Il y a quelques semaines, Nathalie Marteau, Directrice du Théâtre du Merlan, Scène Nationale à Marseille, m’a envoyé une lettre recommandée (lire ici). C’est probablement une première : un établissement public culturel mobilise du temps, de l’argent public et un service de communication pour intimider un spectateur.

Depuis 2007, j’écris mon inquiétude autour du projet artistique de la Scène Nationale du Merlan où une politique de communication «branchée» masque un travail de proximité comme en témoigne les nombreux échecs de ses actions dans les quartiers:

– L’échec du «Quartier créatif» à la Busserine dans le cadre de Marseille Provence 2013 dont le Merlan est l’un des coproducteurs (lire ici, la lettre à Aurélie Filippetti).

– La menace de licenciement à l’encontre d’une des salariées du Merlan (lire ici).

– Les articles du Tadorne depuis 2007: http://www.festivalier.net/?s=merlan

Encore dernièrement, dans le cadre de «Cirque en capitales», la majorité des spectacles proposés «vagabondent» de la Criée, au Gymnase, d’un temple protestant à une banque, loin de son port d’attache, le quartier du Merlan.

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En juin 2012, j’avais écrit un article questionnant ouvertement la dérive de ce théâtre (le mot faillite étant entendu au sens financier et moral du terme).

Ma parole libre de spectateur dérange Nathalie Marteau…Il semblerait que ce dernier article ne lui ait pas plu jusqu’à faire l’objet de ce courrier recommandé où elle me menace à demi-mot de poursuites dans le cas où je n’accepterais pas l’entretien qu’elle propose.

Je suis prêt à me prêter à cet exercice, à condition qu’il soit médiatisé, en présence d’un journaliste afin de:

1) Porter à la connaissance du plus grand nombre les questions légitimes d’un spectateur sur l’abandon d’un quartier et les réponses que Nathalie Marteau apportera pour éviter les «contre-vérités».

2) Faire entendre une parole singulière de spectateur qui s’inquiète de la dérive d’un théâtre dont la programmation est monopolisée par la «magie» et quelques artistes régulièrement invités au détriment d’autres esthétiques (danse, théâtre, …) pourtant incluses  dans son cahier des charges.

3) Permettre à Nathalie Marteau d’expliciter sa politique de communication, son coût, son sens, dans un contexte de restriction budgétaire où artistes et équipements culturels participent à l’effort de redressement des comptes publics.

Je compte sur le professionnalisme du service de communication du Théâtre du Merlan pour organiser ce rendez-vous public.

Ainsi, les intimidations d’un théâtre envers un spectateur quitteront la sphère privée pour nourrir le débat autour d’une politique qui, jusqu’à preuve du contraire, relève du domaine d’un Service Public.

Pascal Bély – Le Tadorne

44 réponses à En réponse à la lettre recommandée du Théâtre du Merlan de Marseille envoyée au blog le Tadorne.

      • Valentin L. dit :

        Cher Pascal, le combat contre les 400 000 € d’argent public claqués en fumée pour notamment faire venir une star internationale des podiums lumineux n’est-il pas un combat qui semble légitime ?! Tout comme pourrait également l’être d’autres éventuels combats : contre la fermeture du J1 entre mai et octobre 2013, contre les quelque 5 millions d’€ également claqués en fumée pour le Pavillon M, pour la pérennisation du J1 au-delà de 2013, contre les millions d’€ claqués en fumée pour le énième chantier de rénovation du Stade Vélodrome, etc… La Ville de Marseille ne tourne plus rond, c’est comme si la machine à claquer du fric public s’était emballée sans que l’on puisse l’arrêter. Alors en matière de politique publiques culturelles, un combat n’empêche pas l’autre ! Tout est dans tout et réciproquement, ne pourrait-on pas dire ?

        • Pascal Bély dit :

          Valentin, pour Guetta, ce sont des milliers de signatures… Pour ce que je dénonce depuis des années concernant le Merlan, je suis SEUL! Et pourtant, dans les « dîners » en ville, on se défoule contre le Merlan. Mais c’est plus « facile » de dénoncer ce qui est « médiatique » que de combattre dans la durée l’imposture.

          • Valentin L. dit :

            Pour le cas où tu l’estimerais nécessaire et pertinent, tu as tjrs la possibilité de faire une action qui serait peu ou prou similaire à celle de DJ Oil (pétition, médiatisation par le biais notamment des réseaux dits sociaux…) ? Et que penserais-tu d’une action partagée en faveur de la pérennisation du J1 (ou du moins de son dernier étage) en lieu culturel au-delà de 2013 ? Une idée… ;-)

          • Pascal Bély dit :

            Aucun artiste ne signera une pétition contre le Théâtre du Merlan car ils ont tous peur…Je ne veux pas une pétition mais un débat public. Là aussi, aucun journaliste ne se presse (et pourtant, il y aurait de quoi faire un article sur le simple fait qu’une directrice de théâtre ose envoyer une lettre recommandée à un spectateur pour l’intimider…). Où est le journal Zibeline pourtant si prompt à dénoncer les injustices? Concernant le J1, quel serait le projet? Je veux bien tout défendre, tout promouvoir si je connais le projet. Je reste donc à ta disposition;

          • Valentin L. dit :

            Si les acteurs culturels exigent eux-mêmes d’avoir un projet (c’est-à-dire semble-t-il quelque chose qui serait d’ores et déjà construit, voire financé en prévisionnel) pour s’engager sur l’idée même d’une pérennisation du J1, le combat est presque perdu d’avance ! Car c’est justement la posture ultra facile et fort arrangeante que ne manqueront pas d’adopter les institutionnels locaux, départementaux et régionaux : « Vous n’avez pas de projet tout ficelé et financé ? Dans ce cas, allez donc voir ailleurs ! Et laissez-nous faire ce que l’on veut de notre J1 après 2013 ». Les dés seraient pipés d’avance.

  • le bruit du off dit :

    Un tel acharnement sur une scène nationale de très grande qualité nous laisse pantois…
    Quel est le problème, cher P. Bely ?
    Un manque de reconnaissance, une aigreur post-repas mal digéré, un sentiment d’inutilité et de de non-prise sur la vie du spectacle vivant français, le constat d’un notoriété défectueuse et la non-reconnaissance de « prescripteur culturel » telle que vous la rêveriez ?…

    • Charles Buneux dit :

      On pourrait se demander également ce qui motive votre propre hostilité à l’égard de Pascal Bély, monsieur le bruit du off : quelques copinages mal assumés, l’interdiction que vous vous faites de remettre en cause un système français qui fonctionne majoritairement sur l’entre-soi et en partiellement sur l’esbrouffe et la communication ? Et que pensez-vous, sur le fond, du naufrage du jardin créatif ?

      • Pascal Bély dit :

        Vous appelez ça une mise au point? Ce n’est pas Mr Brumeux mais Buneux…Copinage avec Mr Germain? Je le connais à peine. Si vous preniez le temps d’enquêter, vous sauriez que l’interlocuteur est Christophe Galent. D’autre part, si vous enquêtez encore, vous apprendrez que les « Offinités » sont une proposition du Tadorne. Que c’est du travail…Un énorme travail que vous sous-estimez…Vous êtes aveuglé par votre sectarisme. Concernant le Merlan, j’aimerai connaître la vision du Bruit du Off concernant les points de cet article: la gabgie du « Quartier créatif », la délocalisation du Merlan dans les quartiers riches, la programmation catastrophique, ….Mais là silence. Le fond ne vous intéresse pas.

        • le bruitdu off dit :

          Erreur M. Bély. Le « fond » come vous tites nous intéresse au plus haut point, c’est même là notre raison d’être : vous êtes très mal renseigné, et certainement n’avez jamais eu la curiosité de suivre avec nous le Off d’Avignon, comme le font pourtant nos 150 000 lecteurs du mois de juillet sur http://www.lebruitduoff.com depuis maintenant trois saisons…
          Quant au Merlan, et bien sa programmation est tout simplement remarquable, elle, contrairement très souvent au théâtre que vous défendez ici ou ailleurs, et notamment en cautionnant l’incurie et l’arnaque esthétique et intelllectuelle qui sont l’apanage de M. Germain et de toute sa bande (j’ose pas dire Mafia…),
          Quant aux tous petits, minuscules même, problèmes sociologiques concernant le quartier du Merlan que vous soulevez dans votre diatribe, franchement tout le monde s’en contrefout, ici à Marseille comme ailleurs… Et cette polémique touche effectivement le « fond », mais pas celui que vous vous vantez de « défendre », hélas…
          Enfin, vous savez, faire des choix, avoir une ligne estrhétique et s’y tenir n’a rien de sectaire : c’est juste de l’honnêteté intellectuelle… On ne mange pas à tous les rateliers au BDO, encore moins à ceux du populisme démagogique qui ne semble pas vous effrayer…

          • Charles Buneux dit :

            les « tous petits, minuscules même, problèmes sociologiques concernant le quartier du Merlan » dont tout le monde se contrefout ? J’imagine que seul le théâtre vous intéresse, monsieur Bruit du Off; le social, les pauvres, l’horreur économique, … tout ça pue un peu trop le prolo, c’est ça ? Si ce n’était pas là votre propos, merci de préciser. Par contre, si c’est bien votre point de vue, alors je vous dis bien des choses, monsieur…

      • Charles Buneux dit :

        Effectivement, vos réponses semblent à l’emporte-pièce, bien plus que celles de Pascal Bély, dont les emportements sont tout de même très souvent appuyés sur du fond. Je ne connais pas ce monsieur Germain, mais je comprends mieux : votre inimitié à l’égard de Pascal Bély est motivée par des petites querelles de chapelles avignonnaises. Alors là effectivement, ça ne m’intéresse pas. Avignon comme centre du monde théâtral… C’est très français (franchouillard, même), comme angle d’analyse.

        Quant à l’entre-soi et l’esbrouffe d’un système qui s’auto-entretient, parfois pour le meilleur mais de plus en plus pour le pire, si vous ne voyez pas de quoi je parle, alors il faut vous renseigner un peu…

  • Le Merlan dit :

    Nous avons bien pris connaissance de votre post.
    Nous le transmettons à Nathalie Marteau et nous vous faisons une réponse prochainement.

    Cordialement
    Le service communication

    • Sylvain St-Pr dit :

      Bonjour,
      N’étant ni « professionnel de la profession », ni habitant de Marseille et sa région, je me sens d’autant plus libre d’intervenir.
      Dites à Mme Marteau qu’il est parfaitement choquant qu’un spectateur se sente menacé dans sa liberté d’expression comme dans sa pensée critique, qu’il est dans son intérêt, comme dans celui de l’établissement qu’elle représente que ce « malentendu » soit aplani. Il faut maintenant un geste d’apaisement sans ambiguité. Je n’imagine pas l’effet que ferait dans la presse l’écho donné à une pareille affaire.
      Bien cordialement

  • Luce dit :

    Je ne vois pas bien où se trouve l’intimidation dans la lettre de la directrice du Merlan; « menace à demi-mot » : vraiment?

    • Pascal Bély dit :

      Rien que l’acte d’envoyer une lettre recommandée, est un acte d’intimidation!
      D’autre part, la phrase « ne voulant pas croire à une quelconque mauvaise foi ou volonté de nuire de de votre part, je préfère vous proposer de vous rencontrer »…dit autrement, elle sous entend que je veux nuire…donc, si je refuse l’entretien, elle ira plus loin…

  • Jean-Michel Gremillet dit :

    Pascal, nous ne nous sommes pas vus depuis un certain temps, mais à lire tout ce dossier que je découvre, j’affirme que cela ne nous manque pas. Sache clairement ceci, après en avoir parlé à l’instant avec un ami avocat : si Nathalie Marteau me demande conseil, je lui recommanderai, arguments juridiques à l’appui, de déposer une plainte en diffamation. Pas seulement par réflexe corporatiste, mais nos métiers sont bien trop fragiles, et notamment les relations aux tutelles par trop aléatoires, pour que nous puissions accepter ET l’insulte ET la diffamation. Personnellement, j’avais choisi en son temps le silence à ton encontre, préférant mettre mon énergie là où c’est utile, mais là, tu le sais bien mieux que moi, tes problèmes d’ego t’égarent, et ce n’est pas admissible. Enfin, pour anticiper sur l’argument que tu va dégainer, cela n’a rien à voir avec une quelconque atteinte à la liberté d’expression, ton agitation redondante n’ayant que peu à voir avec le concept de liberté, celui qui fait référence aux droits de l’homme.
    Pendant la récente campagne présidentielle, j’ai activement participé à la rédaction d’un ouvrage intitulé « Quelle humanité voulons-nous être ? », où il était question d’art, et de culture. Je te transmets volontiers ET la réflexion, ET la question.
    A bon entendeur, salut !
    Jean-Michel Gremillet

      • Charles Buneux dit :

        Être du Fdg est en soi une preuve de bon sens et d’empathie, dites-vous ? C’est aussi rigolo que de dire que tous les membres du PS sont de gauche ! (Je precise que j’ai de très bons amis au front de gauche, même au PS, c’est dire mon ouverture d’esprit). ce n’est donc pas une question de parti… Donc, même si je n’ai aucune légitimité à remettre en cause l’engagement personnel de JMG, Pascal Bély a raison de mentionner cet engagement, en ce qu’il rend curieux certains des positionnements du directeur de Cavaillon…

    • Sylvain St-Pr dit :

      M. Gremillet,

      Votre réaction est difficile à suivre et sa logique dépasse mes capacités intellectuelles…vous dîtes découvrir un dossier que vous ne pouvez donc maîtriser dans sa globalité…mais vous en parlez d’emblée (heureux hasard) à un « ami avocat » (double heureux hasard !) ? Vous dénoncez des querelles d’ego…qui sont précisément ce qui transpire le plus de votre réponse. D’où vous vient donc et empressement à monter « au front » sur des bases que je vous mets au défi de prouver : l’insulte ET la diffamation. Si, pour vous, exercer sa libre pensée constitue une insulte ou un dénigrement, c’est à désespérer d’un monde de la culture qui aurait, par là-même, tourné le dos aux valeurs fondamentales de la démocratie. Démarche insupportable et qui n’est pas sans rappeler l’incurie de la pensée politique du précédent gouvernement. De droite comme de gauche changement n’est donc décidément pas pour maintenant…
      Venons-en au fond, si tant est qu’il y en ait. Si vos « métiers » (être artiste en est-il un ? Curieuse qualification) sont « si fragiles », comme vous le dîtes, est-ce en raison d’un blog ?!? D’une pensée autre que la vôtre ? N’est-ce pas plutôt parce que vous fondations ne sont pas (plus ?) solides ? Cette logique du bouc-émissaire est très surprenante…elle offre surtout le confort moral et intellectuel de masquer toutes vos petites histoires, élégamment appelées « relations de tutelles »… J’apprends avec bonheur que vous avez contribué à une réflexion sur L’Humanité…celle que « nous » voulons « être ». J’espère en tout cas que ce n’est pas celle qui transparaît dans votre réponse, inutilement agressive et menaçante, où l’on ne trouve trace, ni d’éthique, ni de culture…ni d’art.
      Bonne soirée

      • Sylve dit :

        Merci Sylvain pour la qualité de ta réponse. Je me questionnais depuis ces derniers mois sur la place du spectateur . Ces réactions ont permis de dévérouiller mon regard et d’écrire.

    • Pierre-Jérôme Adjedj dit :

      Monsieur Gremillet,

      Vos métiers sont fragiles, dites-vous ? De quoi parlez-vous exactement ? Si vous parlez de vos scènes, de vos postes de direction, franchement, en tant que tel je m’en fous ! Pourquoi êtes-vous là exactement ? Quel est votre cahier des charges ? Les spectateurs, ça vous dit quelque chose ? Les artistes, vous vous rappelez ? S’il y a une population qui est fragilisée, dans sa pratique comme dans son rapport aux tutelles, c’est bien celle des artistes. Il est même indécent de vous voir défendre les uns les autres vos budgets, vos prébendes, … Quant à prétendre à la supériorité de ce modèle français qui protège si bien la création, et que de dangereux activistes dépressifs et égocentriques comme Pascal Bély menacent avec leurs petites mains démoniaques… Vous êtes sérieux ?

      Votre fameux modèle français, j’en parle d’autant plus à l’aise qu’en tant que metteur en scène français expatrié, j’ai l’occasion de voir à quel point vous avez tort. Dans le cadre des projets européens que je mène, je côtoie des directeurs de théâtre allemands, polonais, dont l’économie est certainement bien plus précaire que la vôtre, et les marges de manoeuvre encore plus réduites. Mais il y a une grande différence entre eux et vous : eux, ils ne pérorent pas sur ce que devrait être la culture, ce qu’elle n’est plus, bla bla bla bla, toute cette merde (et je pèse mes mots) que tant de français ressassent pour se donner bonne conscience pendant que le pays décline, inexorablement, faute d’un changement radical de paradigme. Eux, ils n’ont pas le temps de faire des colloques : ils bossent !

      Un exemple vécu : un directeur de théâtre polonais sans moyens qui invite à ses frais un metteur en scène français qu’il ne connaît pas, juste pour créer la rencontre avec un chorégraphe, juste parce qu’il sent qu’il pourrait y avoir quelque chose. Et qui s’engage dans la foulée pour accueillir une production à venir… Ca m’est arrivé récemment, et comment dire ? C’est bon, tout simplement. Il y a là de l’engagement, du courage, de la combativité, du plaisir aussi. Comparé au mépris et à la suffisance si souvent rencontrés en France… Ne croyez pas qu’il s’agisse là d’un propos frustré, je suis pleinement heureux là où je suis. J’ai juste un peu mal à mon pays. Un pays où les Marteau, les Grémillet et autres congénères en sont réduits à attaquer un blogueur pour défendre leur petit pré-carré. Vous tombez bien bas, toutes et tous. Franchement, je vous plains…

      • Jean-Michel Gremillet dit :

        Soit ce directeur de théâtre polonais est un riche mécène, soit vous n’avez pas été rémunéré pour faire votre métier, vous le savez bien. Se battre au quotidien, ici, pour une idée de service public de la culture, pour préserver des financements publics menacés, ce ne sont pas des bla bla, je crois, et à Cavaillon je sais de quoi je parle. Je suis comme vous, et je me bats aussi pour un changement radical de notre société et des gouvernances qu’elles se choisit. Seule une révolution citoyenne peut renverser cela, ici et maintenant.
        Bély écrit quelque part que les artistes doivent « participer à l’effort de redressement des comptes publics ». Eh bien non, pour au moins 2 raisons. Les artistes seront les premiers acteurs du changement, et celui qui baisse la tête sera toujours vaincu.

        • Pierre-Jérôme Adjedj dit :

          et non, ce n’est pas un riche mécène. Mais il considère que ça fait partie de son action de susciter des rencontres entre artistes. Est-ce que j’ai été payé pour aller là-bas ? Certes non, c’était un rendez-vous, une prise de contact. Mais c’était tous frais payés, pour plusieurs heures d’échanges ouverts, enrichissants. Comparés aux rendez-vous en France, où en tant qu’artiste, on s’humilie si souvent à supplier pour un rendez-vous d’une heure, auquel on se rend à ses frais, et pour lequel on ne recueille bien souvent qu’une écoute variable, et le sentiment qu’on est un parmi 10 000… Voilà, voilà. Ouverture contre fait du prince, on en est là. Alors je sais, vous êtes tous teeeeeellement occupés. Je suis peut-être populiste sans le savoir, mais je compare simplement mes expériences entre les différents pays. Et bizarrement, moins il y a d’argent, moins il y a de comportement de pleureuses. Et je suis assez d’accord sur ce point avec Nicolas Bertrand : ce n’est pas qu’une histoire de budget. Moi je suis aussi pour que cessent des affrontements violents tels que celui-là. Mais dans ce genre de situation, il appartient à ceux qui ont le pouvoir d’ouvrir la porte, faute de quoi il est normal que certains cognent dessus et soient de mauvaise humeur.

          Mais vous êtes au Front de gauche, vous accueillez Roméas (qui est un ami), vous devriez comprendre tout ça. Alors pourquoi ?

          • Jean-Michel Gremillet dit :

            La réponse, Monsieur Adjedj, est dans nos actions, comme je le dis par ailleurs à Bély. En partageant avec les citoyens des spectacles, des actions culturelles, des rencontres avec des gens engagés. En réfléchissant avec des artistes à des projets, car nous le faisons quotidiennement. Bref, en réalisant de manière subjective notre mission. Une subjectivité que Bély ne comprend pas, ne supporte plus de la place qu’il occupe.

          • Sylvain St-Pr dit :

            La critique de M. Gremillet, une fois de plus est inepte ! Outre son caractère méprisant de caste ! Je me permets d’intervenir devant tant de confusions : jamais Pascal Bély n’a critiqué la SUBJECTIVITE des artistiques, professionnels de la culture, etc : il met en cause les contenus. Ce qui n’est pas la même chose.
            Mais je peux comprendre qu’une personne de l’importance de M. Gremillet, contribuant au devenir de l’Etre de L’Humanité, ait une fâcheuse tendance à confondre pensée critique et narcissisme primaire.

          • Pierre-Jérôme Adjedj dit :

            Bon, je me retire du débat sur cette page puisque, du bruit de couloir à monsieur Gremillet, tout n’est qu’invective et persiflement à l’égard de Pascal Bély. J’ai quitté la France notamment parce que je ne supportais plus cette sclérose du débat public en général, et la schizophrénie du spectacle en particulier (si, si, vous savez, ce côté « on s’aime tous en public », mais « on crache les uns sur les autres dès qu’il n’y a aucun risque ». Je me rend compte d’autant plus avec l’éloignement à quel point les choses vont mal. Il faut décidément se battre autrement, sur d’autres terrains. Au plaisir de recroiser les contempteurs du Tadorne comme témoins à charge au Tribunal: je m’engage ici à soutenir Pascal Bély et le Tadorne au Tribunal, notamment sur la base des échanges que j’aurais entendu ici (que d’autres artistes soutenus par le Tadorne surmontent leur trouille pour faire de même).

    • Charles Buneux dit :

      Mais prenez donc du Maalox, c’est vous qui avez l’air salement aigri ! Vous êtes dans une posture de respect systématique vis-à-vis des professionnels de la culture ? Grand bien vous fasse, mais par pitié cessez les attaques ad Hominem. Ok, on a compris, Pascal Bély est égocentrique, frustré, vous l’avez dit dans plusieurs commentaires. Renouvelez-vous : attaquez-le également sur son physique et sur son orientation sexuelle, comme ça on aura la totale ! Je vous signale que Grémillet parle dans ces commentaires de populisme et de crypto-fascisme (point godwin atteint par JMG) : mais je pense que sur ce point vous dépassez largement le père Bély, on dirait Collard…

      • le bruit du off dit :

        M. Brumeux êtes dans l’insulte et comparaisons douteuses. Je ne sais qui vous êtes, qui vous représentez, de là à nous traiter de crypto-fasciste et nous comparer à ce Gilbert Connard du FN (d’ailleurs je pensais que Bély ne tolérait aucune insulte sur son blog…),franchement vous vous égarez : vous ne supportez pas que l’on défende une programmation et des équipes au prétexte qu’elles seraient « institutionnelles » ? quelle étroitesse de vue…

        Ni soumission ni complaisance envers qui que ce soit, nos -mes- positions sont simplement celles d’un véritable amateur de l’art théâtral, point.

        Et puis arrêtez de défendre Bély, qui est simplement indéfendable, sur ce point particulier notamment. C’est peine perdue… Et je pense que lui-même y aura beaucoup perdu, aussi, en définitive…

        Vous verrez…

        • Charles Buneux dit :

          Pour l’insulte, je me mets à votre niveau. Pour le reste, je remarque simplement que vous citez dans un commentaire sur deux les gens du Off qui déteignent sur Pascal Bély et expliquent son positionnement. C’est dire si vous connaissez mal ET Pascal Bély ET le travail qu’il mène inlassablement. C’est dire surtout comme vous passez tout au prisme de votre petit traumatisme avignonnais dont personnellement je me fous (en réalité je me fous d’Avignon, et vous seriez bien inspiré de lire la tribune de Régy sur le sujet, postée par quelqu’un plus haut sur le forum, que je cautionne à 100%). Je n’ai rien contre l’institution, mais je constate simplement ses travers, été notamment son incapacité à s’évaluer, à se repenser, à s’ouvrir… Quant à savoir qui je suis, je ne suis pas grand-chose, un modeste contributeur du Tadorne (en cherchant dans les archives, vous trouverez bien deux trois trucs que j’ai commis et qui hérisseront sans doute le poil de votre orthodoxie théâtrale). Au passage, je serai intéressé de savoir ce que vous nommez l’arnaque artistique et l’esbrouffe que cautionnerait Pascal Bély, et éventuellement ce qu’est pour vous l’art avec un grand A, puisque vous avez l’air, hélas pour vous, d’en avoir une idée très claire.

          Et si vraiment vous êtes en veine de confidences, ça m’interesserait de savoir ce que vous faites dans la vie (puisque le blog n’est pas votre « commerce »): ça donnerait un éclairage sur votre positionnement par rapport à l’institution. vous m’avez tout l’air d’un « candidat » à quelque chose… Mais je me trompe peut-être…

    • Michel Maurel dit :

      Monsieur,

      Après recherche sur Google, j’ai compris… Vous êtes donc directeur d’un théâtre public. Vous avez même conseillé Mr Mélanchon. J’ai honte pour le service public de la culture d’avoir un tel serviteur. Vous semblez ignorez les bases élémentaires de la démocratie…

      Je lis ce blog depuis longtemps. J’aime son ton, mais surtout j’apprécie le style: rarement les contributeurs de ce site ne prennent les lecteurs de haut. Leur sensibilité est un savoir! Et j’aime ça.

      Monsieur, partez…ne revenez plus ici. Rejoignez vos estrades. C’est de là où l’on tombe de haut,

  • catherineg dit :

    Quand les vrais penseurs, les VRAIS défenseurs de la culture et de l’art, ceux qui comptent dans le paysage culturel français ! arment le chien de la culasse : mettre en garde pour mieux protéger leurs potentats qui risqueraient d’être menacés pas une bande d’artistes, de spectateurs INDÉPENDANTS, LIBRES .
    « ON  » te donne des leçons d’humanité Pascal ! c’est à mourir de rire ! « Tes problèmes d’ego t’égarent  » ton  » agitation redondante  » …
    On se croirait devant une critique de R. de Gubernatis…Mépris Arrogance Vulgarité…et pas un brin d’Humanité !
    « Quelle humanité voulons nous être » ? Certainement pas celle que l’on devine entre ces lignes …Certainement pas celle qui consiste à rester entre soi, nantis, à l’abri, avec pour préoccupation première celle de préserver son « poste ».

  • Charles Buneux dit :

    Spéciale dédicace à ce cher monsieur Gremillet, au bruit de fond du off, à Nathalie Marteau, et d’une manière générale à tous ceux qui pensent avoir une responsabilité, un poids, une importance dans le destin du peuple… Le peuple vous dit bien des choses, et s’affranchira tôt ou tard de votre dérisoire condescendance…

    http://youtu.be/NtBfEOkOEu0

  • Jean-Michel Gremillet dit :

    Il règne décidément sur ce blog une douloureuse atmosphère populiste, qui n’est pas sans faire penser à certaine famille politique diamétralement opposée à moi. Je suis un peu triste pour certains, et retourne donc avec les gens qui étudient, avec les gens qui pensent, avec les gens qui agissent, avec les gens qui doutent, avec les humains. Prenez du bon temps.

    • Nicolas Bertrand dit :

      Cher Jean-Michel,

      Les oppositions entre des « barons de la culture » et des « spectateurs populistes » sont notre faiblesse aujourd’hui : les professionnels contre les amateurs, les blogers contre les journalistes, les artistes contre les spectateurs… Ces oppositions (parfois haineuses), pas nouvelles, nous ont fait perdre le sens de nos actions et nous ont fait perdre en légitimité sociale (et donc auprès des politiques).

      Depuis 30 ans, nous avons fait de la culture un secteur économique (auquel je participe moi-même en tant qu’administrateur de compagnie), et cet aspect-là a pris le dessus, pour tous. Je crois que c’est une chance si des spectateurs s’inquiètent du projet général d’un établissement culturel, même si le ton n’est pas toujours policé, même si on trouve qu’ils ne sont pas à la hauteur, même si cela ne sert pas les intérêts de notre corporation : ils nous obligent à nous remettre en question.

      Nous sommes dans une période de réinvention des relations qui font le secteur culturel, ce n’est pas qu’une question de maintenir les budgets publics de la culture. Nous avons besoin d’espaces ouverts de dialogues, d’échange entre les différentes sphères de la culture (pas seulement pour défendre les intérêts des structures professionnelles subventionnées), de prise de conscience de nos responsabilités citoyennes et d’innovation sociale. Sinon nous mourrons dans nos boutiques, seuls et à petit feu.

      Le livre que tu présentes dans quelques jours « Education populaire une utopie d’avenir » rend bien compte d’une autre période d’évolution de la culture en France, après-guerre, passionnante, innovante mais finalement nous avons préféré abattre ce mouvement fédérateur et bâtir nos chapelles rassurantes et rémunératrices.

      Bien à toi,

      Nicolas

  • Pierre-Jérôme Adjedj dit :

    J’ai menti, je reviens avec un commentaire. Mais je me parjure pour la bonne cause : que disent monsieur Bruit de couloir et monsieur Gremillet ? Si vous me dites que vous êtes d’accord avec Régy, va falloir argumenter !

    http://www.liberation.fr/culture/0101379847-il-faudrait-supprimer-avignon

    (cher Jean-Michel Gremillet, je vous dis en toute cordialité que c’est cette radicalité et cet engagement que j’ai trouvé chez mes polonais et que, excusez-moi, je suis bien en peine de trouver en France…)

  • ocmars dit :

    Je viens de lire le courrier qui vous a été adressé par Le Merlan. Il faudrait que vous développiez pour expliquer en quoi cette lettre est une lettre « d’intimidation ».

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