Elle est assise face à nous. Avec son micro, elle nous cherche du regard puis nous interpelle : «j’ai besoin de vos retours, même si vous vous êtes ennuyé». La chorégraphe Danya Hammoud a confiance dans le cadre posé par Michel Kelemenis pour « Questions de danse » à Marseille: présenter une étape d’un processus de création puis ouvrir un dialogue avec le public.

Il prend la parole. Il est directeur adjoint d’un festival local. Il évoque le  travail antérieur de Danya Hammoud. Personne dans la salle n’a vu l’extrait du spectacle auquel il fait référence. Il regrette de ne pas retrouver ce qu’il avait semble-t-il aimé au mois d’avril dernier. Il précise même les points techniques qui font défaut ce soir. Implicitement, il fait comprendre à Danya Hammoud qu’elle ne sera pas programmée dans son festival.

De dos, du haut de son petit pupitre de jury, ce directeur adjoint joue à la Star Académy. La scène est d’une violence sociale inouïe (même dans le secteur privé, c’est un peu plus doux). Plutôt que de partager un ici et maintenant, ce professionnel exerce son pouvoir de vie et de mort sur les artistes.

Que ce directeur adjoint sache que mon émotion est à la hauteur de l’insulte.

Pascal Bély, Le Tadorne.

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