"Visa pour l'image" à Perpignan du 28 août au 12 septembre.
La Biennale de la Danse à Lyon du 4 septembre au 10 octobre 2010.
Le Festival ACTORAL à Marseille du 25 septembre au 13 octobre 2010.
Le Printemps de Septembre à Toulouse du 24 septembre au 17 octobre.
Le Festival d'Automne à Paris du 9 septembre au 31 décembre.
« Bienvenue chez les Freaks », tel pourrait être un des sous-titres de la nouvelle création d'Alain Timar : «Je
veux qu'on me parle - voyage en pays Calaferte ». La galerie de portraits à laquelle nous convie le magicien Timar prend naissance à travers l'œuvre du romancier et poète, Louis
Calaferte. Écrivain contemporain mal connu, incompris et souvent ignoré, son écriture évoque l'univers des petites gens, leur difficulté à dire.
Sous mes yeux, le décor me rappelle le cirque. Alors, je prends place dans le plus grand chapiteau du monde : notre vie. En parlant de
l'être humain, avec des mots simples, Louis Calaferte donne à réfléchir sur notre condition. Les saynètes se succèdent comme des numéros de clowns. Je revois cette femme désireuse de dire quelque
chose d'important aux passants mais personne pour y prêter attention ; de la petite fille fière de son papa qui est chasseur, mais malheureuse de voir les animaux morts ensanglantés ;
d'un enfant se demandant « comment c'est sous terre et ce que l'on y fait ? » et l'autre de répondre « on fait le mort » dans une angoisse
palpable ; des deux traiders hyperspeed réfléchissant à l'après, à la fameuse lumière qui appelle à l'autre côté, spéculant sur ce que cela peut être, mais que de toute façon, on n'en sait
rien ; du bonhomme qui nous rappelle que l'on finit tous sous terre et que nous l'avons tous dans le cul ; du marché de l'offre et de la demande et sa dynamique spéculative (tout cela
pour un chapeau !!!).
Je prends peur, car je réalise que sous ces personnages se cache notre monde. Je
ris (jaune) de me voir, de nous voir, mais je quitte la salle le sourire aux lèvres avec cette envie de tout bousculer : tout n'est pas encore joué, il nous reste des partitions à écrire et
nous devons, "petites gens", reprendre les choses en main. Le monde est à l'image de l'homme et son évolution necessite notre
métamorphose.
Comme la vie et ses paradoxes, à la gravité de la situation, la mise en scène répond par la drôlerie et le burlesque. Les numéros s'enchaînent parfaitement les uns aux autres avec toujours le même fil conducteur : l'humain. Finalement, nous sommes tous des freaks.
Du théâtre à réfléchir et qui nous pousse à agir. Du théâtre militant ?
Laurent Bourbousson.
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