Comment parler d'insertion, de racines, d'humanité, d'amour, de non-communication au travers d'un plan de tomates ? Après avoir vu "Le Bonheur de la
tomate" de Bernard Da Costa, mis en scène par Marie Pagès dans son propre lieu (« Le Ring » est une des théâtres avignonnais à l'année), j'ai la clé pour faire les
liens.
Kim dénonce ce qui
se passe dans ces centres, ces éducateurs qui jugent à sa place de ce qu'il doit être, comme si lui ne pouvait décider de son avenir. Il remet en cause cette obéissance non voulue, se revendique
marginal. Je pense alors à la loi de prévention de la délinquance : comment insérer des jeunes délinquants, qui se trouvent être dans un processus de déconstruction, en les plaçant dans des centres
de rééducation fermés et pointer du doigt que leur futur n'est rien ? Une façon inhumaine de croire à la supériorité de la loi, face à des problèmes qui puisent leur solution dans la communication
et l'explication du sens de la vie. Certes, cela relève de l'utopie pour certains, mais pourquoi penser que ces jeunes ne comprennent rien et n'ont pas de désirs. Est-il plus facile de les laisser
à la dérive que de les faire réfléchir sur leur monde ? Dans notre pays, en phase de se transformer en société dite de loi dure (il suffit de voir les propositions qui se succèdent à un rythme
soutenu), la première solution semble déjà bien utilisée.
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