THEATRE FRANCAIS CONTEMPORAIN

Mais qu’est-ce qu’il nous arrive pour nous sentir aussi bien au théâtre ? Ce soir, nous sommes une petite cinquantaine de spectateurs à nous tenir groupés à « La Cité », lieu accueillant au coeur de Marseille, pour « nous ne nous étions jamais rencontrés », spectacle créé par Michel André et Florence Lloret. Tout est dans le titre : à cet instant, tout nous paraît possible, parce que le théâtre s’apprête à opérer LA rencontre.  Avec la jeunesse. Celle justement qui… lire la suite

« Ce qui m’intéresse principalement aujourd’hui c’est que le spectateur ne soit plus placé devant une oeuvre, mais qu’il pénètre à l’intérieur de l’oeuvre » déclare Christian Boltanski au sujet de « Personnes », l’exposition qu’il donne à voir jusqu’au 21 février au Grand Palais.

Dans la « Mélancolie des Dragons« , actuellement au Théâtre du Rond-Point des Champs-Elysées, Philippe Quesne nous fait pénétrer dans le parc d’attractions de six hommes aux cheveux longs, amoureux des groupes de hard rock des années… lire la suite

Il y a du beau, de la poésie, du cruel, du sensible et de l’humain dans l’écriture de François Cervantes. « La Table du Fond » et « Silence » n’échappent pas à la règle. Et quelle aubaine de voir dans une même soirée ces deux propositions !

La Scène de Cavaillon, partie en nomade dans les collèges proches de Cavaillon pour proposer ce diptyque, permet alors de concilier l’histoire (celle de Franck, jeune collégien) et la réalité du lieu. A entrer dans… lire la suite

 

Au-delà d’une magnifique scénographie, d’un décor inventif  et d’une très belle lumière, c’est à une mise en scène très chorégraphiée que nous invite Eric Lacascade. Son adaptation des « estivants » de Maxime Gorki est une invitation à entrer dans la danse pour mieux y saisir les travers de nos errances et la fragilité de notre aujourd’hui.

Nous sommes loin d’un théâtre de l’esbroufe et du clinquant, tout en étant dans le plaisir visuel d’une occupation de l’espace scénique joliment orchestrée. Les déplacements du décor… lire la suite

Les « amateurs », vous, moi, avons le vent en poupe. Nous abreuvons internet de notre créativité, de notre réactivité ; nous tissons les liens sociaux via le réseau associatif et le secteur mutualiste. Le « réseau invisible » remet de l’interaction et des valeurs au coeur du système économique et d’un corps social éclaté par la perte des repères. Nous inondons les « verticalités descendantes » de visions chaotiques obligeant les institutions à revoir leur modèle industrialisé de la relation.  … lire la suite

C’est mon premier spectacle de l’année 2010, la première « migration ». D’autres suivront. Me voilà donc au Théâtre des Salins de Martigues, pour « le retour au désert » de Bernard-Marie Koltès, mise en scène par Catherine Marnas. Cela vient après une période des fêtes mise à profit pour mettre en résonance les oeuvres vues en 2009 tout en réfléchissant sur mon positionnement de blogueur. Autant dire que j’ai pris pas mal de hauteur, que je me sens différent, flottant, ailleurs.… lire la suite

Avec les créations de l’auteur et metteur en scène Hubert Colas, le parcours du spectateur a parfois toutes les allures d’un pèlerinage . Il vous conduit d’abord à Aubagne, où vous écoutez un légionnaire vous enivrer de sentences engagées et éclatées (« Mon képi blanc »). Puis, à Marseille, où vous rencontrez une jeune immigrée tchétchène, sidérante avec ses mots dictés comme des balles qui percent votre corps (« Chto, interdit aux moins de 15 ans »). Vous poursuivez votre périple, à Nice, dans une… lire la suite

«J’irais les chercher jusque dans les chiottes». C’est ainsi que parlait l’ami de notre Président, au sujet des Tchétchènes. Cette phrase « poutiniare », la comédienne Claire Delaporte l’extirpe de ses tripes, face à nous, dans ce décor blanc tapissé de matelas au sol. Elle joue dans « CHTO interdit aux moins de 15 ans » d’après Sonia Chiambretto, mise en scène par Hubert Colas. Elle incarne ces filles de 18 ans rencontrées par l’auteur dans un centre d’apprentissage de la langue française. Elles ont fui… lire la suite

Comment se rétablir du calamiteux « Casimir et Caroline »  présenté à la Cour d’Honneur ? Comment échapper, le temps d’une soirée, à la nostalgie rampante qui envahit les rues d’Avignon à quelques jours de la clôture des festivités ? Direction Limoux, pour le festival « NAVA » (« nouveaux auteurs dans la vallée de l’Aude ») dont le projet vise à promouvoir  des textes, mis en espace puis lus et joués par des acteurs. Ils n’ont généralement que quelques… lire la suite

« J’ai décidé d’arrêter le récit ici. Pour ceux et celles qui souhaitent le poursuivre, je vous renvoie à… ». C’est ainsi que se termine l’effroyable récit.

Le souffle court, il faut fermer les yeux pour éviter la lumière éblouissante d’un carré blanc. Il avance lentement, à l’image des wagons de la déportation. Le récit laissé en héritage par Zalmen Gradowski, déporté, affecté au Soderkommando, durant la seconde guerre mondiale, s’est déroulé avec lenteur.

Nous fermons les yeux afin d’échapper à ce carré blanc qui écrase. … lire la suite