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Isabella est donc revenue…Avec Alexander, Franck, Anna, Arthur et les autres.  La magie du spectacle de Jan Lauwers et de la Needcompany reste intacte un an après l’avoir vu au Festival d’Avignon.
L’histoire d’Isabella parle à chacun d’entre nous et c’est le talent de Jan Lauwers que de savoir, avec empathie, créer ce lien magique avec le public. La transdisciplinarité tant décriée en France et un choix artistique majeur pour les flamands! Tous nos sens sont en éveil et comme Isabella, nos deux cerveaux (gauche et droit) sont unis comme rarement ils peuvent l’être au quotidien!

Mais voilà, le Festival de Marseille est capable de limiter la magie… Etait-il normal d’entendre en bruit de fond des musiques venues d’ailleurs (Parc Borely). Comment expliquer la piètre qualité sonore du spectacle? Enfin que dire des applaudissements nourris d’une partie minoritaire du public ? C’est incompréhensible quand on sait le TRIOMPHE qu’a connu ce spectacle en Avignon, à Paris et en Europe.

Après 10 ans, je n’arrive toujours pas à sentir ce public et c’est le point faible de ce festival. Il mériterait de se diversifier et de s’ouvrir à d’autres couches de la population plutôt que de privilégier le public d’entreprise.

Isabella aurait tant de choses à dire à ceux qui pensent encore que le repli sur sa culture et sur soi est la meilleure des stratégies.


Dimanche 2 juillet ; Marseille;  22h…J’ai rendez-vous avec Anne Teresa de Keersmaeker. Cela se voit…D’un pas décidé, j’arpente le parc Henri Fabre, heureux de commencer mon périple festivalier et de retrouver l’univers complexe de cette chorégraphe. Elle  a toujours eu le talent de relier avec humour ce qui s’oppose. J’ai besoin de relliance au moment où la France s’enferme dans les oppositions, où tout semble se cliver si vite.
Soudain, sur le chemin qui me menait vers l’entrée, je rencontre A. (une connaissance professionnelle) et son amie. Elles souhaitent vendre leur place au regard de leur immense déception après la prestation du "Nederlands Dans Theater" . La danse doit être dansée et les passerelles vers la vidéo ont visiblement perturbées mes interlocutrices ! Je décide donc de les dissuader et de faire connaissance avec Anne Teresa de Keersmaeker,  au langage chorégraphique si particulier! Cet aparté avant le spectacle me met dans un drôle d’état d’esprit…Quel est le public de ce festival ? Que vient-il chercher ? Soudain me revient la pièce de Jérôme Bel (« The show must go on ») jouée au théâtre des Salins à Martigues l’hiver dernier. Il avait interrogé, avec brutalité, ce rapport entre le public et les artistes. Mais je m’égare…quoique…
Installé, je me retrouve entouré de personnes qui manifestement se connaissent professionnellement J’apprends, au détour d’une conversation, que leur entreprise est mécène du festival…Je crains le pire….Mais pourquoi viennent-ils voir Anne… ??

« Raga for the Rainy Season » commence. Sur une musique d’un raga indien, me voilà hypnotisé pendant 60 minutes, où 9 danseurs (dont un homme) accompagnent cette musique si étrangère à nos oreilles d’occidentaux. Les mouvements sont chaotiques, désordonnés et en même temps construits. Tout nous invite à relier, à avoir l’œil sur cette immense scène, à suivre avec enchantement le jeu des danseurs avec leur jupe blanche. Je m’étonne de me laisser aller à ce point même si je ne ressens paradoxalement que peu d’émotions. Anne Teresa de Keermaeker a créée une œuvre beaucoup plus hermétique, moins légère car elle interroge notre aptitude à nous laisser porter par le chaos.

D’Inde, nous sommes projeté dans l’univers du Jazz de John Coltrane pour le deuxième spectacle (« A love supreme »). 4 danseurs toujours en blanc; deux hommes, deux femmes. Un homme, grand et svelte, illumine ce spectacle par sa force et la complexité de ses mouvements…Il est le Jazz ! Les 3 autres ne ressentent pas la puissance de cette musique et cela se voit. J’assiste à un quartet en perte progressive de vitesse où chacun fait sa performance, comme dans un spectacle de hip hop.

Le public applaudit mollement, déboussolé par ces deux univers si éloignés. J’ai le sentiment qu’au lieu de se compléter, ces deux spectacles s’annulent ou s’opposent (les réactions du public à la sortie étaient éloquentes : « lequel des deux as-tu préféré ? »).

Mais le contexte a joué. Ces deux pièces étaient – elles adaptées au festival de Marseille et à son public ? Que vient-il chercher alors que mes voisins ont fait preuve tout au long du spectacle de leur mauvaise humeur…et de leur irrespect envers une œuvre artistique.

Que vient chercher ce public ?

Je ne revois pas A. et son amie. Satisfaites ou remboursées ?

 

Départ d’Aix en Provence à 20h30 pour le Festival de Marseille. Le « Nederlands Dans Theater » est à l’affiche ce soir. Je décide de passer par la corniche…Le spectacle est merveilleux: la mer est déchaînée et les couleurs du coucher du soleil me font oublier cette journée marquée par les feux de forêt (2h pour faire Avignon – Aix!).

Arrivée au Parc Henri Fabre, une jeune femme m’informe que le spectacle est annulé à cause du mistral… »pour raison de sécurité ». Je suis un peu étonné…À cette heure précise, le mistral est en perte notable de vitesse, comme prévu par Météo France. Mais surtout, j’ai encore le souvenir de spectacles de danse dans la cour d’honneur en Avignon qui n’ont jamais été annulés pour cause de mistral!

Dimanche, voyage en Belgique avec Anne Teresa De Keersmaeker, toujours au festival de Marseille. Le mistral aura disparu pour se préparer sûrement à envahir la Cour d’Honneur dès le 8 juillet!

Je repars, frustré, voyant dans cette annulation un signe…Mais lequel? Je m’amuse à faire des liens: le Nederlands Dans Theater – Festival de Marseille; Pays – Bas – France; « non » – « non »…Le référendum laisse des traces…Je suis fatigué…

A dimanche..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ca y est…La fièvre monte à quelques jours du début des festivités. C’est aussi le moment où je réfléchis activement au contenu de ce blog. Pour quoi? Pour qui? Comment? Avec qui? Ce blog, c’est  Peggy  qui m’en a soufflé l’idée!

J’espère pouvoir partager ma passion pour les festivals et la relier avec d’autres  (avec la montagne, l’Europe, la pensée complexe, la radio, Toulouse, La Corse, la politique, ..???) et pourquoi pas créer des passerelles avec d’autres blogs…En fait, j’aimerais bien tisser un réseau d’internautes pour croiser les regards. Vaste programme…Je vais tenter l’expérience et j’espère faire de cet espace, le rendez-vous majeur des festivaliers et des curieux!

Quelques précisions sur « l’environnement » de ce blog! Il a fallut le décorer, moi qui suis si peu patient dès qu’il s’agit d’informatique ce qui explique en grande partie son apparente austérité!

J’ai  choisis le bleu, en hommage à (feu) la Constitution Européenne!  La période des festivals, c’est la rencontre avec l’Europe. Cette année, elle est prometteuse: Avignon fait la part belle à la Flandre à travers Jan Fabre, artiste associé à la programmation; « Danse à Aix » accueille le chorégraphe portugais Rui Horta, le suisse Gilles Jobin; le festival de Marseille accueille la Needcompany, de Jan Lauwers et son actrice préférée Viviane De Muynck (en photo),  magnifique dans la « Chambre d’Isabella » , pièce découverte et ovationnée l’an dernier en Avignon!…. Depuis, je n’ai cessé  d’y repenser, de la conseiller à mes amis lors de son passage à Toulouse, à Paris, à Evry, et à Bruxelles! J’ai même proféré des menaces (« Si vous n’y allez pas, vous n’êtes plus mes amis! »). Vous l’aurez compris, j’ai décidé de revoir cette pièce,  en compagnie d’amis très chers pour leur faire partager ce bonheur! Mais pourquoi donc le Festival « Danse à Aix » ne l’a pas  programmé cette année? Ce n’est pas faute d’une avoir parlé de façon informelle à son Directeur l’été dernier!

Ma passion pour l’Europe, je la dois en grande partie aux festivals de l’été qui m’ont fait connaître d’autres cultures, d’autres codes et des rapports différents entre l’artiste et le public. Si le conflit des intermittents et la colère sociale étaient en bruit de fond l’an dernier, nul doute que le projet Européen s’invitera dans les spectacles et les débats qui s’ensuivront. J’ai donc crée une catégorie, « L’Europe et la culture« , sans trop savoir ce que je vais y glisser. Alors, pour débuter, deux articles d’Edgar Morin, théoricien de la pensée complexe,  pour m’accompagner dans le lien entre culture et Europe!

Vous trouverez la catégorie « Mon regard sur les spectacles » où chaque jour je retracerais ma vision des spectacles: entre ressentis bruts et regards distanciés, j’espère pouvoir passer à l’écrit et dépasser ma réserve dès qu’il s’agit de faire partager mes sensations de spectateur!

 

 

Les catégories « Lien vers les artistes » et « Mes découvertes » visent à approfondir l’univers des artistes vu au cours des festivals et à faire partager mes coups de coeur culturels en dehors des festivals. Ainsi, le groupe Pop Rock « Arcade Fire » aura droit à une place de choix dans les prochains jours!

Pour finir, je compte sur FIP, célèbre bijou de Radio France pour m’accompagner dans mes différents écrits.

Nous sommes le 30 juin 2005. Demain, l’aventure commence au festival de Marseille avec le Nederlands Dans Theater . L’Europe au rendez-vous…Marseille en toile de fond…et ce blog dans la tête!

Bon été à tous!

Pascal Bély.

 

 

 

Chaque année, je me prépare pour de beaux rendez-vous. Voici quelques spectacles à ne pas manquer sachant que la programmation d’Avignon est palpitante; celle de « Danse à Aix » me laisse pour l’instant dans l’expectative tandis que le Festival de Marseille prend peu de risques (avec son public, on ne sait jamais !) :

Vais-je lasser mes fidèles lecteurs ? (!) « La Chambre d’Isabella » de la Needcompany est à Marseille le 6 juillet ! Pour les retardataires, plus aucune excuse puisque la grande Viviane De Muynck sera au Théâtre des Salins en début d’année 2006! Elle devrait conquérir le public chaleureux de Martigues ! Restons avec la Needcompany pour leur création en Avignon (Needlapb 10) pour 3 soirées les 18, 19 et 20 juillet.

Partons pour Aix ou le Festival « Danse à Aix » tente de se distinguer entre Marseille et Avignon dans un contexte culturel Aixois plombé par une politique municipale culturelle illisible :
– Le chef d’oeuvre d’Angelin Preljocaj (« Near Life Expérience ») est  programmé en dehors du festival le 6 août, à l’Archevêché (cherchez l’erreur !). Sa dernière création (plus légère), « Les 4 saisons »  sera visible à Chateauvallon le 15 juillet.

–  A retenir, le chorégraphe suisse Gilles Jobin le 30 juillet, découvert pour ma part l’an dernier à Montpellier Danse. Sa dernière création « Parano Fondation »,  a séduit lors de son passage au Théâtre de la Ville à Paris et le journal de la culture d’Arte lui a consacré un beau reportage. Malheureusement, le même soir, je suis à l’Archevêché pour « Cosi Fan Tutte »!
– Le chorégraphe marseillais Michel Kelemenis revient en force cette année à Aix avec sa création « Aphorismes géométriques ». J’espère être conquis tant le langage de cet artiste ne m’a pas toujours convaincu!


– Le chorégraphe portugais Rui Horta, les 29 et 30 juillet, avec « O Espaço do Tempo ».   Découvert en 2000 au festival de Vaison la Romaine, il m’avais séduit par la sensualité de sa danse.
– A noter aussi, la chorégraphe sud – africaine Robyn Orlin. Découverte cet hiver au Théâtre des Salins de Martigues, où sa créativité et son regard décalé sur l’occident avaient conquis le public !

Au festival d’Avignon :

– Jan Fabre et « l’histoire des larmes » dans la Cour d’Honneur devrait une nouvelle fois bousculer le public d’Avignon. J’ai toujours été sensible au travail de ce chorégraphe – plasticien – metteur en scène qui transforme les sécrétions de notre corps en liquide magique! Les 8, 9, 10, 12 et 13 juillet avec ou sans mistral!
– Christine Angot et Mathilde Monnier dans « La place du singe« . Les échos du festival Montpellier Danse sont bons. Leur interview dans le magazine Têtu m’a donné envie de voir le fruit de leur collaboration. A ne pas manquer, en Avignon les 23, 24, 25, 26 et 27 juillet
–  Toujours Mathilde Monnier mais seule cette fois-ci pour « Frère et soeur« , à la Cour d’Honneur. J’aime cette chorégraphe pour sa sensibilité à fleur de peau. Un beau moment en perspective  les 20, 21, 23, 24, 25, 26 et 27 juillet.
– Rendez-vous avec Joseph Nadj, habitué d’Avignon avec Last Landscape, une performance du chorégraphe – danseur avec le percussionniste Vladimir Tarasov ; un mélange des genres qui ne fait décidemment pas peur à cet artiste qui a l’habitude de la pluridisciplinarité ! Du 11 au 24 juillet. (http://)

– A voir aussi Wim Vandekeybus, et Christian Rizzo : je ne connais pas ces deux chorégraphes mais les échos dans la presse cet hiver furent très bons !
– Coté théâtre, comment ne pas conseiller l’épopée théâtrale d’Olivier Py en Avignon? 9h de théâtre, entrecoupé d’entractes conviviales! « Les vainqueurs » les 10, 11, 13, 14, et 16 juillet devrait nous combler de bonheur
– Côté scène flamande, Jan Decorte avec « Dieu et les esprits vivants » du 9 au 13 juillet. Vincent Baudriller, co-directeur du Festival, semblait enthousiaste lors de la présentation du programme en mai dernier de nous présenter cet artiste.
– Deux metteurs en scène attirent mon attention: Jean – François Sivadier et Jean – Françis Peyret. Je ne les connais pas mais la lecture du synopsis sur le site du Festival m’intrigue. C’est une bonne raison pour les recommander, non?!
Concernant le reste de la programmation d’Avignon, ce sera pour moi une totale découverte. Il y aura la perle rare, comme en 2004, où personne n’attendait le succés de la Needcompany avec « La Chambre D’Isabella ». Un an après, j’en parle encore et je revois le spectacle ce soir une deuxième fois.
La Flandre nous fait décidemment du bien depuis quelques années…

A lire sur le même sujet: le bilan de l’édition 2005 du Festival « Danse à Aix ».