Archives mensuelles : novembre 2011

Ce spectacle est un accueil. Global. Enveloppant. Sécurisant. J’en sors apaisé après de longues journées de travail sur moi, avec et vers les autres. Julie Rey et Arnaud Cathrine ne font pas le même métier que le mien, mais nous appartenons à la même espèce, de celle qui rend visible l’invisible, de celle qui s’appuie sur l’écoute pour une métamorphose. Tous deux ont accueilli la parole de quatre patients rencontrés dans un hôpital psychiatrique (Nora, Kléber, Virgile et Héloïse), pour mettre en scène un spectacle musical.… lire la suite

Elles sont onze, elles sont cent, elles sont mille, elles sont une, pour faire gronder la terre depuis le tréfonds des ventres et faire advenir la musique. Il est un et les invite à tonner. Elles se nomment Marie-Laure, Marianne, Karine, Carole, Capucine, Soleil, Isabelle, Clémentine, Aurélie, Stéphanie, Sandra…Elles portent, ensemble et seules, le nom de toutes les femmes qui ont traversé l’H/histoire et  fondent là, une à une, pour toutes, le chant d’une humanité en marche.

Sur une écriture au cordeau, Olivier Dubois magnifie la… lire la suite

Cela fait vingt ans qu’elle entraîne avec elle des minots et des plus âgés (amateurs et professionnels) dans ses aventures chorégraphiques. Installée à Aix en Provence, Josette Baïz parcourt la France et l’Europe et nous accompagne à nous projeter dans la danse, cet art qui  véhicule tant de fantasmes,  de mystère, de peurs, de désirs inavoués. Avec Josette Baïz, les enfants sur scène, sont les nôtres, sous la responsabilité de notre regard bienveillant. Parce qu’eux, c’était peut-être nous?

Ce soir, au Grand Théâtre de Provence à Aix, elle… lire la suite

Les 13 et 14 septembre 2011, j’ai visité les expositions de la Biennale de Lyon dans le cadre des rencontres professionnelles. L’accueil y était chaleureux et la déambulation plutôt agréable. Deux mois plus tard, j’y accompagne un ami, mais le contexte a changé : de nombreux visiteurs sont venus. Quelques oeuvres majeures sont détériorées quand ce n’est pas leur sens qui est détourné. Quelques exemples..

– Les céramiques de Katinka Bock sont dorénavant protégées par une ligne blanche et un cordon. Cette oeuvre, libérée des contraintes d’exposition, puisait… lire la suite

Assis, dos à nous, ils semblent contenir, sagement, le bouillonnement qui les lancerait volontiers vers l’homme qui fait musique, assis, lui, face à nous. 

Ils m’apparaissent comme deux enfants, face à une boite à image, comme « robotiques », bien sages, qui tenteraient de jouer avec les limites d’un «autorisé» pour pouvoir, malgré tout, lancer leur corps dans la «pagaille» qu’ouvre en eux le son. Ils sont comme des «petits» qui doseraient leur bouillonnement pour ne pas risquer de se faire «arrêter» par des adultes trop normés… lire la suite

C’est un «bon» Decouflé à la piscine Saint George (monument aquatique art déco du centre-ville de Rennes). Ce soir, la coiffe (bretonne) est de mise au bord du bassin..

Du clin d’oeil des années Esther Williams, aux fantasmes éveillés par les piscines municipales, des cabines au bassin, d’un bord à l’autre, les genres se troublent et les délires explosent.

De l’accueil au final, un spectacle tiré au cordeau est offert aux heureux spectateurs du festival «Mettre en scène». L’impromptu est annoncé comme un «event», à… lire la suite

J’ai connu le chorégraphe Philippe Lafeuille en 2009 lors d’une correspondance où il saluait et encourageait mon travail de spectateur. Expert danse à la DRAC Ile de France, il pressentait que les commissions d’attribution des subventions aux compagnies s’ouvriraient tôt ou tard aux spectateurs engagés.

En janvier 2011, pour accompagner sa création «Cendrillon, Ballet Recyclable», il fonda sa compagnie «La Feuille d’Automne». Il me demanda d’en être le Président. J’ai accepté, conscient de la portée symbolique de cette proposition.

Avant l’été, Vanessa Charles (Conseillère Danse à… lire la suite

C’est un rendez-vous, tant désiré, depuis tant d’années. «Pudique Acide». «Extasis».

Les titres sont en soi un poème. Reliées entre eux, ils forment un ensemble entre passé (ces oeuvres datent de 1984 et 1985), présent (Mathilde Monnier et Jean-François Duroure en proposent une recréation) et futur (les deux danseurs, Sonia Darbois et Jonathan Pranlas im(ex)plosent par leur jeunesse).

Enchevêtrées, cet ensemble tisse entre nous et la danse, un lien qui traverse les générations de spectateurs et d’artistes. À n’en pas douter,… lire la suite

Le final est saisissant. Plus aucun corps sur scène…et notre imagination prend corps. Le commencement est inattendu. Un homme remballe une poubelle qui déborde. Le public rit puis applaudit: le temps est-il venu de jeter aux ordures les vieilles idées, les représentations usées jusqu’à la corde? Le chorégraphe Philippe Lafeuille nous y invite, avec délicatesse et humour.

Entre ces deux moments, «Cendrillon, ballet recyclable» pour sept danseurs masculins est une proposition politique: danser, c’est résister; résister c’est faire danser le corps créatif pour mettre en mouvement nos… lire la suite

Elle est assise face à nous. Avec son micro, elle nous cherche du regard puis nous interpelle : «j’ai besoin de vos retours, même si vous vous êtes ennuyé». La chorégraphe Danya Hammoud a confiance dans le cadre posé par Michel Kelemenis pour « Questions de danse » à Marseille: présenter une étape d’un processus de création puis ouvrir un dialogue avec le public.

Il prend la parole. Il est directeur adjoint d’un festival local. Il évoque le  travail antérieur de Danya Hammoud. Personne… lire la suite