Archives mensuelles : mars 2008

 

J’aurais tant aimé vous en dire du bien. J’aurais tant voulu quitter le Théâtre de Cavaillon, heureux, ému d’avoir retrouvé sur scène mes racines ouvrières, mon héritage familial et syndical. J’aurais pu vous écrire un joli petit papier sur « les vivants et les morts » de Julien Bouffier d’après le roman de Gérard Mordillat. J’aurais pu…
Quatre heures, deux actes, dix comédiens (dont une journaliste vidéaste) et trois musiciens d’un groupe rock. Au final, je n’ai suivi qu’un acte, fatigué de ne voir que quelques acteurs, aux… lire la suite

 

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Peut-on confier le corps à n’importe qui, pour n’importe quoi ? « Elephant people » de Renaud Cojo est une oeuvre encore inclasssable. La liste des co-producteurs qui défilent sur l’écran est impressionnante (collectivités territoriales, scènes nationales, ministère, théâtre national, Adami, …):

Comment expliquer cette union « sacrée » pour une ?uvre aussi tragique sur la perte du sens ? Est-ce cela que l’on nous promet pour « démocratiser » le spectacle vivant ?  Et que penser de cette formule publicitaire idiote trouvée dans le programme du Théâtre du Merlan pour présenter le… lire la suite

FIP.jpgDepuis juillet dernier, la radio musicale de Radio France, FIP, est de retour à Marseille sur le 90.9. En octobre 2000, le sinistre PDG de l’époque, Jean-Marie Cavada, avait enlevé à ce joyau du service public plus de la moitié de ses émetteurs en France. Malgré la mobilisation sans précédent de ses auditeurs, FIP se repliait sur ses quatre fréquences restantes (Bordeaux, Paris, Nantes, Strasbourg).
C’est donc avec une certaine émotion que je réponds à l’invitation de FIP de rencontrer son équipe lors d’un forum organisé par la FNAC. Une… lire la suite

cetenfant1.jpg« Cet enfant » de Joël Pommerat ne facilite pas l’écriture. Depuis mardi dernier, je remets au jour suivant ce que d’habitude j’honore le lendemain du spectacle. Depuis, l’?uvre s’éloigne peu à peu. Ma créativité est bloquée et la mise en scène de Joël Pommerat me rend mutique.

Je revois encore cet orchestre rock, derrière un rideau flouté, composé des comédiens (ce dont j’ignore tout au long de la représentation !). Cet écran de fumée, métaphore d’un f?tus, d’où jaillit une musique maladroite entre différents tableaux (souvent pas plus de dix… lire la suite

Assis au premier rang, nous sommes quatre à ne plus pouvoir nous lever. Éblouis par ce que vient de nous offrir Pippo Delbono. Apeuré et curieux de revenir vers vous, chers lecteurs, après cette épopée imaginaire entre la vie et la mort. Comment vous décrire ce que me fait cet homme à chacune de ses créations? Comment évoquer « ma plus belle histoire d’amour » théâtrale? Barbara aurait-elle traversé le plateau ce soir du Théâtre du Merlan, robe noire sur décor à fond blanc, pour nous chanter «… lire la suite

« On ne peut pas rester insensible au théâtre de Pippo Delbono, ce metteur en scène est un génie. » C’est l’affirmation que j’ai réussi à formuler vingt quatre-heures après avoir vu « La Rabbia ».
Vingt quatre-heures, c’est long mais nécessaire. Plongé dans le mutisme le plus complet à la fin de la représentation, le silence et les images ont été mes seuls compagnons. « La Rabbia » (rage en français) bouleverse, émeut, fait rire, met le doigt là où ça… lire la suite

La chanteuse Claire Diterzi investit pour la deuxième fois la Scène Nationale de Cavaillon. À l'automne dernier, elle y était en résidence pour préparer son spectacle. Son album ?Tableau de chasse?, sorti en début d'année, est une traversée féerique au milieu d'?uvres d'art, repérées ici ou là dans les musées (de Rodin à Fragonard en passant par Allen Jones). Ce concert, très attendu, renouvelle le genre et ouvre la musique vers la vidéo où fusionne l'?uvre d'art avec l'univers loufoque et tourmenté de Claire Diterzi. Habillé en peau de vache… lire la suite

Il est impossible de parler de la danse.
Ce n'est pas une raison pour en parler n'importe comment.
Ce n'est pas une raison pour en parler en employant des mots pré-pensés, qui se reproduisent  ad nauseam de textes en textes, tels des pièges à connivence, des points de repères trop rassurants, vidés depuis longtemps de toute substance.
Ecrivons autrement.
Pensons autrement.
Pensons.
Je propose donc à mes camarades blogueurs d'adhérer à la chartre suivante, et de proscrire désormais de nos textes autour du spectacle vivant les 7 termes suivants:

Ils sont quatre, deux hommes, deux femmes, habillés comme vous et moi. Ils nous ressembleraient avec leurs habits noirs, leur regard vague et leur démarche pesante. Seraient-ils à la recherche du sens? Leur voix, monocorde, ennuie. Seraient-ils nos contemporains?
ile01.jpgÀ la mort de leur ami peintre, ils décident de faire le voyage, en mer, pour ramener son modèle: une jeune femme silencieuse. Les voilà qui débarquent sur une île, tels des naufragés où ils font d'étranges rencontres: l'adolescente et sa mère, le fou, le soldat, le vieil homme, le kamikaze,… lire la suite

Aurore est une jeune spectatrice. Tout au long de ?la saveur de l'autre? de Philippe Jamet au Théâtre du Merlan de Marseille, elle tousse. Bruyament. Aurore est malade et nous ne pouvons rien faire pour elle. Elle ne me gêne pas comme si le dispositif de Philippe Jamet dans le hall du théâtre m'avait aidé à accepter cette différence de ton… À notre arrivée à 19h30, différentes installations vidéos nous accueillent ; créées à partir d'actes quotidiens (pleurer, sauter, s'endormir, caresser, ?), ces émotions constituent un joli itinéraire, patchwork… lire la suite

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