FESTIVAL D’AUTOMNE DE PARIS

« Pourquoi n’écris-tu plus sur le Tadorne ? ».

« Parce que le théâtre ne me donne plus la parole »…

Depuis la rentrée (le processus avait déjà commencé au festival d’Avignon, génération Py), je suis un spectateur passif, en attente d’une expérience qui ne vient pas. Je ressens un fossé, un gouffre, entre des gestes artistiques verticaux et ma capacité à les accueillir, avec mes doutes, mes forces et mes questionnements. Je reçois des propos qui ne me sont pas adressés, juste pensés pour… lire la suite

Du 26 novembre au 2 décembre 2013, les chorégraphes Anne Teresa de Keersmaker et Boris Charmatz présenteront «Partita 2» au Théâtre de la Ville dans le cadre du Festival d’Automne. Nous sommes nombreux parmi les Tadornes à l’avoir vu au Palais des Papes lors du dernier Festival d’Avignon. Je me souviens encore de nos colères à la sortie d’un spectacle que nous n’avons pas accepté tant l’art de l’entre-soi considère le public comme une variable d’ajustement. Une véritable fracture était apparue entre les professionnels de «la culture» et les… lire la suite

Depuis le Festival d’ Avignon, nos corps de spectateur étaient au repos. Aujourd’hui, nous avons rendez-vous avec Gwenaël Morin au Théâtre de la Bastille à Paris. Cet homme et sa troupe nous ont à plusieurs reprises bouleversés et nous l’avons écrit : avec enthousiasme, plaisir et gravité. Aujourd’hui, nous retrouvons ce théâtre avec sa petite jauge de spectateurs qui permet cette proximité avec les acteurs sans qu’elle soit outrancière ou démagogique. Nous nous apprêtons à vivre cinq heures de théâtre autour de quatre œuvres de Rainer Werner Fassbinder (… lire la suite

Deux heures et quarante minutes de représentation s’achèvent par une clameur. Le public réagit chaleureusement; ému, pensif, il semble avoir traversé des océans pour échouer sur une île, seul. Ce voyage est celui des hautes solitudes. La sidération laisse place au dépouillement, mélange de trop-plein et de vide. Il fait nuit dans la cour du Lycée Saint-Joseph; l’obscurité est en soi. Je me demande pourtant s’il convient d’applaudir. Aimer cette femme jusqu’à se perdre semblerait un geste plus approprié. Résister à sa fureur pour lui prouver qu’elle dispose malgré tout,… lire la suite

Est-il possible que le cinéma puisse émerger du théâtre ? Depuis trop longtemps, j’ai subi l’image sur un plateau où la vidéo est venue se plaquer pour remplir le vide d’un propos égaré. Trop souvent, le numérique s’est imposé pour que je lâche le théâtre au profit d’effets spéciaux très spécieux. La liste serait trop longue à dérouler de tous ces spectacles dits hybrides qui ont noyé le sens dans la forme. Il est d’ailleurs troublant de constater que ce mouvement «moderne» se prolonge aujourd’hui à Marseille où une… lire la suite

À peine entré dans le Théâtre des Abbesses à Paris, je suis surpris et rassuré: le décor hésite entre atelier de création et Palais Royal occupé. Le sensible, le geste va se mouler dans l’institué pour renouveler une fois de plus le genre théâtral, art ouvert aux quatre vents de la modernité.

Elles vivent à Berlin et constituent le collectif She She Pop. Ce soir, avec leurs pères, elles interprètent «Testament» pour une écriture théâtrale en trois dimensions. Il y a le texte du «Roi… lire la suite

Le peuple souverain ne sait plus très bien où il va. À force de lui répéter depuis le choc pétrolier de 1974 que l’urgence est la sortie de crise, il peine à penser. La pensée est sous les décombres d’une civilisation européenne qui, depuis la Shoah, s’effondre peu à peu malgré la vitalité de sa technocratie à créer les outils pour donner l’illusion du progrès. Dans ce contexte, le peuple, et particulièrement sa classe moyenne, palabre, gaspille les mots, maltraite la relation, cloisonne le langage du corps et le poids… lire la suite

Je suis ce soir à Paris. Je sais ce que l’on pourrait me rétorquer. Qu’est-ce qui peut justifier un voyage aller-retour express Aix en Provence à Paris pour le théâtre? Le Festival d’Automne invite le metteur en scène polonais Krystian Lupa avec sa création, «La Cité du rêve». Je l’avais quitté au printemps à Béziers pour la dernière de «Salle d’attente» (Sous chapiteau, le théâtre de Krystian Lupa claque), allégorie du cauchemar européen et de nos espoirs dans la jeunesse. Quelques mois se… lire la suite

Il y a des applaudissements qui ne trompent pas tant leur musicalité exprime la joie. Une association de bienfaiteurs est à l’origine de ce moment harmonieux : les dix acteurs choisis par le metteur en scène Argentin Daniel Veronese ont tant de grâce que cela en devient miraculeux.

Après «Espia a una mujer que se mata» vue à Aix en Provence en 2008 et «le développement de la civilisation à venir» acclamée en 2010 au KunstenFestivaldesArts de Bruxelles, je ressens toujours cet engagement à proposer… lire la suite

Stupéfait. Sidéré. Comment le Festival d’Automne a-t-il pu programmer une oeuvre aussi ignoble ? «Can we talk about this» de la compagnie DV8 de Lloyd Newson est une proposition « artistique » déplacée, clivante, sans perspective, qui s’appuie sur la paresse des spectateurs pour distiller sa vision binaire de la société multiculturelle britannique.

«Multiculturelle» : le mot est lâché. Lloyd Newson et ses onze danseurs investissent un décor de salle des fêtes un peu vieillot pour y installer le conflit et toutes… lire la suite

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