Peu à peu, nous assistons, sidérés, à l'audience de ce nazi dans un
cadre qui ne cesse de bouger, où s'entrechoquent jeu télévisé, procès à Jérusalem en 1961, réunion en 1942 à la conférence de Wannsee (il y fut décidé la solution finale). Si les passages d'un
contexte à l'autre sont parfois maladroits, il n'en reste pas moins vrai que la démonstration a de quoi troubler : la société du diversement est tout aussi totalitaire que l'étaient les réunions
entre nazis de l'époque (décisions arbitraires, humour potache, approches linéaires et cloisonnées). Pris dans de tels processus, Adolf Eichmann apparaît comme vous et moi et la pièce, tant dans
sa structure, que dans le propos, nous éloigne d'une vision manichéenne du nazisme. Scandale ? Pas vraiment. La pièce démontre comment d'un positionnement de soumission, l'homme peut tendre vers
la barbarie.
| Revenir au sommaire |
Consulter la rubrique théâtre |
VOS PRISES DE BEC