Le thème du voyage, de l'imaginaire est au c?ur de cette 60e édition du Festival. Joseph Nadj n'a pas pu me faire décoller avec le trop hermétique «Asobu ». Malgré le souffle de ses machines, François Verret, ne m'a pas donné le billet aller pour « Sans retour » (il fallait bien que je case ce jeu de mots facile !).
Michel Laubu et son « Turak Théâtre » n'ont pas mieux réussi avec « Depuis hier. 4 habitants ». Pourtant, le lieu s'y prête. Nous ne sommes qu'à quelques mètres de la Maison Jean Vilar et du Palais des Papes, dans ce si joli jardin de la rue de Mons. Une centaine de spectateurs prend place face à ce dispositif scénique pour le moins original. C'est un petit espace fait d'objet de récupération. En attendant l'arrivée des comédiens, des violons mécaniques jouent de la musique et des vieilles machines à café envoient de la vapeur. Ils arrivent à trois pour faire fonctionner ce bric-à-brac. À chaque extrémité du dispositif, deux se positionnent dans des petites cahutes en bois tandis que Michel Laubu, le marionnettiste, est au centre. Il a ramené des matériaux après un voyage en kayak sur la Durance dont du bois patiné par l'érosion des courants. « Depuis hier. 4 habitants » est une galerie de quatre portraits avec un questionnement pour le moins complexe : « Sommes-nous au même moment dans quatre endroits du monde ?  Sommes-nous au même moment dans quatre endroits du monde ? Sommes-nous au même endroit à quatre instants différents ou avec le même individu à quatre moments de sa vie ? ».
Le résultat de ce questionnement est mitigé. Michel Laubu brouille les repères narratifs pour nous inviter à construire notre histoire alors que les objets sont omniprésents. Ils n'ont pas le pouvoir de me déconstruire: ils sont instrumentalisés et une technique linéaire régit leurs attitudes. Tout est trop bien huilé. Même si je ris à certaines scènes, je reste collé à cette mécanique. Je m'étonne même de ne rien ressentir comme si mon rire répondait aux rouages parfaits de l'objet. Seul un comédien peut réussir ce tour de force de m'emmener loin des sphères du réel.

J'ai passé un agréable moment, mais « Depuis hier. 4 habitants » sera vite oublié par le temps qui passe. Il n'y a plus qu'à souhaiter que le dispositif scénique devienne objet de récupération. Dans les mains des comédiens, il sera patiné et posé sur la scène comme  élément de décor d’une pièce d’Eric Lacascade!


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Par thématiques, les articles du Festival d’Avignon:
« Les sublimes »
« Le théâtre des maux »
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« Les mondes enfermants »
« Les hors-jeu »

Le palmarés du Tadorne du Festival d’Avignon:

« VSPRS »
d’Alain Platel.
« Paso Doble » de Josef Nadj et Miquel Barcelo.
« Combat de nègre et de chiens » de Koltès par Arthur Nauzyciel.
« Au monde » de Joël Pommerat.
« Human » de Christophe Huysman.
« Rouge décanté » de Guy Cassiers.

« Faut qu’on parle! » d’Hamid Ben Mahi et Guy Alloucherie, « Sizwe Banzi est mort » de Peter Brook, « Récits de juin » de Pippo Delbono et « Pour tout l’or du monde » d’Olivier Dubois.

« La tour de la défense » et « Les poulets n’ont pas de chaises » de Copi par Marcial Di Fonzo Bo.
« Les marchands » de Joël Pommerat.

« Chaise », « Si ce n’est toi » et « Le numéro d’équilibre » d’Edward Bond.
« Les barbares » d’Eric Lacascade.
« Pluie d’été à Hirosch
ima »
d’Eric Vigner.

« Asobu » de Josef Nadj.
« Mnemopark » de Stefan Kaegi.
« La poursuite du vent » par Jan Lauwers.
« Battuta » de Bartabas.
« Mondes, Monde » de Frank Micheletti.
« Journal d’inquiétude » de Thierry Baë.
« Depuis hier. 4 habitants » de Michel Laubu.

« La course au désastre » de Christophe Huysman.
« Gens de Séoul » de Frédéric Fisbach.


En bons derniers…
« Sans retour »
de François Verret
« Mozart et Salieri »
et « Iliade Chant XXIII » par Anatoli Vassiliev.
« Ecrits de Jean Vilar » par Olivier Py.

« Le bazar du Homard »
par Jan Lauwers.

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