Lundi 11 juillet 2005. Une journée européenne.

France Inter ; 8h20. Bernard Kouchner est l'invité du matin. Il évoque Srebrenica, dix ans après. Il semble gêné lorsque le journaliste évoque le rôle de la France lors de ce massacre. Je ne me doute pas encore que la faillite de l'Europe me guidera vers Avignon.


19h à la Salle Benoît 12. J'attends pour « The Biography Remix »  de Michael Laub. Cette pièce retrace la vie de Marina Abramovic, artiste Serbe, pionnière du « body art » qui consiste à repousser les frontières physiques et mentales.  Je ne connais rien de cette artiste et peu sur le Théâtre ? Performance. Le spectacle commence avec du retard. J'échange avec un groupe de jeunes sur les pièces du moment. Ils ont aimé « l'Histoire des larmes » de Jan Fabre ; en réponse, je les invite à aller voir Olivier Py. Je ressens un fossé générationnel (ils semblent plus attirés par la forme que par le fond).

Je rentre dans la salle. Une comédienne sur scène tient deux serpents (voir la photo). Ma phobie est forte, je crains de m'évanouir et de ne pas pouvoir rester. Je choisis de m'asseoir à côté d'une femme à l'attitude protectrice.

Le spectacle commence. Une série de performances illustrent la vie de Marina Abramovic. Je suis stupéfait par cette créativité ; la scène ou 6 couples se donnent des gifles  me fascine. La danse d'une grosse femme m'épate ; petit à petit, je découvre cet art si peu connu en France et je reconnais une vidéo passée sur ARTE ou  Marina Abramovic mange un oignon. Et puis, il y a cette séquence vidéo où  Marina et son compagnon se rejoignent sur la Muraille de Chine après une longue marche chacun de leur côté. Ces retrouvailles sont en fait une (ré)séparation. Plus la biographie avance, plus je pense à Srebrenica alors que la guerre en Serbie n'est même pas évoqué. Tout s’enchevêtre; je relie tout sans pour autant produire du sens.

Marina apparaît sur scène. S'affiche « 11 juillet 2005 Avignon » sur un écran électronique, signifiant la fin de sa biographie ; a ce moment là, elle nous adresse un sourire. La salle le lui rend bien par des applaudissements chaleureux. Je suis conquis et aimant.

 

A lire le bilan du Tadorne sur le festival d’Avignon 2005.

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