"Visa pour l'image" à Perpignan du 28 août au 12 septembre.
La Biennale de la Danse à Lyon du 4 septembre au 10 octobre 2010.
Le Festival ACTORAL à Marseille du 25 septembre au 13 octobre 2010.
Le Printemps de Septembre à Toulouse du 24 septembre au 17 octobre.
Le Festival d'Automne à Paris du 9 septembre au 31 décembre.
Ils sont quatre, deux hommes, deux femmes, habillés comme vous et moi. Ils nous ressembleraient avec leurs habits noirs, leur regard vague et leur démarche
pesante. Seraient-ils à la recherche du sens? Leur voix, monocorde, ennuie. Seraient-ils nos contemporains?
À la mort de leur ami peintre, ils décident de faire
le voyage, en mer, pour ramener son modèle: une jeune femme silencieuse. Les voilà qui débarquent sur une île, tels des naufragés où ils font d’étranges rencontres: l’adolescente et sa mère, le
fou, le soldat, le vieil homme, le kamikaze, pour ne citer que ceux qui habitent ma mémoire. La scène est dépouillée ; ils ont deux heures pour nous inviter à faire le voyage, pour
franchir la ligne qui sépare notre vision linéaire de l’existence et celle qu’ils nous proposent, plus complexe. C’est ainsi que je vais vivre, avec eux, un aller-retour permanent entre notre
continent où la guerre pour survivre fait rage et l’île de notre inconscient (ce), où l’on peut regarder sa vie en face, de biais, d’un arbre, d’un rocher, d’un livre composé de toutes les
lettres restées sans réponse.
Il faut tout
le talent du metteur en scène François Cervantes et de sa troupe (impressionnante Catherine Germain) pour nous aider à lâcher, à faire le voyage dans ce théâtre d’ombres et de lumières, de
visages et de masques. Magnifique “entreprise” qui consiste à nous parler d’amour avec les masques d’une telle sincérité, modelés par nos rêves d’enfants, nos désirs d’adolescent, nos peurs de
mourir, et nos fantasmes guerriers. En s’affranchissant magnifiquement des frontières entre la vie et la mort, François Cervantes répare quelque chose en nous: cette île devient progressivement
la nôtre où les lumières et les morts-vivants s’allument pour s’éteindre comme dans un rêve éveillé où nous plongeons dans le bleu turquoise d’un morceau de tissu et nous y noyer.
Malgré tout, j’aurais aimé que les comédiens sans masques ne soient pas aussi détachés (intention de l’auteur ou faiblesse du texte?) pour me rassurer, me guider
un peu plus.
“L’île”, c’est de l’humanité, une douce folie, une invitation à penser joliment à sa propre mort.
“L’île” est un petit bijou théâtral, très fragile. Préservons là des vents contraires qui pourraient nous empêcher d’y accoster. Ils sont particulièrement turbulents en ce moment.
Pascal Bély
www.festivalier.net
Ps: lz deuxième photo est de Christophe Raynaud De Lage. A voir son book sur son site.
♥♥♥♥♥♥ “Une île", texte et mise en scène par François Cervantes a été
joué le 5 mars 2008 à la Friche Belle de Mai. A voir jusqu'au 15 mars 2008.
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