Ça commence quand nos histoires…Quel en est le point de départ ?

Pour Bart, ça commence par une lettre, une convocation d’amours, de 5 à 14, mais il ne le sait pas encore…
Un comédien, une armoire, trois étagères, une petite chaise et quelques objets pour une heure de voyage, magnifique, dans les cartes du tendre au pays de l’intranquille. Lionel Erdogan s’est glissé dans la subtile et poétique mise en scène d’Olivier Letellier avec une fougue et un bonheur palpable ; il est tellement crédible qu’on en oublierait presque qu’il n’est pas Bart. L’art du conte est à la fête avec ces deux hommes là.
Siméon et Morgane, qui ne sont pas passés chez Merlin question physique, mais ont croisé la « fée cerveau » en chemin, forment un trio d’orphelins  avec Venise, jolie poupée blonde. Bart et  sa demi-soeur Josiane complètent ce tableau de famille éclaté. Des pères qui partent, une mère qui « se décède » à coup de canard wc dans les escaliers, une anémie pour ne pas dire autre chose, un docteur Mauvoisin qui deviendra celui que l’on attendait; les Morlevent vont mordre la vie à pleines dents autant que la vie les mord. Pour les aider, Barbie sera de presque tous les plans et Ken trouvera un petit ami ; Venise, en docteur « es » histoire d’amours torrides made in « Mattel »,  s’en chargera sans passer par le pont des soupirs.

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Les thèmes sont graves, questionnant ou dérangeant pour certains, qu’importe, ils sont inscrits dans la vie et ils ouvrent le coeur vers les singularités ordinaires de l’amour, sans raison parce qu’avec toutes les raisons. Si l’on savait où vont les ballons blancs que perdent les enfants, on courrait à perdre haleine pour les ramener au pays des adultes.
Dépasser les barrières des plans de vie « bien établis », dépasser les peurs, dépasser les frontières qui sont remparts au lien, dépasser l’étrangeté de l’autre pour l’accueillir, jouer des clichés pour mieux les évacuer, voilà à quoi nous invite ce parcours avec Bart.
De cette histoire à secouer les armoires des carcans et des intolérances,  je suis ressorti l’oeil brillant et le sourire accroché au coeur. Et si on savait où sont les ballons blancs?

Bernard Gaurier – www.festivalier.net

« Oh boy! » mise en scène d’Olivier Letellier au Festival d’Avignon 2010.

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