Des formes nouvelles, voilà ce qu’il faut».

Ces paroles prononcées par l’intransigeant Treplev correspondent à la mise en scène de La Mouette par Renaud Triffault. Le spectacle délaisse avant tout les personnages secondaires de la pièce de Tchékhov usés par la vieillesse et choisit d’effacer toute référence à la Russie. Alors que les puristes pourraient croire à une trahison, j’assiste à un véritable tour de force à travers une mise en scène recentrée autour des quatre personnages redoutables, Arkadina, Trigorine, Treplev, Nina auxquels s’ajoutent Macha et Medvedenko.… lire la suite

Ils sont 21. 21…comme autant de siècles.

Des jeunes personnes, vêtues d’une grande simplicité. Ils nous regardent, calmement, sérieusement. Ils sont un troupeau de biches dans une clairière, avec la grâce et la concentration, face à une tempête annoncée.

Oui, la jeunesse peut être sérieuse. Nous allons les suivre pendant 4H15 vers une voie inconnue, celle qui nous fait frôler l’utopie. Nous quittons le sombre du quotidien pour entrevoir un ailleurs, lumineux, à reconstruire.

Le décor plante le monde méditerranéen, sa lumière, clin d’oeil aux révolutions arabes. Mais ces… lire la suite

« Afropéennes » d’Éva Doumbia sera joué à Marseille, du 3 au 7 avril 2014 au Théâtre des Bernardines. Nous avions vu et beaucoup apprécié ce spectacle au dernier festival d’Avignon. Par les mauvais temps qui courent, il ne faut pas le manquer.

Où s’entend la question noire dans ce pays ? Mais quelle question, a-t-on l’habitude de rétorquer, comme si la diversité en France était au mieux folklorique, au pire une entrave au bien vivre ensemble. Et pourtant…De dérapages télévisés en lapsus politiques,… lire la suite