Laurent Terzieff est mort  hier

Le Festival d’Avignon va débuter mercredi.

Il est parti et par lui, le Théâtre incarné disparaît.

Sa voix, son ombre, l’homme qu’il était voulait incarner les hommes.

Si frêle, qu’il semblait être de verre, si grand qu’il semblait fait de fibres, ses mains se baladaient dans l’air, ses yeux brillants regardaient le ciel, son sourire était le sourire du monde.

Les Pitoeff  l’avaient formé et il était devenu le héros des steppes enneigées. On le voyait dans la Cerisaie comme si ce lieu lui appartenait pour toujours. On l’écoutait, sa voix traînant la nostalgie des hivers russes qui ne finissent jamais.

Derrière lui, sa biographie le suit…Cet homme fut et sera toujours  intègre et fidèle, exigeant et intransigeant.

Il jouait et faisait jouer les auteurs.

Il est devenu  aujourd’hui à la fois le texte, la voix et le passager des mots.

Il est devenu l’icône, le mythe, le seul.

On l’entend maintenant….C’est drôle, on l’aperçoit même, à pas lent venir du fond de la Cour, spectre admirable, inoubliable.

Pour toujours, c’est certain.

Francis Braun – www.festivalier.net

 

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