FESTIVAL D’AVIGNON

C’est un groupe de sept acteurs, circulant dans un environnement tout blanc, où sur les murs des photos et dessins de papillons sont posés telles des radiographies (de notre métamorphose en chenille?). À terre, des canettes de bière au graphisme papillonné forment une oeuvre d’art contemporain. Avec « Machine sans cible », l’auteur et metteur en scène Gildas Millin soumet sa troupe à une expérience grandeur nature devant un public dont on ne sait plus à la fin ce qu’il fait là… Il s’agit de disserter entre amis… lire la suite

Le Cloître des Célestins accueille Julie Brochen et son Théâtre de l’Aquarium pour « L’échange »  de Paul Claudel. Le décor fait de planches, de bidons, de tapis et de linges étendus sur une corde, évoque la précarité. En fond de scène, un étrange musicien (Fréderic Le Junter), crée un environnement sonore à partir d’instruments pour le moins originaux, tel un scaphandrier plongé dans les profondeurs obscures de la musique contemporaine. À lui seul, il va donner à cette pièce ennuyeuse les raisons qui justifient sa programmation… lire la suite

J’arrive dans la Cour d’Honneur. Le choc. Alors que le public s’installe comme si de rien n’était, je scrute le décor des « Feuillets d’Hypnos » de René Char mis en scène par Frédéric Fisbach avec angoisse et déjà colère. Imaginez, un long loft, quasiment dessiné par la production de TF1, sur la scène d’un lieu mythique. Cette imposante baraque, avec ses appartements, sa place, ses petits gradins, envahit toute la cour. Fisbach se fout du passé. Il l’écrase de sa suffisance et de son bon droit d’artiste… lire la suite

Comment se remettre du voyage au long cours des «Éphémères » de Mnouchkine proposé hier par le Festival d’Avignon ? Par un curieux hasard de la programmation, « Le silence des communistes » dans une mise en espace de Jean-Pierre Vincent poursuit le travail entamé la veille ! Quelle oeuvre ! Emu jusqu’aux larmes (encore?), je me lève pour applaudir ce trio d’acteurs exceptionnels (Gilles David, Melania Giglio, Charlie Nelson) en étant conscient d’avoir assisté à un moment inoubliable du festival, mais aussi… lire la suite
Sous un soleil de plomb, nous arrivons à 14 heures, au Parc des expositions de Chateaublanc, au sud d’Avignon. L’endroit est laid, angoissant, à l’image d’une ville désertée après un bombardement radioactif. En franchissant l’entrée, nous ressentons déjà que la troupe du Théâtre du Soleil a investi le lieu pour retrouver, après douze années d’absence, le public du Festival d’Avignon. La crise des intermittents de 2003 avait annulé les représentations du « dernier Caravansérail » malgré l’obstination d’Ariane Mnouchkine à vouloir poursuivre le Festival. Je me souviens de… lire la suite
Comment relier « insideout » par Sacha Waltz à «Cruda. Vuelta y vuelta. Al punto. Chamuscada» de Rodrigo Garcia, deux oeuvres vues dans la même soirée ? C’est un exercice d’autant plus délicat que je sors de la première proposition déstabilisé et que la deuxième m’attend sans me donner la moindre occasion de souffler un peu ! Si Sacha Waltz me propose un nouveau positionnement dans ce monde chaotique, Garcia me le sert sur un plateau, avec les bruits, les odeurs et la pensée… lire la suite
Après le naïf « Tendre jeudi » de Mathieu Bauer adapté du roman de John Steinbeck, le Festival d’Avignon propose quelques heures plus tard au spectateur marathonien, un virage à 180° : « Nord », « une grand-guignolade de Louis-Ferdinand Céline » (en français dans le texte !) revisité par Frank Castorf, metteur en scène berlinois. Nous sommes prévenus dès l’entrée dans la cour du Lycée Saint-Joseph : les bruits de pistolets et autres pétarades peuvent abîmer les oreilles fragiles (avec… lire la suite
La presse aime les raccourcis. Ici et là, elle évoquait une 60e édition du Festival d’Avignon « apaisée ». Que peut bien signifier ce vocable concernant le théâtre? Au lieu de rappeler la continuité avec 2005 à partir d’une réflexion globale, les critiques choisissent la rupture : 2006 est différent ! Je préfère y voir un prolongement, inclus dans le projet de la Direction du
Festival. Elle a d’ailleurs toujours souhaité être évaluée sur la totalité de son mandat (2004 – 2007).En 2005, Jan Fabre était l’artiste associé.… lire la suite
Après «Au monde», mise en scène subtile et recherchée, je suis enthousiaste à l’idée de voir «Les marchands», la deuxième oeuvre de Joël Pommerat proposée au Festival d’Avignon. La forme et le fond changent radicalement, mais sa vision transversale reste.
C’est l’histoire de deux amies. Elles vivent dans la même tour d’un immeuble de trente étages. L’une est l’employée d’une grande industrie, l’autre est orpheline et mère d’un petit garçon. Celle-ci rêve de travailler dans cette usine, mais échoue à toutes ses tentatives. Elle… lire la suite

Festival d’Avignon, le 13 juillet 2006,

Au Gymnase Aubanel, le metteur en scène Arthur Nauzyciel présente « Combat de nègre et de chiens » de Bernard- Marie Koltès. Assis au dernier rang, je suis surpris par cette scène très profonde et ce voile très fin qui la sépare du public. Nous sommes en Afrique sur un chantier de construction qui emploie de la main-d’oeuvre locale. Horn, le patron, est l’ami-amant de Léone. Ils arrivent d’un long séjour à Paris. Alboury cherche le corps de son frère mort mystérieusement sous les… lire la suite