Archives mensuelles : juillet 2008

Etrangement catalogué «comédie», « Je suis Adolf Eichmann » de l’auteur Finlandais Jari Juutinen et mise en scène par Marja-Leena Junker fait l’effet d’une bombe à retardement, d’un boomerang, dans la programmation foisonnante du Off. Autour d’un verre Place Pie, j’invite Clément, étudiant au Conservatoire de Rouen, à échanger sur cette oeuvre pour croiser nos regards. Nous n’avons ni le même âge, ni le même rapport à cette histoire (mon père a été prisonnier de guerre en 1942). Le consensus est immédiat : en ces temps troublés, cette… lire la suite
Chers lecteurs et lectrices du « Tadorne »,
Vous risquez de ne pas me lire jusqu’au bout tant je suis intarissable sur «Tragédies Romaines» d’Ivo Van Hove. Au Festival d’Avignon, on peut assister pendant six heures à du Shakespeare, tout en sirotant un jus de fruit au bar installé au fond de la scène, consulter ses mails et s’allonger sur les canapés pour s’assoupir (après tout, Shakespeare, cela peut fatiguer au bout d’un certain temps). Sans prendre garde, on peut voir César en découdre avec… lire la suite
Sidi Larbi Cherkaoui provoque l’événement du Festival d’Avignon, si l’on en croit la longue file d’attente de spectateurs à la recherche d’un billet à l’entrée du Lycée Saint – Joseph. « Sutra » fait du bruit, au sens propre comme au sens figuré.
Entouré de seize Moines du Temple Shaolin (dont un enfant), la chorégraphie est spectaculaire, loin d’être apaisante. C’est le vacarme d’une rencontre qui ne va pas de soi, entre une danse proche des arts martiaux et celle de Cherkaoui emprunte de contritions, d’un maillage de mouvements recueillis… lire la suite
Quelques coups de coeur sur le Festival « Off » d’Avignon :
Laurent Bourbousson, contributeur du Tadorne et amateur d’un théâtre engagé, humaniste, a vu et aimé :
1- «
Le bonheur de la tomate» mise en scène par Marie Pagès au Théâtre « Le Ring »
2- «
Petit-déjeuner orageux un soir de carnaval » de et par Eno Krojanker et Hervé Piron au Théâtre des Doms
3- «
Le mois de Marie» mis en scène par Fréderic Garbe pour « L’autre compagnie… lire la suite

Tirée des « Dramuscules » de Thomas Bernard, la courte pièce « Le mois de Marie » pointe du doigt toute la médisance, la pauvreté et cruauté humaine que l’être peut avoir en son sein.
Au coeur de ce dispositif ingénieux, mis en scène par Frédéric Garbe, deux vieilles dames prennent possession de la parole et de leur village bavarois.
Gardiennes de la morale, pieuses comme on ne peut imaginer, le souffle du soufre se fait entendre par l’aspect le plus primitif: la peur de l’autre.  Nos deux… lire la suite

« Je m’appelle Roméo Castellucci ». L’homme s’habille, enfile une combinaison. Une meute de chiens se jette sur lui. Bienvenue dans l’«Inferno» de l’artiste associé du Festival d’Avignon 2008. Sur l’immense scène du Palais des Papes, j’assiste pendant plus d’une heure et cinquante minutes à une divagation nombriliste, tachetée de quelques références au texte de Dante, parsemée de beaux effets, pour ne retenir finalement qu’une performance. Nous sommes loin d’un théâtre qui éclaire sur le monde, mais recentré sur le petit territoire de l’artiste (aussi joli… lire la suite

Après le superbe « Méfisto for Ever » présenté en 2007 au Festival d’Avignon, le metteur en scène belge Guy Cassiers nous revient avec deux pièces (dont une création), « Wolfskers » et « Atropa, la vengeance de la paix ». Le tout forme une trilogie sur « pouvoir et monstruosité ». L’une m’a provoqué une violente migraine, tandis que l’autre m’a profondément engourdi. Simple hasard ou lassitude à l’égard d’une forme théâtrale qui atteint mes limites ?
Pour « Wolfskers », Guy Cassiers s’est inspiré des trois films du… lire la suite

Comment parler d’insertion, de racines, d’humanité, d’amour, de non-communication au travers d’un plan de tomates ? Après avoir vu « Le Bonheur de la tomate » de Bernard Da Costa, mis en scène par Marie Pagès dans son propre lieu (« Le Ring » est une des théâtres avignonnais à l’année), j’ai la clé pour faire les liens.
Clémentine, vivant retirée de la ville et même de sa vie, croise le chemin de Kim, qui trouve refuge dans sa plantation de tomates, histoire de souffler un peu,… lire la suite

Avec « Airport Kids« , Lola Arias et Stefan Kaegi invitent le public à s’immerger au coeur de la mondialisation. Je suis un habitué. Dans «Call Cutta in a box» présenté au KunstenFesitvalDesArts de Bruxelles en mai dernier, j’étais enfermé dans un bureau où, en direct d’un centre d’appel basé en Inde, une opératrice tirait les ficelles d’un théâtre virtuel. Il y a deux ans, « Mmenopark» dénonçait les conséquences de la mondialisation vue par des amateurs suisses de modélisme. Il y a quinze… lire la suite
La 25ème heure est un moment dans la nuit durant lequel, abîmé par la fatigue de la journée, le spectateur se laisse envahir, pénétrer, par ce qu’il voit ou décide de s’endormir sur son siège. Pour cette première 25ème heure du Festival, j’ai pris le parti d’être Nijinski, danseur étoile qui se consacra à l’écriture dans sa villa de Guardamunt avant d’être interné. Et pas n’importe quel Nijinski, celui du collectif «pEqUOd».
Effectivement, celui qui n’a pas croisé « Les Cahiers » de Nijinski ne saura reconnaître… lire la suite