Après avoir croisé le chemin de Sasha Waltz, Benoît Lachambre, Emio Greco, Nasser Martin Gousset…, Laurie Young présente au Festival Uzès Danse sa première chorégraphie, provoquant pour ma part une certaine fébrilité.

« OmU »- titre de sa proposition – traite de ses questionnements et réflexions sur la notion d’identité.  N’est-il d’ailleurs pas le propre de chaque créateur de traiter de ses angoisses, de ses introspections ? Sauf que « OmU » se retrouve être une sorte de bric-à-brac d’analyses, d’idées qui finit dans l’incohérence la plus totale.

En jetant le trouble dès les premières minutes avec une projection d’images floues et des commentaires d’hommes et de femmes exposant ce qu’ils croient voir (une forme, une personne ?), nous oscillons entre le masculin et le féminin. La voix masculine décrie un aspect féminin et inversement. Amusant. La perception dépendrait-elle de notre rôle sexué, que l’argumentation est intéressante.

Apparaissent nos quatre danseurs. Alessio Bonaccorsi parfait androgyne colle à merveille au propos de Laurie Young. Troublé par l’image qui s’en dégage, je rejoins la question : « qui définit notre identité ? » La force de ce postulat est telle que je décide de m’abandonner dans les bras de Laurie Young pour sa démonstration.

Cependant, tout ne tourne pas autour de cette question. Laurie Young s’interroge aussi sur sa position face à la projection qu’en fait le public, autrement dit à sa posture d’interprète et de chorégraphe. Et c’est à ce moment que tout redevient flou. Retour à la case départ.

Je perds le fil conducteur pour me retrouver dans une mise en scène de goûter d’anniversaire sur une musique de A-HA (« Take on me »), sur des séances de maquillage filmées (travestir l’autre pour qu’il devienne autre que soi), sur la perte d’identité (couvrir tout le corps et ne plus voir de peau), sur la transformation d’Alessio Bonaccorsi, digne du roman de Kafka, sur un moment de parlotte durant lequel  les voix préenregistrées interférent dans les propos des danseurs. Les scènes se suivent et se zappent entre elles, finissent par me lâcher et rendre la proposition indigeste.

Je pense alors au dernier spectacle de Christian UBL qui interroge la place du spectateur et sur la valeur des applaudissements.

Le noir se fait. De timides applaudissements retentissent dans la cour de l’Archevêché. Je reste perplexe. Sans Klap, Klap.

Laurent Bourbousson- www.festivalier.net


?????? « OmU » de Laurie Young a été joué le 18 juin 2008 dans le cadre du Festival Uzès Danse.

© photo: Arnaud Poumarat

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