Avant de débuter le Festival d’Avignon, je leur ai demandé un texte (pourquoi y allez-vous comme spectateur Tadorne ?).  Leur décision de s’engager avec moi, de rejoindre Laurent Bourbousson dans cette aventure, est un acte à la fois « politique » et «poétique». Je savais qu’ils me répondraient de leurs plumes délicates et engagées. Et j’ai osé croiser leurs textes pour un dialogue imaginaire. Parce qu’en Avignon, l’imagination peut prendre le pouvoir.

Bienvenue à Bernard Gaurier et Francis Braun (texte en italique)

Pascal Bély-www.festivalier.net

Retrouver d’autres Tadornes, cette migration est l’occasion de se voir en chair et en  paroles autour d’une de nos passions.

Y voir le voyage, embarqués que nous sommes, sur les gradins du Théâtre….

Armés de nos petites boîtes à écriture, essayer de porter nos regards et nos émotions à la rencontre d’autres spectateurs migrateurs. S’immerger l’espace de quelques semaines dans un ailleurs où la création sera notre horizon de vue et de pensée. 

Trouver le pourquoi de sa  propre curiosité. Nous regarder à travers le théâtre ? Transfer ? Identification ? On est rassuré ou effrayé par ce qui nous est donné à voir.

« L’âme, aussi, si elle veut se reconnaître, devra regarder une âme » …Platon. 

Se prêter à recevoir la lecture des mondes que les artistes ont mis en vie au fil de leur travail et leurs images, essayer d’en porter un sens relié au vivant quotidien ; qu’il soit du champ politique ou poétique.

Ne pas y voir que de la politique, que du social, que de la théorie. Tout cela néanmoins est important. Il ne faut pas l’occulter. Dans un spectacle y voir la part de création,  voir l’hypothétique filiation, y voir son référencement, y chercher l’allusion, mais aussi discerner son détachement, son « hors les normes », faire  éclore sa  nouveauté…il faut bien avoir des parents.

S’appuyer sur l’artiste pour élaborer du lien entre le réel et l’imaginaire.

Y voir les allusions, les clins d’oeil, replacer la pièce dans l’histoire du Théâtre, dans l’histoire du Festival. Fils de qui, père de qui….Voir pourquoi le succès, y voir les raisons de l’échec. Comprendre le choix des protagonistes.

Le choix du metteur en scène, le choix des comédiens, le choix du spectateur, pourquoi cette pièce et pas une autre?

Peut-être aussi tisser, par la parole et l’écriture, la toile qui témoigne de la place essentielle de la création vivante dans une démocratie, de la nécessité de l’échange et du débat comme ouverture, déplacement et source de vitalité. Re-rêver quelques jours avant à un vent de liberté qui porterait le souffle de spectateurs engagés qui sortent  de leur place de consommateurs pour se faire acteurs de ce qu’ils reçoivent.

Découvrir  dans le théâtre l’universalité. Y voir ce que l’on cherchait en y allant, y voir ce qui nous a surpris, analyser ce à quoi nous ne nous attendions pas. Nous surprendre voilà.

Espérer des colères, des coups de coeur, des coups de foudre, des frissons, des découvertes?  qui s’ouvrent  au consensuel  ou à la polémique. Retrouver des espaces où la relation est possible, où l’échange, le partage et la rencontre sont maîtres mots.

Être à la fois, surpris, dérangé, déstabilisé, inquiet, déboussolé au sens propre du terme….ne plus avoir de lieu, ne plus savoir, n’avoir plus de référence. Avoir de nouveaux repères. Ou avoir ses  propres références et être déstabilisé au point tel que nous doutons de tout.

L’Image du Théâtre….Pourquoi l’image du Théâtre tellement sectorisée…Essayer de percevoir les raisons de la peur qu’engendre le Théâtre. Le Clivage. Pourquoi « Au Théâtre ce soir »…..pourquoi des pièces « de  boulevard ».

Pourquoi plus de Laure Adler. Pourquoi Guillaume Galliène … (ceci sans aucun esprit critique…juste savoir pourquoi plus de …au lieu de L.A. ET G.G)

Éprouver la force des convictions et la vivacité des potentiels créatifs, l’ouverture à de l’autre comme source multiple d’émotions et d’acquisitions de nouveaux savoirs en mouvement.

Au théâtre, la communion entre les gens ; au festival d’Avignon, les gens se parlent si facilement

Les Images restent gravées dans la tête, donc le Théâtre est fédérateur. Le blog en est l’exemple frappant.

Et que, de tout cela, quelque chose puisse se mettre en chemin pour un demain partage.

Je veux  y ajouter un peu d’humain, un peu de « à fleur de peau…dans ce monde de brutes »…Y voir de la poésie, de l’épidermique, du senti…

Y voir le voyage,  embarqués que nous sommes sur des gradins.

Bernard Gaurier – Francis Braun – www.festivalier.net

 

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