Thomas Ostermeier

« À mesure que diminue la signification dun art, on assiste en effet dans le public à un divorce croissant entre lesprit critique et la conduite de la jouissance, chose manifeste notamment à propos de la peinture. On jouit, sans le critiquer, de ce qui est conventionnel ; de ce qui est véritablement nouveau, on le critique avec aversion. » (Walter Benjamin, LOeuvre dart à l’époque de sa reproductibilité)

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Voir une pièce de théâtre après une journée de travail met à vif mes attentes envers un spectacle. Encore plus lorsqu’il émane d’une «figure» importante du monde théâtral de ces dernières années, représentante attitrée d’un «théâtre politique» qui se veut renouvelé. Ce mardi en fin d’après-midi, je quitte mon établissement scolaire. Comme bien d’autres de ce type, il est confronté à de nombreuses difficultés aussi bien individuelles que collectives : un corps social en décomposition, des attitudes pulsionnelles de repli qui fissurent toute idée d’unité et de vie en commun,… lire la suite

Dix œuvres majeures ont jalonné l’année 2012. Quasiment aucune n’est venue à moi. J’y suis allé, au prix de nombreux déplacements et de temps passé à arracher une place. Dix œuvres de l’humain vers l’humanité, de soi vers nous. Dix œuvres pour hurler, se faire entendre au moment où l’Europe s’effondre. Dix oeuvres pour trouver l’embarcation qui ne promet rien, mais qui rêve du tout.

«La Mouette» mise en scène par Arthur Nauzyciel a divisé la critique lors du festival d’Avignon. Rarement, je n’ai ressenti… lire la suite

Qu’un festival ne soit plus populaire, qu’il ne me permette plus de m’inscrire dans un mouvement, est inquiétant. Sur toute la durée de cette 66ème édition, j’ai vu 38 spectacles pour un coût total de 1850 € (830€ de places et 1020€ de location d’appartement). Seulement neuf d’entre elles m’ont éclairé, enthousiasmé, tourmenté. Respecté, j’ai eu envie d’écrire. Passionnément. Neuf, soit moitié moins que les années précédentes. Neuf soit vingt-neuf propositions où j’ai, au mieux erré, au pire sombré dans le néant.

Cette proportion est inquiétante et signe une… lire la suite

Chaque année, le Festival d’Avignon est une performance, un défi : 33 spectacles vus dans le In, 15 dans le Off, auxquels il faut ajouter l’animation de six rendez-vous avec les spectateurs et les artistes lors des «Offinités du Tadorne» programmée au Village du Off.

Il est encore trop tôt pour écrire le bilan artistique. Mais à quelques heures du départ d’Avignon, quelques images?

Sur la Place des Corps Saints, je n’arrivais plus à quitter Sylvie et Sylvain. Nous venions de vivre un moment exceptionnel avec l’exposition… lire la suite

L’heure du bilan du Festival d’Avignon n’est pas encore venue; Mais un fait s’impose. Je n’ai pas écrit sur tout ce que j’ai vu. Et pour cause.

Je n’ai pas écrit sur «My fait Lady, un laboratoire de langues» de Christoph Marthaler. J’ai pourtant hurlé de rire pendant près de deux heures. Mais ma joie était un cache-misère. Le sens de cette pièce a glissé à l’image de cette scène où une actrice descend l’escalier sur la rampe; Était-ce bien opportun d’inviter une fois de plus Christoph… lire la suite

À quinze jours du premier tour de l’élection présidentielle, le théâtre de l’allemand Thomas Ostermeier nous remémore quelques fondamentaux. Le pouvoir, ce désir de toute puissance, rend fou dès que le sexe s’en mêle. Cela ne vous rappelle-t-il rien? Dans «Mesure pour mesure» tragicomédie de William Shakespeare, nous rions d’être surpris que tant d’images, tant de scènes, nous soient si habituelles. Thomas Ostermeier sait que nous sommes complices. Il en joue, jusqu’à devenir familier, mais sans tomber dans la vulgarité. Ici, religion et politique s’unissent implicitement pour… lire la suite
Thomas Ostermeier n’en revient pas lui-même de l’accueil chaleureux du public d’Avignon. La Cour d’honneur applaudit comme si elle était surprise d’aimer un «Hamlet» aussi provocant. Je me lève pour saluer ce metteur en scène exceptionnel, étonné de m’être laissé emporter par cette mise en abîme où la folie d’Hamlet s’incruste dans la déliquescence d’un système politique (européen ?) qui court à sa perte. Cette année, au Festival d’Avignon, le Nord de l’Europe (Guy Cassiers, Ivan Van Hove et Thomas Ostermeier) donne une leçon de théâtre. Pendant que… lire la suite
Il fut le brillant artiste associé du Festival d’Avignon en 2004. Je me souviens de ce metteur en scène arpentant les rues d’Avignon à la rencontre des auteurs et du public. Ce soir, au moment où nous faisons un triomphe à sa troupe pour « Hedda Gabler » à la Criée de Marseille, il monte timidement sur le plateau pour recevoir un tonnerre d’applaudissements. Nous sommes plusieurs à être manifestement heureux de retrouver l’immense talent de cet artiste berlinois. Thomas Ostermeier signe là l’un de ses chefs… lire la suite

 Lundi 11 juillet 2005. Une journée européenne.

 France Inter ; 8h20. Bernard Kouchner est l’invité du matin. Il évoque Srebrenica, dix ans après. Il semble gêné lorsque le journaliste évoque le rôle de la France lors de ce massacre. Je ne me doute pas encore que la faillite de l’Europe me guidera vers Avignon…
 Il est 22h et je suis prêt pour « Anéantis » de Sarah Kane, mise en scène par Thomas Ostermeier, artiste associé lors du Festival 2004. J’aime son théâtre et… lire la suite