Archives mensuelles : juillet 2011

Le festival «In» d’Avignon est terminé. Avant mon bilan global qui sera mis en ligne début septembre, quelques remerciements…

Merci à Vincent Macaigne de m’avoir fait plonger dans son théâtre de terre, de sang et de feu. Ma révélation.

Merci à Anne Teresa de Keersmaeker pour m’avoir offert à 4h30 du matin une chorégraphie de l’aube et de l’espoir.

Merci à Arthur Nauzyciel pour son théâtre d’une humanité désespérée où Laurent Poitrenaux nous a sidérés par son jeu magnifique d’acteur.

Merci à Romeo Castellucci de m’avoir fait vivre une expérience… lire la suite

C’est toujours troublant une dernière journée au Festival d’Avignon, où l’esprit flotte, le corps chancelle…

Elle débute par la conférence de presse de bilan de la 65ème édition. Elle permet de repérer le niveau de «jeu» entre la direction du festival (Hortense Archambault et Vincent Baudriller), le public et l’artiste associé (Boris Charmatz). Celui-ci se montre bien peu prolixe sur son bilan, donnant l’étrange sensation qu’il avait eu ce qu’il voulait. De son côté, la Direction préfère rapidement laisser la parole au public comme s’il y avait… lire la suite

La critique est divisée sur la création « Sang et Roses » du flamand Guy Cassiers jouée à la Cour d’Honneur. Mais ces divergences ne sont qu’apparentes. Fascinée par la rencontre entre Jeanne d’Arc, Gilles de Rais et la Cour d’Honneur, elle peine à dénoncer comment Guy Cassiers maltraite le lien théâtre- public. Tout ce qui fait la force de cette Cour est ainsi gommé au profit d’un dispositif technologique sophistiqué qui malmène les sens. Pourtant, mettre en résonance l’histoire de ces deux figures du Moyen-Âge est séduisant.… lire la suite

Imaginez une scène de théâtre saturée de caméras et de fils, où le décor paraît lointain pris entre cabines de prise de son et tables où s’affairent des bruiteurs. Rêvez d’un plateau où le rôle titre est joué par plusieurs acteurs qui, à leur moment perdu, peuvent passer derrière la caméra.

«Christine, d’après Mademoiselle Julie» librement adapté d’August Strindberg par Katie Mitchell et Leo Warner de la Schaubüne de Berlin est d’une telle virtuosité qu’elle vous entraîne aux frontières du cinéma, du théâtre et de la danse. La… lire la suite

À la veille de la représentation,  je pars au théâtre avec une absence en tête. Bertrand Cantat n’est pas là. Ainsi l’a voulue la «vox populi» après le battage médiatique du printemps dernier.  Ce soir, à la Carrière de Boulbon, un homme est absent pour «Des femmes : les trachiniennes, Antigone, Electre» de Sophocle, mise en scène par Wajdi Mouawad. Un homme condamné qui a purgé sa peine n’est pas là parce qu’à la douleur légitime d’un homme (Jean-Louis Trintignant), nous… lire la suite

Il peut arriver qu’un imprévu change le cours d’un spectacle. Dans «VIOLET» de la chorégraphe Meg Stuart, une spectatrice a bouleversé le rapport scène-salle en entrant par effraction dans la dramaturgie pour lui donner un sens tout à fait particulier?

Meg Stuart précise son intention : «VIOLET se situe à l’endroit où le personnel rencontre l’abstraction». C’est clair et sans paraphrases inutile. Cinq danseurs, trois hommes, deux femmes se tiennent droit, sur une ligne imaginaire qui les relie. Le  fond du décor m’intrigue:… lire la suite

Tellement de « raisons » pourraient vous faire écarter cette proposition…Le thème, l’heure, la durée… et pourtant, vous y trouverez de quoi alimenter en vous un petit peu d’humanité en plus. Au-delà du thème, du «devoir» de mémoire, des acteurs qui sont magnifiques, il y a dans cette pièce des mots essentiels qui font résonnance de nous.

Ce n’est pas du sujet annoncé (la persécution homosexuelle par les nazis) dont je souhaite vous parler, mais de l’aspect «universel» des relations humaines qui traverse le propos, jusqu’à toucher, sans… lire la suite

S’asseoir dans la Cour d’Honneur pendant le Festival d’Avignon, ce  n’est pas seulement assister à un spectacle, c’est aussi affronter le passé, faire résonner l’écho de la mythologie sonore et visuelle;  c’est aussi se remémorer, adorer,  oublier, accepter ou renier une histoire théâtrale parfois lourde à porter.

Ce soir, un des mythes est de retour….en mémoire et physiquement. Une icône qui raconte une autre icône. Un mythe des comédiennes  face à  un mythe littéraire : Jeanne Moreau et Jean Genet.

Ce soir elle… lire la suite

Cette année, le festival d’Avignon véhicule un théâtre de concepts portés par un collectif d’artistes réunis autour de l’artiste associé Boris Charmatz, directeur du Musée de la Danse à Rennes. Il s’en dégage la désagréable impression d’un entre soi qui isole l’art des idées, pose les concepts comme une fin en soi au détriment d’un propos qui créerait les conditions d’un dialogue vivant.

La «session poster» du 14 juillet fut révélatrice de ce constat. Organisée comme une exposition itinérante, le spectateur circule dans différents espaces, occupés soit… lire la suite

Peu à peu, à mesure de l’avancée du Festival Off d’Avignon, certaines oeuvres se démarquent, car elles créent les conditions du dialogue, loin des cases qui formatent. Deux propositions, pourtant éloignées sur le fond, retiennent toute mon attention : elles sont au croisement du théâtre et de la danse, démontrant une fois de plus que la distinction des disciplines n’a plus beaucoup de sens.

«Dobles» du chorégraphe José Besprosvany est un moment presqu’enfantin où le corps et le texte entrent en collision. Deux femmes, un double, un… lire la suite