La chanteuse Claire Diterzi investit pour la deuxième fois la Scène Nationale de Cavaillon. À l'automne dernier, elle y était en résidence pour préparer son spectacle. Son album ?Tableau de chasse?, sorti en début d'année, est une traversée féerique au milieu d'?uvres d'art, repérées ici ou là dans les musées (de Rodin à Fragonard en passant par Allen Jones). Ce concert, très attendu, renouvelle le genre et ouvre la musique vers la vidéo où fusionne l'?uvre d'art avec l'univers loufoque et tourmenté de Claire Diterzi. Habillé en peau de vache (!), elle débarque sur scène, déterminée à en découdre, entourée de deux superbes choristes échappées d’un gospel, d'une bassiste au regard transperçant, d'une violoniste rêveuse et d'un batteur, icône d'une publicité de Jean-Paul Gaultier. Ensemble, ils forment un aréopage de féministes avec la ferme intention de moderniser un musée archéologique! Si les guitares sont brandies comme des phallus triomphants chez les hommes, elles sont ici des instruments portées comme des bijoux, à l'image d'une musique qui brille par son ingéniosité et ses sonorités inattendues.

Nous sommes dans une Scène Nationale et Claire Diterzi regrette l'apathie d’un public bien callé sur son fauteuil. Elle n'a peur de rien quand elle nous apostrophe à la limite de l'insulte. ?Cavaillon, vous êtes mous!? dit-elle, droit dans les yeux.

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