ETRE SPECTATEUR

« Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle. » (Shakespeare)

L’écriture pour le blog du Tadorne reste étroitement liée à nos parcours de vie. Aussi, depuis 2015, notre présence s’est ici inscrite en pointillé. C’est le temps qu’il nous a fallu pour repenser un projet global d’écriture dans un cadre en profonde évolution. Le Tadorne s’est toujours distingué par l’affirmation d’une parole libre, indépendante des circuits culturels, médiatiques, partisans. Une parole de mise en liens d’univers cloisonnés, le… lire la suite

Le dessin de Juin en une du dernier numéro de Charlie Hebdo fait déjà beaucoup parler et suscite les cris d’indignation habituels. Il est vrai que pris comme tel, le dessin suscite un choc qui peut confiner au malaise voire au malentendu. Pourtant, nous avons à nous essayer à une analyse pour dégager quelques enjeux, analyse qui contiendra sûrement des lacunes, mais qu’il faut prendre le risque d’écrire.

À l’image de la camionnette blanche aux yeux sombres, visage ossuaire, on peut craindre à l’accident en voyant l’image pour la… lire la suite

Elle est sur scène, nous regarde, presque apeurée, alors que l’on cumule pas loin de vingt minutes de retard. Elle arpente le plateau avec ses gros cahiers à spirales. Elle s’arrête, nous fixe et reprend sa marche. Le public s’impatiente, elle cherche du regard à comprendre.

Nous apprenons très vite qu’elle ne dit pas, “la directrice du théâtre”, mais la “directrice de mon théâtre”. Nuance. Tentative: Olivier Py, directeur de Mon Festival d’Avignon. Il ne résisterait pas longtemps à cette nomination…

Elle est de noir… lire la suite

Mercredi 13 juillet 2016. J’arrive au gymnase Aubanel pour «Tristesses» d’Anne-Cecile Vandalem. Une jeune femme, agent d’accueil, scrute mon sac pour «raison de sécurité». Or, je ressens de l’insécurité. Car je sais, qu’une fois le spectacle commencé, aucune force de l’ordre ne sera là pour sécuriser le lieu. Tandis que la pièce commence, une vision me traverse : un commando pourrait entrer dans la salle. Il n’y aurait aucune échappatoire. Cette image reviendra à plusieurs reprises.

Quelques heures plus tard, je fais part de ma… lire la suite

Suis-je un spectateur demeuré ? Onze années d’écriture sur ce blog me conduisent aujourd’hui à poser cette question. Rien ne vient contredire cette affirmation tant ce que je vois sur scène à Marseille ou Avignon mobilise peu ma sensibilité, ma pensée, mon corps, mes visions et mes visées.

Une question tourne en boucle : pourquoi s’adresse-t-on au spectateur de cette façon ?

Première démonstration avec le jeune metteur en scène Thomas Jolly. Il est missionné par le Festival d’Avignon pour faire de la pédagogie sur le… lire la suite

Lorsque le 1er janvier 2014,  Marie-José Malis, metteuse en scène, fut nommée à la Direction du Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, tous les contributeurs du Tadorne furent confiants dans sa capacité à réinventer le lien entre le théâtre et le peuple.

Forts de nos métiers et de nos expériences, nous étions prêts à l’accompagner dans cette tâche. Deux rendez-vous avec elle, des heures de travail d’échanges et d’écritures, donnèrent naissance en février 2015 à la formalisation d’un prototype que nous décidons, un an après, de rendre public.… lire la suite

Le blog du Tadorne aura dix ans dans quelques jours. Dix années passionnantes, rudes, sans concession, où je n’ai rien lâché sur mon désir d’être un spectateur émancipé du prêt à penser. Dix années où j’ai tenté un travail titanesque : alors que je n’avais aucune prédisposition pour écrire sur l’art, j’ai fait entendre des voix singulières de spectateurs, noyés dans la masse du « public ». Dix années où s’est installé progressivement un profond malentendu : assumer un regard critique sur l’art et son contexte… lire la suite

Le désir n’y est pas. Depuis le 7 janvier 2015, mon engagement pour le théâtre a perdu de sa superbe. En période « normale », la vie culturelle marseillaise est souvent terne. Depuis quelques semaines, elle me paraît anecdotique, comme si l’art était réduit à des chiffres de fréquentation et ne trouvait sa légitimité que dans un rapport publié en 2013, vantant la contribution du secteur culturel à la bonne santé de l’économie française.

Depuis le 7 janvier 2015, ma relation à l’art s’est déplacée vers les processus… lire la suite

La 6ème journée des Offinités du blog du Tadorne intitulée « Le grand écart du Off » nous a fait vivre un nouveau parcours sensible de spectateurs du OFF d’Avignon visant à articuler, par la pensée et par le corps, les relations entre théâtre et danse. Pour l’occasion, trois spectatrices (Franboise, Hélène, Estelle) ont inclus le groupe des Tadornes pensant, au départ, assister à une journée dédiée à la danse. Leur surprise fut totale lorsqu’elles comprirent que les Offinités plaçaient l’enjeu ailleurs. Précisément dans les mains, les pieds… lire la suite

Lundi 14 juillet 2014, Festival d’Avignon. Pour cette nouvelle journée particulière vécue en compagnie de spectateurs du Festival, les Offinités du Tadorne, co-animées par Pascal Bély, Sylvie Lefrère, Sylvain Saint-Pierre et Bernard Gaurier, proposent de mettre en jeu la figure du spectateur passionné. Justement, la veille, dans le Festival dit « In », nous avons assisté à une pièce qui a nous a fortement imprégnés : la mise en scène d’Hypérion par Marie-José Malis. Cette pièce porte haut l’exigence artistique des acteurs et… lire la suite