ETRE SPECTATEUR

Elle est sur scène, nous regarde, presque apeurée, alors que l’on cumule pas loin de vingt minutes de retard. Elle arpente le plateau avec ses gros cahiers à spirales. Elle s’arrête, nous fixe et reprend sa marche. Le public s’impatiente, elle cherche du regard à comprendre.

Nous apprenons très vite qu’elle ne dit pas, “la directrice du théâtre”, mais la “directrice de mon théâtre”. Nuance. Tentative: Olivier Py, directeur de Mon Festival d’Avignon. Il ne résisterait pas longtemps à cette nomination…

Elle est de noir… lire la suite

Mercredi 13 juillet 2016. J’arrive au gymnase Aubanel pour «Tristesses» d’Anne-Cecile Vandalem. Une jeune femme, agent d’accueil, scrute mon sac pour «raison de sécurité». Or, je ressens de l’insécurité. Car je sais, qu’une fois le spectacle commencé, aucune force de l’ordre ne sera là pour sécuriser le lieu. Tandis que la pièce commence, une vision me traverse : un commando pourrait entrer dans la salle. Il n’y aurait aucune échappatoire. Cette image reviendra à plusieurs reprises.

Quelques heures plus tard, je fais part de ma… lire la suite

Suis-je un spectateur demeuré ? Onze années d’écriture sur ce blog me conduisent aujourd’hui à poser cette question. Rien ne vient contredire cette affirmation tant ce que je vois sur scène à Marseille ou Avignon mobilise peu ma sensibilité, ma pensée, mon corps, mes visions et mes visées.

Une question tourne en boucle : pourquoi s’adresse-t-on au spectateur de cette façon ?

Première démonstration avec le jeune metteur en scène Thomas Jolly. Il est missionné par le Festival d’Avignon pour faire de la pédagogie sur le… lire la suite

Lorsque le 1er janvier 2014,  Marie-José Malis, metteuse en scène, fut nommée à la Direction du Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, tous les contributeurs du Tadorne furent confiants dans sa capacité à réinventer le lien entre le théâtre et le peuple.

Forts de nos métiers et de nos expériences, nous étions prêts à l’accompagner dans cette tâche. Deux rendez-vous avec elle, des heures de travail d’échanges et d’écritures, donnèrent naissance en février 2015 à la formalisation d’un prototype que nous décidons, un an après, de rendre public.… lire la suite

Le blog du Tadorne aura dix ans dans quelques jours. Dix années passionnantes, rudes, sans concession, où je n’ai rien lâché sur mon désir d’être un spectateur émancipé du prêt à penser. Dix années où j’ai tenté un travail titanesque : alors que je n’avais aucune prédisposition pour écrire sur l’art, j’ai fait entendre des voix singulières de spectateurs, noyés dans la masse du « public ». Dix années où s’est installé progressivement un profond malentendu : assumer un regard critique sur l’art et son contexte… lire la suite

Le désir n’y est pas. Depuis le 7 janvier 2015, mon engagement pour le théâtre a perdu de sa superbe. En période « normale », la vie culturelle marseillaise est souvent terne. Depuis quelques semaines, elle me paraît anecdotique, comme si l’art était réduit à des chiffres de fréquentation et ne trouvait sa légitimité que dans un rapport publié en 2013, vantant la contribution du secteur culturel à la bonne santé de l’économie française.

Depuis le 7 janvier 2015, ma relation à l’art s’est déplacée vers les processus… lire la suite

La 6ème journée des Offinités du blog du Tadorne intitulée « Le grand écart du Off » nous a fait vivre un nouveau parcours sensible de spectateurs du OFF d’Avignon visant à articuler, par la pensée et par le corps, les relations entre théâtre et danse. Pour l’occasion, trois spectatrices (Franboise, Hélène, Estelle) ont inclus le groupe des Tadornes pensant, au départ, assister à une journée dédiée à la danse. Leur surprise fut totale lorsqu’elles comprirent que les Offinités plaçaient l’enjeu ailleurs. Précisément dans les mains, les pieds… lire la suite

Lundi 14 juillet 2014, Festival d’Avignon. Pour cette nouvelle journée particulière vécue en compagnie de spectateurs du Festival, les Offinités du Tadorne, co-animées par Pascal Bély, Sylvie Lefrère, Sylvain Saint-Pierre et Bernard Gaurier, proposent de mettre en jeu la figure du spectateur passionné. Justement, la veille, dans le Festival dit « In », nous avons assisté à une pièce qui a nous a fortement imprégnés : la mise en scène d’Hypérion par Marie-José Malis. Cette pièce porte haut l’exigence artistique des acteurs et… lire la suite

Des adultes accroupis, repliés sur eux-mêmes, éloignés les uns des autres, mains fermées sur le visage. Debout, des enfants les observent. Ils s’avancent vers chacun d’eux, les prennent par la main et les mettent délicatement en relation. Ces adultes aveugles sont guidés par des enfants-lucioles. Ils forment à présent un cercle autour des petits qui, par ses mouvements de va-et-vient, miment une bouche souriante ou une respiration. C’est une danse. Une procession célébrant la joie retrouvée, sous forme de recherche d’eau. Elle devient frénétique, des cris retentissent. On entend la… lire la suite

« Etre dans la virgule »

En ce matin gris et froid du 10 juillet 2014, date de la 1ère Offinité du Festival Off d’Avignon, elles sont toutes à l’heure. Elles, ce sont les 30 professionnelles de la petite enfance qui arrivent de Martigues, Marseille, Les Pennes-Mirabeau, Vitrolles, Montpellier et Pont-de-Claix. Elles ont fait le choix de s’engager dans un même processus temps, accompagnées en cela par le groupe des Tadornes – Pascal Bély, Sylvie Lefrère et Sylvain Saint-Pierre.

Au départ, dans la cour de la Maison du… lire la suite