Archives mensuelles : juillet 2008

L’L , lieu de recherche et d’accompagnement pour la jeune création («bruxelloise» serais-je tenté d’ajouter) étonne par ses productions. Présent dans le Off avec deux de ses autres « bébés », L’L se révèle être une nouvelle dynamique dans le paysage théâtral.
«Petit-déjeuner orageux un soir de carnaval» fait partie de ces spectacles dont on ne peut raconter le contenu sans ôter le mystère planant autour de ce titre à rallonge, dont j’avoue avoir du mal à me souvenir. Il est évident que les deux compères, Eno Krojanker… lire la suite
Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, la religion a fait une entrée fracassante dans la sphère publique, politique et géopolitique. Ingrid Bétancourt alimente, sans le vouloir, la fragilité de notre société laïque en faisant l’apologie, à chaque interview, de son catholicisme. Dans ce contexte, « Ordet » (la parole) écrit par le pasteur Kaj Munk, mise en scène par Arthur Nauzyciel et traduite par Marie Darrieussecq, résonne tout particulièrement. Une ?uvre sur les croyants et leur rapport à Dieu qui tombe décidément mal. À moins que le théâtre fasse des miracles… lire la suite
Comme des loups, une partie du public manifeste. Noyé sous des applaudissements, «Faune(s)» d’Olivier Dubois provoque un bien joli vacarme. Pour en atténuer la portée, ll nous regarde les points serrés. L’homme est manifestement touché, mais la bête n’est pas à terre. Il sait qu’il a visé juste.
Quatre tableaux majestueux pour se réapproprier « L’après-midi d’un faune » chorégraphié par Vaslav Nijinski. Cela restera comme l’un des moments les plus intenses du Festival. Une heure jubilatoire où Olivier Dubois a réveillé nos sens. Du plaisir à… lire la suite
A l’arrivée, le décor évoque une maison de poupée, et l’on pense à la pièce de Thomas Ostermeier « Concert à la carte » présentée en 2004 au Festival d’Avignon. L’intimité entre acteurs et spectateurs est immédiate, vu le crépitement des flashs d’appareils numériques. Avant le début de la représentation, « Sonia » du metteur en scène Letton, Alvis Hermanis, est déjà une attraction. Ce décor est mutique. Mythique.
Deux cambrioleurs (exceptionnels Gundars Abolins et Jevgenijs Isajevs) pénètrent dans l’appartement. Ils fouillent maladroitement et tombent sur un pot… lire la suite
Samedi 5 juillet 2008. Fin du Festival « Montpellier Danse ». Traversée du Rhône puis arrivée à la Carrière de Boulbon. Le paysage est féerique : tout semble vert et à peine consumé par le soleil d’été. Je me laisse bercer par des effluves de senteurs méditerranéennes. Le festival d’Avignon commence par ce spectacle naturel grandiose. Une perspective qui pourrait s’inclure dans « Stifters Dingue », oeuvre du compositeur et metteur en scène allemand Heiner Goebbels présentée à La Chartreuse.
Mes premiers liens…
Ils sont quatre à nous attendre. Un… lire la suite

Avec un tatami, deux techniciens dispersent une poudre blanche sur des bacs posés au sol. Cela pourrait être une cérémonie mortuaire où l’on répand les cendres de la modernité pour qu’émergent des territoires encore inconnus. En l’absence de comédiens, nous sommes invités à nous immiscer dans un interstice où seul notre imaginaire peut nous conduire vers ce théâtre du mystère et de l’éphémère. Nous sommes ici au croisement du virtuel et de la matière organique, symbolisé par une imposante machine, un peu folle et si fragile, sur une scène maculée… lire la suite

Raimund Hoghe est l’artiste « associé » du Festival Montpellier Danse. Invité quasiment chaque année, le public lui réserve un accueil tout à la fois chaleureux et distant. 2008 ne déroge pas à la règle avec deux propositions, aux antipodes l’une de l’autre.
« Boléro Variations » restera l’un des grands moments du Festival. Pendant plus de deux heures, nous sommes guidés pour changer notre système de représentation sur l’une des musiques les plus mythiques du répertoire, le « Boléro » de Ravel avec pour certains, la danse de… lire la suite
La scène du Théâtre de Gramond est une caisse sombre. Clostrophobe s’abstenir. Elles arrivent, toute de noir dévêtues, en maillot de bain et talons aiguilles pour l’une, bottes pour l’autre. D’emblée, je ressens que tout cela va mal finir. Elles gémissent en retenant leurs larmes avec un gros mouchoir noir. Leur relation est à pleurer : méchantes et sans égard, elles jouent à celle qui pousse l’autre le plus fort. Mathilde Monnier et La Ribot en font des tonnes, l’orage finit par gronder et un bruit assourdissant envahit la salle.… lire la suite

Cela ne peut continuer ainsi. Il est temps pour le Fes
tival de Marseille d’arrêter la gabegie et de passer à autre chose. Chronique d’une mort annoncée pour renaître autrement…« Zeitung », chorégraphie d’Anne Teresa de Keersmaeker, est au programme de ce dimanche soir. Cette année, le festival nous donne rendez-vous au Hangard J 15 du Port Autonome, inaccessible en voiture! Deux possibilités pour s’y rendre : le bus ou le bateau. Métaphore d’une divagation possible entre terre et mer, je me prête à l’exercice, comptant sur… lire la suite
Cette année, Montpellier Danse accompagne le public à intégrer les processus de déconstruction dans son rapport à l’art. Après l’extraordinaire « Heterotopia » de William Forsythe, c’est au tour de l’allemand Xavier Le Roy avec « More Mouvements Für Lachenmann » de s’appuyer sur des formes déconstruites. Sauf qu’ici, tout est à distance, le public est sagement assis, et je m’amuse à chercher le propos qui transcende une telle performance. Car, cela en est une. Quatre guitaristes, un quatuor à cordes transforme une musique contemporaine fragmentée en mouvements chorégraphiques… lire la suite