FESTIVAL D’AVIGNON

Il est rare que la lecture d’une feuille de salle interpelle. Celle du spectacle d’Eszter Salamon « Monument 0 »  est passionnante : « Adoptant une approche historique et archéologique, la chorégraphe et ses six interprètes se sont approprié des dizaines de danses populaires et tribales issues des cinq continents. Ces danses ont en commun une spécificité : toutes ont été ou sont pratiquées dans des régions marquées par des guerres et des conflits fortement liés à l’histoire de l’occident. Ces danses guerrières… lire la suite

C’est le troisième Shakespeare de cette 69ème édition du festival. Après « Le Roi Lear », mise en scène par Olivier Py, puis « Richard III » par Thomas Ostermeier, Tiago Rodrigues propose « Antoine et Cléopatre ». Un français, un allemand, un portugais. Cela pourrait former une trilogie européenne. Mais les mises en scène paraissent si éloignées les unes des autres qu’il serait vain de vouloir les relier : Olivier Py s’imagine en Roi Lear d’Avignon, Ostermeier manipule Richard… lire la suite

« À mesure que diminue la signification dun art, on assiste en effet dans le public à un divorce croissant entre lesprit critique et la conduite de la jouissance, chose manifeste notamment à propos de la peinture. On jouit, sans le critiquer, de ce qui est conventionnel ; de ce qui est véritablement nouveau, on le critique avec aversion. » (Walter Benjamin, LOeuvre dart à l’époque de sa reproductibilité)

Le précédent article du Tadorne… lire la suite

C’est une étrange sensation que de contempler le non-sens sur une scène de théâtre et de ne pas s’endormir. De constater que le corps tient, alors que la fatigue vous envahit. Comment expliquer ce processus ? Est-ce possible de mettre en lien deux œuvres que tout oppose sur le papier (« Andreas » de Jonathan Châtel et « Les idiots » d’après le film de Lan Vann Trears), mais qui empruntent le même chemin, celui d’une esthétique du non-sens?

« Andreas »… lire la suite

Pour la première fois depuis des années, j’assiste au début du Festival d’Avignon de loin, sans prendre part aux spectacles et à la ville. Cette mise à distance permet d’observer l’étrange concomitance de ce qui s’y joue et de ce qu’il est convenu d’appeler la «crise Grecque» ou plus globalement de l’Europe. Ces champs magnétiques apparaissent alors dans toute leur complexité et se superposent : Avignon-Athènes, Olivier Py (directeur du Festival d’Avignon) – Le Roi Lear (la dernière création du directeur)- François Hollande, donnent à voir un même processus… lire la suite

C’est le premier spectacle du Festival d’Avignon. À l’heure où le doute m’envahit, où mes questions essentielles (et existentielles !) sur comment penser autrement le rôle de la culture et de l’art trouvent si peu d’écho dans le cercle fermé des sachants, Krystian Lupa m’accueille avec « Des arbres à abattre » de Thomas Bernhard.

Alors que nous nous apprêtons à vivre 4h30 de théâtre polonais en pleine après-midi caniculaire, l’accueil pensé par Krystian Lupa prend tout son sens. En prenant place dix minutes avant… lire la suite

Et si vu du Festival d’Avignon, nous envisagions le scénario d’une tragédie grecque et sa mise en scène sur le plateau de la Cour du Déshonneur ?

Car pendant que la Ministre de la Culture, Fleur Pellerin, s’apprête à 19h à répondre aux sirènes de la communication et de la vacuité en inaugurant la plaque provisoire de « la rue du Village du OFF » à Avignon, un scénario se met en place, dans le pays où le théâtre et la démocratie sont nés.

Aujourd’hui, d’Avignon,… lire la suite

Le Festival d’Avignon vient de commencer. Cette année point de rendez-vous avec les spectateurs dans le cadre des « Offinités », espace critique interactif et créatif que nous avons créés en 2009 pour le OFF. Nous « autres », les spectateurs, sommes priés de consommer et le Tadorne de penser ailleurs…

Cette année, point d’ambition dans la programmation du In, où l’omniprésence d’Olivier Py et l’absence d’une vision sur le rôle du Festival, laisse présager une édition molle, égocentrée, d’autant plus que le festival connait une… lire la suite

Nous sommes jeudi 24 juillet, le moment de vivre la dernière Offinité des spectateurs de l’édition 2014 du Festival d’Avignon. Rythmée par les rencontres entre spectateurs, notre édition ne ressemble à aucune de celles que nous avons vécues. C’est donc pour nous déjà l’heure du bilan : In, Off… « Le Off est-il In ? Le In est-il Off ? » Ou sont-ils tous les deux « out » ?

Une nouvelle fois, nous restons fidèles au principe des Offinités, selon… lire la suite

Il est 17h50. La file d’attente  se forme à l’intérieur du théâtre de Montfavet près d’Avignon pour « Intérieur » de Claude Régy. Les intermittents s’adressent à la foule des spectateurs agglutinés dans le couloir. À Manuel Valls, ils envoient leur leitmotiv « Non merci!« . Le discours est en boucle depuis dix jours et sature visiblement le public. Puis, la consigne donnée par Claude Régy, metteur en scène âgé de 91 ans nous est communiqué: « à partir de maintenant, vous… lire la suite