FESTIVAL D’AVIGNON

Elle est sur scène, nous regarde, presque apeurée, alors que l’on cumule pas loin de vingt minutes de retard. Elle arpente le plateau avec ses gros cahiers à spirales. Elle s’arrête, nous fixe et reprend sa marche. Le public s’impatiente, elle cherche du regard à comprendre.

Nous apprenons très vite qu’elle ne dit pas, “la directrice du théâtre”, mais la “directrice de mon théâtre”. Nuance. Tentative: Olivier Py, directeur de Mon Festival d’Avignon. Il ne résisterait pas longtemps à cette nomination…

Elle est de noir… lire la suite

Lundi 18 juillet 2016, 11h. Je file vers le Festival d’Avignon. Sur l’autoroute, les panneaux lumineux indiquent, « Liberté, Égalité, Fraternité ». Le service minimum de la communication d’entreprise pour une République réduite à un slogan. Arrivé sur le site « La région Midi-Pyrénées Languedoc Roussillon fait son cirque », un homme nous invite à 12h08 à faire une minute de silence en hommage aux assassinés de Nice. Des « professionnels de la profession » sont attablés. Ils ne se lèvent même… lire la suite

Enfin ! Olivier Py, le Directeur du Festival d’Avignon, tient son spectacle contre le Front National qui accompagnera ses tribunes dans les journaux dès que le FN menacera à nouveau la ville ou la région. L’œuvre nous vient de Belgique. Le public l’acclame debout et la presse est dithyrambique. Le 13 juillet 2016, date où j’assiste à la représentation, Olivier Py reçoit Christian Estrosi, le Président de la Région PACA, pour une conférence de presse sur le plateau de la Cour du Palais des Papes. Étrange télescopage. Le… lire la suite

Suis-je un spectateur demeuré ? Onze années d’écriture sur ce blog me conduisent aujourd’hui à poser cette question. Rien ne vient contredire cette affirmation tant ce que je vois sur scène à Marseille ou Avignon mobilise peu ma sensibilité, ma pensée, mon corps, mes visions et mes visées.

Une question tourne en boucle : pourquoi s’adresse-t-on au spectateur de cette façon ?

Première démonstration avec le jeune metteur en scène Thomas Jolly. Il est missionné par le Festival d’Avignon pour faire de la pédagogie sur le… lire la suite

Le Festival OFF d’Avignon va remettre le prix du public 2015 à  « Tutu »  de Philippe Lafeuille. Sylvie Lefrère revient sur cette oeuvre, vue en avant première à Marseille le 1er octobre 2014.

Pour ouvrir le bal de cette nouvelle saison, je n’ai pas hésité à faire l’aller et retour entre Montpellier et Marseille. La compagnie «Les Chicos Mambos», emmenés par Philippe Lafeuille,  fait son grand retour après «Méli-mélo», succès planétaire. Pour fêter ses 20 ans, elle… lire la suite

« Playtime » au Festival.

Depuis le début, le Festival d’Avignon 2015  fait vivre de nombreuses déceptions aux contributeurs du Tadorne : d’une façon générale et à quelques rares exceptions près (Krystian Lupa, Tiago Rodriguez), le Festival ne se montre ni à la hauteur des enjeux du monde contemporain, ni en mesure de développer des esthétiques fortes, originales, à même de marquer nos sensibilités.

Au moment de réserver pour « Forbidden di sporgersi » de Pierre Meunier et Marguerite Bordat… lire la suite

Il arrive que certains spectacles du Off s’engagent dans un propos des plus captivants. Angelica Liddell, absente depuis deux ans au Festival IN, nous revient par la petite porte du Théâtre Alyzé et retrouve son rang (celui d’une des plus grandes artistes européennes) servi par deux comédiens et un musicien dans « Et les poissons partirent combattre les hommes » de la Compagnie Maskantête.

On peine très vite à cataloguer ce spectacle (Danse ? Théâtre ?), tant la question esthétique paraît presque secondaire au… lire la suite

Le Festival d’Avignon autorise des rencontres de joyeux hasards. La première est une gourmandise, un savoureux «Fromage de tête » concocté par la compagnie «Les ateliers du spectacle» . Trois jeunes hommes aux allures de Skat Cats nous font une leçon en bonne et dix formes, accompagnés d’une femme, digne descendante de la Lady des Aristochats, juchée pour jouer du piano et créer les liens entre chaque paragraphe créatif.

Ici, la pédagogie se veut innovante pour nous inviter à décortiquer toutes les fonctions… lire la suite

En février dernier, j’écrivais sur ce blog mon dépit suite aux attentats de janvier : « Depuis le 7 janvier 2015, ma relation à l’art s’est déplacée vers les processus complexes de la liberté d’expression. Je ne me reconnais plus, pour l’instant,  dans celle revendiquée par les artistes, trop liée aux lois du marché et dépendante du réseau de l’entre soi. Comme me le faisait remarquer Romain à propos des attentats : « la réalité a dépassé la fiction ». Cette liberté, je l’ai… lire la suite

Ils sont attablés. De rouge et de blanc. La fête semble finie, mais nous sentons que ça va saigner.

Il s’avance. Droit, déterminé. David et Jess sont mariés pour le meilleur et surtout pour les pires des situations. Dès la première scène, David évoque un échange de mails avec sa maîtresse. Calmement, surement. Par mails, tout passe, même l’horreur la plus indescriptible quand il évoque les circonstances de la mort de sa femme. Le ton est donné. Nous rions de nos façons de communiquer. Mais le rire est jaune.

Rouge,… lire la suite