Archives mensuelles : juillet 2012

Chaque année, le Festival d’Avignon est une performance, un défi : 33 spectacles vus dans le In, 15 dans le Off, auxquels il faut ajouter l’animation de six rendez-vous avec les spectateurs et les artistes lors des «Offinités du Tadorne» programmée au Village du Off.

Il est encore trop tôt pour écrire le bilan artistique. Mais à quelques heures du départ d’Avignon, quelques images?

Sur la Place des Corps Saints, je n’arrivais plus à quitter Sylvie et Sylvain. Nous venions de vivre un moment exceptionnel avec l’exposition… lire la suite

L’heure du bilan du Festival d’Avignon n’est pas encore venue; Mais un fait s’impose. Je n’ai pas écrit sur tout ce que j’ai vu. Et pour cause.

Je n’ai pas écrit sur «My fait Lady, un laboratoire de langues» de Christoph Marthaler. J’ai pourtant hurlé de rire pendant près de deux heures. Mais ma joie était un cache-misère. Le sens de cette pièce a glissé à l’image de cette scène où une actrice descend l’escalier sur la rampe; Était-ce bien opportun d’inviter une fois de plus Christoph… lire la suite

Il a un visage d’ange, à moins que ce ne soit celui d’un démon. Lui, c’est Geronimo Pascagna (Guillaume Cantillon), voleur, assassin, doux dingue emprisonné. Dies Irae est son chant, celui de la liberté, de l’errance, de la reconstruction des vies après un cataclysme. Il me le déclame tel un prédicateur, me le récite tel un prophète et me le glisse à l’oreille tel un humain. La scénographie temporalise les tableaux et les différents chants de cette ode.

Guillaume Cantillon frappe notre conscience avec les mots de Leonid… lire la suite

Arthur Stanislavski, Anton Nauzyciel.

Après avoir appelé mes amis pour leur transmettre le choc que j’ai reçu hier, j’envoie au plus vite ce témoignage pour inviter encore de potentiels spectateurs à se déplacer jusqu’au samedi 28 juillet au Festival d’Avignon, à faire le pied de grue, à racheter des places, à faire la démarche difficile de se rendre à 22h à la Cour d’honneur, pour voir « La Mouette » de Tchekhov dans une adaptation d’Arthur Nauzyciel durant quatre heures, valant tous ces efforts et toutes… lire la suite

Le festival est dans sa dernière semaine. La programmation de cette année m’a permis d’y découvrir multiples propositions dans le Off et le IN, où les femmes comédiennes et metteuses en scène se distinguent. Des représentations de caractères où elles sortent des schémas  habituels.

On plonge dans une grande mer(e), comme celle où Sophie Calle nous a emmenés tout au long de ce festival lors de son exposition à l’Église des Célestins («Rachel, Monique»). Avec elle, nous évoluons dans un espace du beau, au « choeur… lire la suite

À la sortie du Cloître des Carmes, je m’égare. C’est une sensation étrange tandis qu’à l’intérieur, mon corps vibre.  À la perte des repères spatiaux temporels, s’ajoute une immense joie, celle d’avoir approché de près ce qui fait lien entre les hommes. Je me sens tragiquement heureux, profondément capable.

«Tragédie» d’Olivier Dubois, pièce pour neuf hommes et neuf femmes, perturbe le paysage chorégraphique. Le nombre (à quand remonte une telle proposition groupale?), la nudité (on oublie enfin les stéréotypes sexués), la musique (composée par François… lire la suite

Trois années après la crise des subprimes, trois artistes du Festival d’Avignon s’emparent du sujet pour en restituer leur vision: Nicolas StemannLes contrats du commerçant, une comédie économique»), Thomas OstermeierUn ennemi du peuple») et Bruno Meyssat15%»).

Premier épisode avec Nicolas Stemann pour la représentation la plus chère après celles de la Cour d’honneur (entre 29 et 36 €; à ce prix-là, il reste encore des places). Il s’avance sur la scène pour nous prévenir: la pièce est longue (un compteur de… lire la suite

Il  ne reste que quelques jours pour venir au Festival Off d’Avignon. En quelques lignes, les spectacles que nous avons aimés et qui sont toujours à l’affiche jusqu’au samedi 28 (avec liens vers nos articles).

1- La nostalgie de l’avenir, compagnie Défilé. Théâtre des  Doms à 11h.

2-Baal, Théâtre Antigone, La manufacture à 20h30.

3-Bonheur titre provisoire, Alain Timar, Théâtre des Halles, 16h30.

4-Plus tard, j’ai frémi au léger effet de reverbe?., Renaud Cojo, La Manufacture à 14h45 (jour pair)

5-Et puis… lire la suite

Lors des «Offinités» organisées sous le chapiteau du Village off par les Tadornes, la question de l’engagement du corps dans les propositions donne lieu à de véritables échanges. Que ce soit en matière de théâtre, de danse ou de formes hybrides, la présence du corps doit être entière pour raconter et émouvoir. Il est le lien qui nous unit au plateau. Cet engagement doit être fécond, apporter une lisibilité au propos et le servir sans faille. La compagnie Gazoline, qui présente «Piscine (Pas d’eau)»… lire la suite

Il est vain de vouloir comprendre la feuille de salle écrite pour le Festival d’Avignon sur le nouveau spectacle de Roméo Castellucci, «The Four Seasons Restaurant». C’est totalement illisible. Un verbiage comme on n’en fait plus. Est-ce calculé? L’interview qui suit reste plus accessible, mais je lâche très vite tandis que l’on me tend une paire de boules Quies. Sylvie Lefrere, contributrice pour le Tadorne, est à mes côtés. Deux Tadornes pour une expérience hors du commun?

Pendant plus d’une heure, je perds tout, progressivement. Mon corps… lire la suite