Avant de quitter la 59ème édition du Festival d’Avignon, je me dois de revenir au Cloître Saint Louis pour revoir la performance de Jean Lambert ? WildMy story is not a loft») résumée ainsi :
«Jean Lambert-wild est enfermé dans un cercueil de verre. Sanglé sur un lit, entouré de peluches, alimenté par intraveineuse, il fait face à une télévision transmettant 326 chaînes. Un monnayeur permet à un spectateur, pour la somme de 1 euro, de zapper les chaînes de la télévision, chaque changement envoyant à l'acteur une légère décharge électrique qui l'oblige à suivre le programme. Ainsi, le spectateur est renvoyé au rapport d'inertie violente qu'il entretient à l'image et qui, aujourd'hui, construit sa représentation du monde.»
La veille, j'avais assisté à la performance en compagnie de mes amis; j'avais à trois reprises changé de chaînes de télévision avec un certain plaisir?Mes amis n'ont pas tardé à me faire remarquer mon geste sadique. J'y voyais une ?uvre artistique là où ils ne percevaient que violence gratuite et imposture. C'est donc seul, au c?ur de la nuit, que je rend visite à «l'imposteur» ; ARTE est toujours là pour filmer les réactions des spectateurs. Je refuse de mettre un euro, laissant cette tâche à d'autres?J'observe, j'essaye de comprendre. Je fais part de mon désarroi face à cette ?uvre métaphorique du projet artistique du festival. ARTE filme quand soudain un spectateur m'agresse en me bombardant de questions fumeuses. ARTE n'intervient pas et continue de filmer. Je suis très mal à l'aise et me voilà, comme Lambert ? Wild, enfermé dans un jeu télévisuel à la fois jouissif et effrayant. 
Je quitte le Cloître Saint ? Louis quelque peu disqualifié?.
Pascal Bély – Le Tadorne.

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