Archives mensuelles : juillet 2010

3h30 du matin. Les spectateurs n’ont plus beaucoup de force après les cinq heures de ce chef d’oeuvre pictural, d’un théâtre chorégraphique, épuisés par tant de sollicitations visuelles, auditives, voire olfactives. « La casa de la fuerza » de l’Espagnole Angélica Liddell est un coup de poing, qui vous précipite dans la crise, celle que vous aviez un peu trop vite oubliée. Sauf que le théâtre est là pour raviver les plaies parce que nous sommes tous faits de cette matière là. Ce soir, au Cloître des Carmes, acteurs et… lire la suite

Cette année et pour la troisième édition la SACD propose Sujets à vif. « Rencontres incongrues au jardin de la Vierge entre interprétation et écriture ». Certes, proposez.

 Programme A.  Première demi-heure. On s’assoit en ce lieu exigu et insolite. On écoute « Rosa seulement » où la chorégraphe Cindy Van Acker passe à côté d’un propos où le corps ne soutient absolument pas la parole de   Mathieu Bertholet. Nous disposons alors d’un ennui notoire, certes chic et poli, car chacun résiste comme… lire la suite

Sylvain Pack et moi-même avons vu « En atendant » d’Anne Teresa de Keersmaeker. Nous avons écrit chacun de notre côté. Tentative d’articulation avant lâcher-prise !

20h30 précise, le Cloître des Célestins se remplit peu à peu. La chorégraphe belge Anne Teresa de Keersmaeker et son équipe longent la scène pour s’asseoir dans les gradins. Du groupe,  une femme tient un calepin entre ces mains. Ce sera la partition. Il n’y a aucun décor, au centre, un large rectangle de sol damé. Quelques pierres affleurent à la surface. Sous… lire la suite

Il fallait bien que cela arrive. Chaque année, le festival d’Avignon nous fait vivre l’Expérience, soude la communauté de spectateurs, laisse l’empreinte indélébile. En cette fin d’après-midi caniculaire, la pièce de Gisèle VienneThis is how you will disappear ») est un havre de fraîcheur qui par moment glace la peau d’un spectateur peu habitué à vivre « sa » descente aux enfers. Comment écrire sur cette oeuvre sans rien dévoiler, car la surprise, l’étonnement, la peur font partie d’un processus magnifiquement travaillé?

Difficile de s’en tenir… lire la suite

Avant que le spectacle de Christoph Marthaler ne commence pour sa première, l’actrice Agnès Sourdillon s’approche vers nous. À droite de la grande scène de la Cour d’Honneur du Palais des Papes, elle lit un texte sur le contexte général des politiques publiques. Elle rappelle le bouclier fiscal et la réduction de la TVA dans la restauration dont le montant équivaut au budget de la culture au moment où celui-ci va subir un coup de rabot. Le Ministre est là. Le discours est applaudi, pour ce qu’il est : un… lire la suite

Pascal Bély : Alors que les spectateurs prennent place dans la Cour d’Honneur, je n’ai d’yeux que pour lui. La scénographie d’Anna Viebrock est en soi un spectacle. Des climatiseurs accrochés au mur, du plexiglas aux fenêtres, une antenne parabolique. Au sol, des parquets de toutes les matières et de tous les tons (ah, le lino usé de mon enfance !) de ce hall d’Église qui ne sait plus très bien qu’elle est sa fonction. Là un confessionnal, ici des bancs, là-bas des machines à laver et… lire la suite

La marionnette fête son grand retour dans l’univers théâtral. Certes, elle ne l’avait pas déserté, mais nous l’avions presque oubliée. Et pourtant, avec « Trois vieilles » d’Alejandro Jodorowsky, elle permet toutes les extravagances, tous les dépassements dans sa relation charnelle avec son manipulateur. Ce qui dédouble les personnages et fonctionne comme un vase communicant entre le moi, le surmoi et le ça ! Cette pièce jubilatoire à l’humour corrosif conte l’histoire de l’aristocratie décatie incarnée par deux soeurs et leur bonne. Tout est périmé… lire la suite

Avant de débuter le Festival d’Avignon, je leur ai demandé un texte (pourquoi y allez-vous comme spectateur Tadorne ?).  Leur décision de s’engager avec moi, de rejoindre Laurent Bourbousson dans cette aventure, est un acte à la fois « politique » et «poétique». Je savais qu’ils me répondraient de leurs plumes délicates et engagées. Et j’ai osé croiser leurs textes pour un dialogue imaginaire. Parce qu’en Avignon, l’imagination peut prendre le pouvoir.

Bienvenue à Bernard Gaurier et Francis Braun (texte en italique)… lire la suite

Après cinq années d’écriture sur le Tadorne où j’ai travaillé mon positionnement de spectateur, le projet de Marseille, capitale européenne de la culture en 2013 s’est imposé comme une évidence. Au coeur de la démarche, des oeuvres participatives irrigueront la programmation et le territoire d’Arles à Toulon. Le spectateur sera acteur. Sera-t-il Tadorne?

Dès septembre 2009, la question de déposer un projet émerge. Mais l’intimidation est encore grande. Il faut cheminer. En janvier 2010, la décision est prise: j’ai six mois pour rédiger une proposition. Des rencontres avec des artistes… lire la suite

Laurent Terzieff est mort  hier

Le Festival d’Avignon va débuter mercredi.

Il est parti et par lui, le Théâtre incarné disparaît.

Sa voix, son ombre, l’homme qu’il était voulait incarner les hommes.

Si frêle, qu’il semblait être de verre, si grand qu’il semblait fait de fibres, ses mains se baladaient dans l’air, ses yeux brillants regardaient le ciel, son sourire était le sourire du monde.

Les Pitoeff  l’avaient formé et il était devenu le héros des steppes enneigées. On le voyait dans la Cerisaie comme si ce… lire la suite