« Ceci, il ne faut pas le rater », « Lui, il faut aller le voir », « Là, c’est si génial ». Je bouillonne à l’idée de vous faire partager mes coups de foudre théâtraux pour qu’ils résonnent dans le contexte chaotique de ce mois de novembre.

En finir avec l’ère Bush
Cap sur le Japon avec une ?uvre qui restera un choc esthétique pour longtemps. C’est à Paris, dans le cadre du Festival d’Automne. Lui, c’est Toshiki Okada, jeune metteur en scène découvert à Bruxelles en 2007. Avec « Five days in march » (photo), il signe une mise en scène époustouflante où les mots et les corps se suffisent à eux-mêmes pour mettre en abyme la guerre en Irak et le dés?uvrement d’une jeunesse en quête de valeurs. Comment pourriez-vous passer à côté de ce chef d’?uvre ? C’est au Théâtre2Genevilliers et on y court (du 17 au 22 novembre).
Il vous restera beaucoup d’énergie pour franchir le périphérique et vous rendre au «104» pour la deuxième pièce d’Okada (« Free time ») du 25 au 29 novembre. Ici, recentrage sur la famille japonaise. Elle manque d’air au risque de vous étouffer. Tenez jusqu’au bout, car Okada a du souffle.
Au Théâtre de la Colline à Paris, jusqu’au 27 novembre, « Face au mur », mise en scène d’Hubert Colas sur un texte de Martin Crimp devrait aussi vous réjouir. Des comédiens exceptionnels pour trois textes percutants sur notre époque en fin de cycle. Le final musical d’Arcade Fire prouve, s’il était besoin, qu’Hubert Colas est un metteur en scène sur le coup.

Se questionner sur le pouvoir.
« Le silence des communistes » de Jean-Pierre Vincent devrait faire grand bruit dans trois villes (Blois, Nancy, Belfort). Outre que ces acteurs sont épatants de vérité, le débat qui accompagnera la pièce devrait mettre pas mal d’ambiance. À ne manquer sous aucun prétexte à l’heure où le Parti Socialiste cherche sa voie.
Le débat devrait trouver son prolongement avec « Mefisto For Ever » de Guy Cassiers où un directeur de théâtre « collabore » avec les nazis puis avec les alliés. Spectacle troublant, magnifique qui devrait provoquer des échanges nourris entre acteurs culturels et spectateurs sur le rôle de la culture en ces temps troublés. Alors que l’affaire de la Comédie Française et de la MC93 fait grand bruit, l’?uvre de Guy Cassiers fait du vacarme dans un pays sourdingue (à voir les 7 et 8 novembre à Reims, 13 au 15 novembre au MC2 de Grenoble, 25 et 26 /11 à Martigues)


Oups
envoyé par vlalavouivre

Faire tomber le masque.
« Une île » de François Cervantes sera présentée les 21 et 22 novembre à Gap. Beau spectacle où votre imaginaire pourrait bien divaguer, doucement, à la frontière de la mort et de la folie. La comédienne Catherine Germain y est exceptionnelle.
  « Ne pensez-vous pas que le cerveau est la partie la plus sexy du corps humain ? » demande Jan Fabre dans un dialogue avec le biologiste Edward O. Wilson, « Pourquoi ? » demande le biologiste. « Parce qu’il est le siège de l’imaginaire« . « Oups + Opus » de la Compagnie La Vouivre est l’une des révélations sexy de l’année. Beynes, La Tronche, Grenoble, Rouen accueillent cette pièce hors du commun des mortels.
Plus sexy encore, « Domestic Flight » de la Compagnie La Zouze, tombent les masques au Théâtre des Bernardines de Marseille les 19 et 20 novembre 2008. Le chorégraphe Christophe Haleb signe là un ovni chorégraphique sur le genre qui ne manquera pas de vous trans – former. Le succès du Festival Off d’Avignon.
Vanessa Van Durme a tombé le masque depuis bien longtemps. Le corps c’est toute sa vie ! « Regarde maman, je danse » est une ?uvre sensible, émouvante dans la description minutieuse et ironique du processus de transformation d’un homme en femme. De passage à Gap les 28 et 29 novembre.

Rendez-vous donc en décembre pour refaire le point. Il y aura peut-être de la neige à Noël.

Pascal Bély – www.festivalier.net

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