Archives mensuelles : février 2012

Pourquoi s’engager à suivre un festival? Qu’allons-nous y puiser, bousculés, en empathie, si ce n’est de pouvoir jouir de notre ressenti? Le travail de l’artiste revient alors à nous inclure pour stimuler l’échange et déplacer la communication sur le terrain d’une esthétique du sens. Nous recherchons à être galvanisé. À être producteur d’imaginaire. Une fois posé ce postulat, les premières propositions du Festival des Hivernales d’Avignon nous ont laissés de côté, sans plaisir. Nous y avons perdu l’étonnement, jusqu’à disparaître comme spectateur. Une journée mortifère, immergée dans les créations … lire la suite

Savez-vous d’où vient cette fleur? Sa photo fut postée par Francis Braun sur la page Facebook du Tadorne. Je lui ai demandé de nous raconter son histoire. Mémoire de spectateur…

Pascal Bély

Arthur Plasschaert a travaillé longuement avec Maritie et Gilbert Carpentier à la télévision. Il a été le chorégraphe de Chantal Goya. Dans les années 80, il venait régulièrement avec sa soeur à Saint-Rémy, et nous parlions souvent de music-hall, de théâtre et de danse et même parfois de spectacles dont il était le chorégraphe….J’y allais sur la… lire la suite

Ce soir, j’ai envie de ressentir le groupe. Certains chorégraphes sont uniques à nous donner leur visée du collectif, au-delà des discours lénifiants des entraineurs sportifs ou des images massives véhiculées par les médias. Mon besoin est d’autant plus fort que les solos de danse se multiplient depuis quelques temps sur les scènes de France.

Alors que les outils de communication nous isolent un peu plus, il nous faut retrouver la vision du groupe, entité psychique où l’individu participe au tout. Nous pouvons nous appuyer sur Emanuel Gat et… lire la suite

Il est 22h50. «Onzième», théâtre surréaliste de François Tanguy est terminé. À peine rentré chez moi, je poste un message sur la page Facebook du Tadorne. Martine Silber, auteure du blog Marsupilamima, compréhensive et enthousiaste sur «Onzième», répond qu’écrire sur la pièce «n’est pas obligatoire, non plus :-)». Je suis rassuré.
Il est 7h du matin. Il me faut jeter sur le papier mes premières impressions. Mais «Onzième»attendra. Il me faut chroniquer sur «Grimmless» de Ricci et Forte… lire la suite

« Que la prudence est triste. »
C’est la phrase emblématique choisie par les occupants du Théâtre Valle de Rome. Depuis la mi-juin 2011, ce théâtre est occupé; il devrait à plus ou moins long terme se transformer en restaurant de luxe et salles de jeux. Cela ne sera pas. Ce qui se passe au Valle Occupato est exemplaire; ce n’est ni une programmation, ni une saison, les intéressés eux-mêmes qualifient leur action. «Nous occupons un théâtre comme des ouvriers occuperaient une usine : coupant flux… lire la suite

Deux rencontres chorégraphiques pour deux propositions qui écloront lors des Hivernales.

Abdou N’gom, hip-hop houra?
Il y a toujours un point de départ dans l’acte de création. Celui d‘Abdou N’gom est dans le regard de l’autre. A l’heure où certains prônent que «toutes les civilisations ne se valent pas», il faut voir dans «Same same» une tentative de décortiquer et de comprendre notre unité dans la différence.
Ce pari un peu fou est né d’une découverte avec le chorégraphe laotien, Olé Kamchala. Invitée lors… lire la suite

Lorsque les artistes ne peuvent venir vers moi, je pars à leur rencontre. Quitte à faire un long voyage. Il est des paysages sur scène qui valent bien d’autres détours. Cap sur Milan pour «Grimmless» par la compagnie Ricci/Forte que j’avais rencontré en 2009 lors du Festival Actoral à Marseille. L’acteur Giuseppe Sartori m’avait à l’époque littéralement époustouflé.

Ce soir, le texte est en italien. Sans la traduction, je ne peux donc pas m’accrocher au sens des mots…
Ce soir, dépouillé, je ne sais plus rien.

Avec eux,… lire la suite

«La France a peur». C’était en février 1976, lors d’un journal télévisé. Trente-cinq après, la peur est toujours d’actualité, sournoise, invisible, envahissante. Elle traverse notre intimité, arbitre les liens sociaux, nourrit les dogmes politiques. J’étais en attente qu’un artiste s’empare explicitement de ce processus. Avec « STOP ou Tout est bruit pour qui a peur* » , l’auteur et metteur en scène Hubert Colas fait une tentative courageuse, mais trop à distance à l’image d’une théorie qui ne s’incluerait pas dans un processus réflexif.

Ils sont trois,… lire la suite

Je vois rarement du cirque : en l’absence de dramaturgie, je m’y ennuie. Le cirque contemporain que l’on me promet depuis tant d’années ne semble pas venir. Pourtant en 2004, au Festival d’Avignon, la rencontre avec  Johann Le Guillerm dans «Secret» fut un choc. Il m’aura fallu attendre 2010 et le collectif  « Petit travers » pour ressentir à nouveau la puissance d’un cirque révélé par un propos artistique.

C’est avec curiosité que je me rends à la Villette pour «The End… lire la suite

Après la décevante exposition «Danser sa vie» proposée au Centre Pompidou, je pars au 104 pour «Révolution» d’Olivier Dubois, pièce de deux heures, pour onze femmes, sur une musique du Boléro de Ravel. Serait-ce une réponse radicale à la désincarnation en vogue chez certains chorégraphes qui confondent mouvement et matière ? Ce soir, vêtues de noir, elles dansent autour d’une barre verticale dont nous serions peut-être propriétaire, tant ce lien descendant traverse bon nombre de rapports intimes et sociaux. Si j’osais la métaphore,… lire la suite

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