Cette année et pour la troisième édition la SACD propose Sujets à vif. « Rencontres incongrues au jardin de la Vierge entre interprétation et écriture ». Certes, proposez.

 Programme A.  Première demi-heure. On s’assoit en ce lieu exigu et insolite. On écoute « Rosa seulement » où la chorégraphe Cindy Van Acker passe à côté d’un propos où le corps ne soutient absolument pas la parole de   Mathieu Bertholet. Nous disposons alors d’un ennui notoire, certes chic et poli, car chacun résiste comme il peut. La chaleur accable dans cette cour. Seuls des courageux se lèvent et sortent.

Deuxième demi-heure. Proposez, s’il vous plaît, nous sommes venus pour cela.

Et nous émergeons porté par le caractère d’une voix qui fait envoler les mots  d’un texte efficace d’Arno BertinaAgnès Sourdillon nous décline avec assurance cette femme égarée dans une société qui attend, du moins le suppose-t-elle, qu’elle enfile une position sociale. Mais en est-elle vraiment sûre ? Elle se perd, doute, se noie aux pieds de la Vierge, là, à droite sur scène.

Le burlesque est perché sur des chaussures chinées d’un autre temps, déclamant les dérives d’une société. Et je souris sincèrement victime des mots. Elle,  elle prêche sa bonne volonté à être celle que l’on souhaiterait ; et deux temps un mouvement, le merveilleux frappe. Le point crucial est de croire. Rapproche-toi spectateur du vrai qui vrille la pensée de l’intime. La poésie de l’être. Et c’est autour d’un numéro de cirque imaginaire, supposé imaginable par le spectateur, et fortement imprégné de l’imaginaire de chacun, que Marcus Brisson nous impressionne. Dompte le risque,  avance dans l’invisible de la croyance et démontre à celui qui t’écoute la véritable histoire de l’existence.

Allez croire le monde au travers de légendes comme autrefois. Une belle proposition qui l’espace de 30 minutes réveille en vous l’âme des croyants.
Diane Fonsegrive. www.festivalier.net

« Rosa, seulement » commande passée à Mathieu Bertholet  / « La relève des dieux par les pitres » commande passée à Agnès Sourdillon dans le cadre du « Sujetà vif » du 8 au 14 juillet 2010.

Crédit photo: Pascal Gély.

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