FESTIVAL DES ARTS DE BRUXELLES

Qu’allons-nous risquer au théâtre ? C’est probablement l’une des interrogations les plus intimes qu’il soit. Cela va chercher loin tout ça. J’aime le KunstenFestivalDesArts de Bruxelles parce qu’il bouleverse mon désir de théâtre, en me faisant entrer dans un clair-obscur là où je me ressens un peu figé après une saison artistiquement faible dans ma région.

Tout commence par cette Question, au centre de l’oeuvre de René Pollesh. La feuille de salle pose l’enjeu: «Ich schau dir in die augen, gesellschaftlicher verblendungszusammenhang» («je… lire la suite

On s’étonne encore : mais pourquoi partir au KunstenFestivaldesArts de Bruxelles ? Je donne toujours la même réponse : le théâtre et le monde s’y enchevêtrent. Loin du climat autocentré français, ce festival propose des aventures artistiques et des rencontres qui enrichissent le regard sur cet ailleurs qui interagit tant avec mon ici et maintenant. Retour sur quelques voyages;;;

Presque chaque année, le Kunsten interroge le passé colonial de la Belgique. Imaginez ce processus entre le Festival d’Avignon et l’Algérie…On attend encore. Rendez-vous est donné dans un centre d’art… lire la suite

Le KunstenFestivalDesArts de Bruxelles a commencé depuis quelques jours et le spectacle de Fabrice MurgiaLife : reset / chronique d’une ville épuisée») semble avoir marqué certains esprits. Pour s’y rendre, il faut monter les raides escaliers du Théâtre National qui nous conduisent au 3e étage. Un bruit sourd envahit la salle. Dans l’attente, nous crions pour nous faire entendre. L’assemblée des spectateurs et les entrées symbolisent la ville bruyante. D’un coup, le vacarme s’arrête. Un grand mur vidéo nous affronte pour nous plonger, dans un silence quasi… lire la suite

Le 21 août 2010, le metteur en scène allemand Christoph Schlingensief est décédé à l’âge de 49 ans. Cette nouvelle noyée dans le flot continu de la communication gouvernementale amplifiée par la caste médiatique, est passée quasiment inaperçue. Et pourtant, cet homme (rarement programmé en France) provoquait nos relents racistes avec humour, créativité et humanité.
En mai dernier, j’avais vu son dernier opéra-théâtre au KunstenFestivalDesArts. Je pense à lui au moment où la France  plonge dans le populisme et le racisme d’Etat.

Les applaudissements sont totalement désordonnés. Ils forment… lire la suite

Le KunstenFestivalDesArts aime nous raconter des histoires issues d’un autre continent ou d’une rue de Bruxelles! En jouant avec les distances, ce festival n’oppose pas le local et le global, mais les articule pour humaniser le processus de mondialisation qui, avec la crise systémique, nous effraye un peu plus chaque jour. En traversant les frontières du documentaire et du théâtre à partir du social, le Kunsten vibre avec son époque en s’émancipant de la spécialisation des arts.

Première histoire, celle racontée par un collectif italien, ZimmerFrei, qui a infiltré… lire la suite

À Bruxelles, le Musée Magritte  propose une déambulation poétique où les mots du peintre gravés dans les murs en bois résonnent avec les toiles. À parcourir les étages dans tous les sens, le visiteur passe d’une époque à l’autre : en traversant les courants, il change aussi son regard et se met en mouvement. Au même moment, le KunstenFestivalDesArts  présente «Zero», chorégraphie écrite par Ioannis Mandafounis, Fabrice Mazliah et May Zarhy. Par le fruit du hasard, «Panique au moyen âge » de… lire la suite

Il est 22h40. Trois gerbes mortuaires signent le mot « fin » de « Versus », pièce de Rodrigo Garcia présentée au Kaaitheater de Bruxelles dans le cadre du KunstenFestivalDesArts. Le public applaudit mollement, sans hostilité apparente, presque désabusé. Encore une fois, l’auteur et metteur en scène argentin « dégueule », non plus contre le système capitaliste, mais contre nous. Bénéficiant des largesses des institutions culturelles d’Europe et d’ailleurs, il ne prend maintenant plus aucun gant.

Tout commence par cette scène où deux acteurs… lire la suite

Voilà une oeuvre qui provoque de nombreux débats: agacements et enthousiasmes s’entrechoquent. Il en est ainsi des oeuvres complexes. Avec « Yo en el futuro », le jeune cinéaste et metteur en scène argentin Federico León trouble. Même quand on en sort vide,  à l’image d’une proposition qui se jouerait en dehors de vous. Mais où a-t-elle bien pu se nicher? Trois enfants, trois adolescents et trois personnes âgées regardent un écran de cinéma, télécommande à l’appui. Ils se ressemblent étrangement et l’on imagine aisément qu’ils… lire la suite

C’est un choc esthétique et émotionnel. Quatre femmes, assises là, face à vous, viennent subtilement vous chercher pour revisiter la danse contemporaine. Vous voilà presque nu, sans aucune référence sauf celle où tout aurait commencé. Une heure a suffi pour retrouver le lien originel avec l’art le plus fragile qui soit. C’est la renaissance du spectateur tout comme celle de la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen qui ose écrire : « je refais l’apprentissage de la danse : je suis partie à des milliers de kilomètres pour apprendre… lire la suite

Avec un tatami, deux techniciens dispersent une poudre blanche sur des bacs posés au sol. Cela pourrait être une cérémonie mortuaire où l’on répand les cendres de la modernité pour qu’émergent des territoires encore inconnus. En l’absence de comédiens, nous sommes invités à nous immiscer dans un interstice où seul notre imaginaire peut nous conduire vers ce théâtre du mystère et de l’éphémère. Nous sommes ici au croisement du virtuel et de la matière organique, symbolisé par une imposante machine, un peu folle et si fragile, sur une scène maculée… lire la suite

Page 2 sur 212