À quelques jours du Festival d’Avignon, le courrier s’amoncelle dans ma boîte aux lettres. Des plaquettes, des livrets, des dossiers de presse auquel s’ajoutent les programmes des saisons théâtrales.

Une enveloppe très légère m’intrigue. Elle provient du Théâtre du Merlan à Marseille. Depuis quelques années, je m’inquiète du projet de sa directrice, de ses dérives financières, délocalisant trop souvent sa programmation des quartiers nord vers le tranquille centre-ville. Ce courrier est une feuille A4 mal imprimée, pliée en trois parties, qui présente trois  spectacles pour seule proposition pour l’automne 2012 (danse, cirque, « balades » pour les journées du patrimoine).

Un texte non signé m’informe que rien ne sera dévoilé du reste de la saison 2013 (concept que le Merlan veut faire disparaitre de son vocabulaire). Plus de rencontres pour présenter la saison, mais ce feuillet comme tout lien avec une invitation «à joindre directement le service des relations avec le public».Un texte précise d’ailleurs ses missions comme s’il fallait combler en urgence le vide de contenu artistique.

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Ce flyer est très inquiétant, car il corrobore les rumeurs entendues ici ou là sur la situation financière de la Scène Nationale qui n’aurait plus les moyens de proposer une saison. Le spectateur ne sait rien du contexte. La presse locale ne fait toujours pas son travail d’investigation.

En tant que public qualifié de «partenaires» et de «complices», nous serons peut-être sollicités pour faire nous-mêmes le spectacle. Ce sera la nouvelle trouvaille marketing d’une direction à la dérive.

Pascal Bély, Le Tadorne.

Le Merlan sur le Tadorne:
Le Théâtre du Merlan vagabonde et se perd / A Marseille, le Théâtre du Merlan perd de l’argent par magie et se délocalise.

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