Archives mensuelles : juin 2007

La force d’un festival, c’est de tisser des liens invisibles entre les oeuvres. Quitter Christian Rizzo à 20 heures au Chai du Terral pour retrouver Mathilde Monnier à 21 heures au Théâtre de Grammont est une invitation pour le festivalier à chercher une cohérence, tel un jeu de pistes. D’un puissant solo à neuf danseurs, le défi est excitant ! Mais au final, un grand écart, un mal de tête et une profonde déception couronnent mes efforts. Habité par la vision sublime de Rizzo, j’atterris sur le gazon de… lire la suite

rizzo.JPGJe l'attends. Après le Festival d'Avignon en 2005 où il fit scandale, Christian Rizzo est de retour et offre à Montpellier Danse sa dernière création, « B.c, Janvier 1545, Fontainebleau ». Ce titre, toujours plus énigmatique, est à l'image de sa danse : ailleurs. Ce chorégraphe est unique tant ses projets ne correspondent à aucun courant, à aucune génération. Il est poète.
Imaginez?Une scène blanche avec des figures en tissu et mousse qui pendent du plafond (animaux génétiquement modifiés, reliques du grenier transformées par l'air du temps ?). Elle arrive, en talons… lire la suite

La scène de la Cour des Ursulines est à l'image d'un chantier. Des gravats et des morceaux de plastique font office de décor comme si tout était à (re)construire. Ce soir, deux pièces de Dominique Bagouet (« Une danse blanche avec Éliane » et « F et Stein – réinterprétation ») s'y jouent pour peut-être tout remettre en chantier? C'est un moment important : je n'ai jamais connu ce chorégraphe, mais je me souviens de sa mort comme d'un tremblement de terre dans le milieu culturel et d'un choc pour les… lire la suite

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Il est plasticien et performer (Patrickandrédepuis1966) ; elle est chorégraphe (Christine Jouve). Ensemble, ils nous convient au Théâtre du Hangar pour l'ouverture du Festival « Montpellier Danse » et pour explorer un lien : celui de la France et de l'Algérie.
De chaque côté de la scène, comme en écho, toute une série d'objets posés à terre comme autant de reliques, de matières prêtes à être transformées pour expliquer la complexité de ce lien qui n'en finit pas de nous traverser intimement et collectivement. Cette recherche est d'autant plus « explosive » que la France n'a… lire la suite

Les Ballets Preljocaj ne manquent pas de courage : à vouloir présenter trois créations d'époques différentes la même soirée (1995, 1998 et 2007, pour « Eldorado »), le spectateur risque de chercher la cohérence, de repérer les évolutions. D'autant plus que ces trois ?uvres clôturent leur première année au c?ur du Centre Chorégraphique National, «Le Pavillon Noir ». Cette soirée sonne le bilan d'un Ballet enfermé dans sa tour d'ivoire, acquis à son public aixois qui lui pardonne tout (même la piètre qualité de la saison).

 

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Etant un non professionnel, cette période festivalière m’oblige à faire des choix à la fois culturels et économiques. À ce jeu, le perdant est sans aucun doute le Festival de Marseille (du 19 juin au 13 juillet). Le prix des places s'envole (frais de location de 2 euros par billet si vous passez par internet, 1 euro par téléphone) et la multiplication des « pass » (on se croirait à Carrefour) ne favorise guère la transparence. Ce festival semble toujours orienté vers une certaine classe de la population (je m'en étais… lire la suite

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A l'image du Théâtre du Merlan, le Festival de Marseille vagabonde pour l'ouverture de sa programmation. Le rendez-vous est pris au Cercle des Nageurs pour célébrer le vingtième anniversaire de la création du chorégraphe Daniel Larrieu, « Waterproof ». La piscine est bondée : 28° dans l'eau, 30° dans l'air et je jubile de voir l'art investir des lieux improbables. Ils sont neuf danseurs que l'on distingue à peine et trois écrans vidéo comme autant d'intermèdes de ce voyage aquatique d'une heure.. Entre eux et nous, il y a l'eau, un univers artistique… lire la suite

Deux chroniques sur une même oeuvre: l’une écrite lors du Festival d’Avignon en 2006, l’autre du Théâtre des Bouffes du Nord à Paris en juin 2007.

Il y a des moments dans une vie où l'on est fier de clamer : « J'y étais ». C'est la dernière journée du Festival, autant dire que le corps commence à lâcher, les jambes et la tête se font lourdes. Il fait 39° et le ciel me plombe alors que je marche vers l'Église des Célestins. « Paso Doble » du peintre espagnol… lire la suite