Archives mensuelles : juillet 2010

C’est mon dernier spectacle au Festival d’Avignon. C’est au Off. Un désir de clôturer, non dans l’allégresse, mais là où je fus traversé pendant tout ce mois de juillet: le corps comme langage, porteur de sa propre dramaturgie. Il y a eu celui de la douleur du monde, du cri à l’intérieur de soi, de l’Espagnole Angélica Liddell dans « La casa de la Fuerza» présenté au «In». Inoubliable. Parce que nous sommes à Avignon, il y a l’expression «faire la pute », de plus en plus répandue… lire la suite

La Condition des Soies. C’est un beau nom pour un théâtre, l’un des plus jolis lieux du Festival Off d’Avignon. On monte quelques escaliers pour entrer dans une salle ronde, tel un petit cirque d’Hiver.
À condition de soi.
À condition que soi…

Le matin, à 10h, il y a Aude Lachaise. Elle est danseuse. La piste est pour elle. Elle a juste assez d’espace pour créer le lien entre elle et nous. C’est à propos du sexe et du désir. De cul aussi. Mais aucune vulgarité car… lire la suite

Ça commence quand nos histoires…Quel en est le point de départ ?

Pour Bart, ça commence par une lettre, une convocation d’amours, de 5 à 14, mais il ne le sait pas encore…
Un comédien, une armoire, trois étagères, une petite chaise et quelques objets pour une heure de voyage, magnifique, dans les cartes du tendre au pays de l’intranquille. Lionel Erdogan s’est glissé dans la subtile et poétique mise en scène d’Olivier Letellier avec une fougue et un bonheur palpable ; il est tellement crédible qu’on en oublierait… lire la suite

Cet article fait suite à celui que j’ai publié il y a quelques jours à propos de la pièce de Faustin Linyekula , «Pour en finir avec Bérénice ». Sylvain Pack ne partage pas mon analyse.  

Titus, le fils du Roi de Rome convainc son amoureuse Bérénice de quitter la Palestine pour le rejoindre. Cet homme doit diriger Rome alors que son peuple s’oppose à cette union avec une étrangère. Les deux protagonistes s’aiment passionnément et vont devoir faire face au dilemme de leur responsabilité. Titus a déjà… lire la suite

Le danseur me regarde. C’est interminable. Je lui fais signe d’arrêter, que cela suffit. Il continue. Le combat est inégal. À ce moment précis, je lutte avec le chorégraphe Alain Platel pour que « Out of context (for Pina) » se termine. Je voudrais me lever, demander une suspension de séance, pour que les spectateurs qui rient m’expliquent les raisons pour lesquelles le propos a lâché. Je me tournerais alors vers les danseurs pour les questionner sur leur ressenti d’incarner des handicapés que Platel fait passer pour fous parce que… lire la suite

Aller revoir, dans une nouvelle version, ce bijou qu’est pour moi « Hiroshima mon amour » tient, comme à chaque fois, du désir et de la crainte de croiser un autre regard que celui de  Resnais…
J’entre dans la salle avec en tête le massacre orchestré sur ce texte par Éric Vignier au festival d’Avignon en 2006, pourtant amoureux spécialiste de Duras…Aie…Chasser ça pour créer l’espace ouvert?
Je décroche, l’espace scénique m’attire et je laisse le champ libre… « Tu n’as rien vu à Hiroshima. Rien?  J’ai tout… lire la suite

Belle tentative que d’essayer de mettre le doigt là où ça fait mal à l’adolescence. « Le chagrin des ogres »  de Fabrice Murgia s’appuie fortement (trop?) sur la technologie pour tenter de nous faire entendre (de nous rappeler) le bruit et la fureur de cet âge « cruel ».

Autopsie d’un passage où l’on doit lâcher hier pour aller vers un ailleurs dont on ne perçoit, à ce moment,  que le tonitruant bruit d’un renoncement de soi. L’enfance est là abîmée, ensanglantée, à… lire la suite

« Le sujet à vif » m’ennuie. Nichée au coeur du Festival d’Avignon, cette programmation a longtemps étonné. Depuis trois années, elle déroute comme si le schéma de « commande passée à » produisait un « entre soi », des formes narcissiques où l’on se regarde à défaut d’ouvrir le regard vers un ailleurs.
Je ne m’attarderais pas trop sur le programme D où se succèdent les commandes passées à Christophe Fiat et Foofwa d’Imobolité. Dans le premier cas, Laurent Sauvage, guitare en bandoulière, nous conte l’histoire de… lire la suite

Même le chien ne parlera pas…ou « pas de blablabla« , ou «  padutoutpaperlapap »…ou peut-être «  une île pour quoi faire« .
Ça me change des éléments de langage…
Ça me change du prêt à voir et à entendre…
Ça me change…

Avec « Big Bang », Monsieur  Philippe Quesne est doué pour l’art du rien et du tout à la fois.
Monsieur Philippe Quesne est peu loquace, mais il arrive à dire beaucoup de choses avec juste un… lire la suite

« Micro » m’accueille avec ma fatigue de trois semaines de festival, avec mes doutes, mes enchantements, et mes barrières de défense. Mais elles s’écroulent dès la première minute, parce que sa générosité donne confiance. La dernière création du chorégraphe Pierre Rigal est un moment de pure jubilation, rassembleur sans être démagogique, populaire sans pour autant verser dans la facilité. « Micro » est une œuvre très soignée, où chaque «plan» (il y a des instants où l’on se croit au cinéma)… lire la suite