« Bla, bla, bla« : les mots se succèdent et la lassitude se creuse dans cet air-plane-movie du sentimentalisme multiculturel.

« France do Brasil », mis en scène par Eva Doumbia, est un assemblage de textes écrits par Aristide Tarnagda, originaire du Burkina Faso, suite à des improvisations faites par les acteurs qui composent la troupe multiethnique (brésilien, africain, français, arabe?) de « La part du Pauvre ».

À la lecture du résumé dans le programme, j’entrevois le sens polymorphe de l’être humain qui s’avère…inracontable ! France, écrivaine, brésilienne de naissance, vient en France pour des études. Elle laisse deux amours : un homme, qui succombera à une overdose (on est au Brésil après tout), et la soeur de cet homme avec qui elle a eu une liaison (pour le côté sulfureux du Brésil ?). Après quelques années passées sur notre territoire, et suite au refus de son éditeur au sujet de son dernier roman qui traite de l’identité nationale, elle rentre au Brésil et convoque l’ensemble des personnages de ce roman. On y parle d’identité, d’appartenance, d’héritage familial et culturel.

Un brassage de moeurs, d’histoires plus personnelles les unes que les autres, des allers-retours France-Brésil, un amour lesbien, de la drogue, un mort, des sans-papiers, des clichés gros mon point (ah la coiffeuse africaine !) et la violence, point d’orgue de cet air-plane-movie théâtral « abracadrabentesque ». Mon passeport en règle, j’embarque dans cette histoire. Ou plutôt, je reste collé au tarmac, halluciné par l’enchaînement des situations, zappant d’un point à un autre de la scène avec pour fil conducteur la lumière délimitant les espaces, les lieux et le temps. L’économie de la direction d’acteurs, où chaque protagoniste a son temps de paroles bien réparti, ne décolle pas du plateau.

J’assiste, impuissant, à une discussion, sans sentiment, sans envie et sans grande conviction. Un échange entre amis dans lequel chacun a son propre mot à dire sans pour autant trouver une résonance. Un bla-bla insipide qui aurait dû m’emmener loin de Marseille, quelque part au-dessus de nos têtes, à la rencontre de nos identités.

Rendez-vous manqué.

Laurent Bourbousson – www.festivalier.net 

« France do Brasil » a été joué les 27, 28, 29 janvier 2010 au Théâtre du Merlan. À noter que France Do Brasil est labellisé « França.Br2009 » pour l’année de la France au Brésil.

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