Archives mensuelles : juillet 2010

 Je ne suis pas très à l’aise face à la cohorte des spectateurs sans billets qui attend dehors. La programmation est injuste : des spectacles, mais des jauges réduites. Ce sentiment d’être à part est renforcé par le lieu même. Le collège catholique «Champfleury» d’Avignon me saisit dès mon entrée : une cour, la Sainte Vierge en ligne de mire et une aile de bâtiment à l’architecture carcérale. J’entre léger. J’en sortirais bouleversé.

C’est ici que Christoph Marthaler présente « Se protéger de l’avenir » (« Schutz… lire la suite

S’il est des textes dits « classiques » qui à certains moments ont la portée d’être d’actualité, « Le procès »  de Franz Kafka est de ceux-là. Le metteur en scène allemand Andreas Kriegenburg nous en offre une démonstration magnifique.
Au-delà de l’absurde et de la noirceur du texte, nous sommes invités à en percevoir le côté « burlesque ». La mise en scène convoque l’esprit du cinéma muet et nous renvoi vers ces héros des temps modernes qu’enfant nous avions du mal à comprendre plus loin que le… lire la suite

Les liens entre notre humanité et de nos modèles de (sur)vie tissés par « Simples mortels », roman de Philippe de la Genardière et titre de la dernière création d’Alain Timar, n’est pas un simple catalogue des catastrophes, mais un constat sur nos histoires intimes et collectives dans un monde globalisé.

Des années 80 à nos jours, Alain Timar brosse des portraits féroces de capitalistes consuméristes hédonistes (hédoniste au sens contemporain, à savoir le plaisir égoïste). Dans le no man’s land où se trouvent nos cinq formidables interprètes… lire la suite

 

 

Bouleversé. Transpercé. Bousculé. Avec « la danseuse malade« ,  Jeanne Balibar et Boris Charmatz démontrent ce que l’on omet trop souvent: la danse est un art difficile, engageant, qui déforme, tord, essore, décolle, plie. Distancié de deux rangs seulement, je suis ébloui au sens propre, comme au figuré : rarement la danse ne m’a été évoqué de cette façon, avec autant de sincérité, de fragilité, d’humilité. Sans faire scandale, «la danseuse malade» fait rupture dans le consensus mou actuel qui entoure certains… lire la suite

Il existe une danse démocratique, ouverte à tous, qui pousse délicatement les portes de l’imaginaire, sans brutaliser, mais avec la force du propos. Ce soir, au Festival d’Avignon, « Les corbeaux » du chorégraphe Joseph Nadj et du musicien Akosh Szelevényi ont ébloui, sans effraction, pour nous inviter à découvrir l’atelier du «peintre danseur» et du «musicien pinceau».

Tout est en place pour que nous puissions suivre avec délicatesse, loin du brouhaha des crises, cette métamorphose de l’homme-oiseau. Tel un médiateur, Nadj accompagne. Derrière une toile défilante, il se cache… lire la suite

Le corps traverse quasiment toutes les oeuvres du Festival d’Avignon. Si lors de l’édition de 2005 où Jan Fabre était l’artiste associé, il nous était imposé comme une provocation, cette année il crée un langage. Pour certains spectateurs, c’est une révélation. Pour moi, c’est un bonheur particulier de pouvoir appréhender le texte à partir de la danse comme me l’a permis  Maguy Marin. Mais tous les artistes n’intègrent pas cette complexité de la même façon.

Chez les allemands Falck Richter et Anouk van Dijk, «Trust», est… lire la suite

La (dé)colonisation traverse le Festival d’Avignon avec deux propositions. Cela paraît étonnant de rapprocher deux spectacles aux formes et propos si différents. Tentative.

Le premier « Chouf Ouchouf » des Suisses Zimmermann et de Perrot a séduit une grande partie du public d’Avignon. Alors qu’un spectateur m’interrogeait à la sortie sur mon ressenti, je lui précisais que cette succession d’acrobaties n’avait pas de sens. Ce à quoi, il répondit : « s’il fallait voir du sens partout ». Cette remarque m’a longtemps habité. Comment une telle réponse est-elle possible dans… lire la suite

Ce soir-là je m’aventure vers un lieu encore inconnu, je trouve à l’arrivée un accueil chaleureux dans un tout petit endroit bien sympathique.

La proposition de Bruno Dairou est de qualité. Un théâtre du je, de l’implication, de celui qui ne cède pas à combattre encore. Deux textes, « Les cimetières du nord » et « C’était hier », très beaux, on pense à Koltès. Deux excellents comédiens, Laurent Ciavatti et Antoine Robinet portent le premier, ils nous baladent au-delà de la ville avec brio. Dans le second Antoine Robinet… lire la suite

Dimanche 18 juillet à 19h (en poadcast dès le 19), sur France Culture, j’étais l’un des invités de Frédéric Martel dans l’émission « Masse critique » depuis le Festival d’Avignon. Autour de la question de l’usage d’internet dans le champ du spectacle vivant, j’ai pu préciser mon positionnement de spectateur – blogueur. À vous d’apprécier « le blogueur du sud » dans ces oeuvres puisque c’est ainsi que l’on semble vouloir me qualifier. Etrange paradoxe que celui de nommer un positionnement géographique alors que celui-ci s’inscrit sur une… lire la suite

Le Festival d’Avignon aurait-il de la suite dans les idées? Après une édition 2009 où la danse cherchait sa place et avant celle de 2011 où le chorégraphe Boris Charmatz sera l’artiste associé, 2010 est l’année charnière où se poursuit l’accompagnement du public vers l’idée qu’au-delà des classifications, tout est question de langage. Cindy Van Acker nous propose son parcours comme s’il reposait sur ses épaules de tracer un chemin de danse entre les stars Anne Teresa de Keersmaeker , Alain Platel  et les formes plus radicales de… lire la suite