Avant la prestation de Nathalie Pernette mardi soir,  le Directeur de « Danse à Aix », Patrice Poyet, nous invitait à venir nombreux le lendemain assister au spectacle de Thierry Baë…La démarche pouvait paraître étrange…En fait, il faisait la publicité de son propre spectacle…

 

Il est 19h30 et je me dirige vers le Centre Hospitalier de Montperrin où se produit Thierry Baë pour « Journal d’inquiétude ». J’ai du mal à quitter complètement le Festival d’Avignon. Je ne sors pas indemne de 15 jours de spectacles (je prépare d’ailleurs un écrit à ce sujet) et je me sens fatigué. Arrivé sur le lieu, je ne reconnais pas grand monde mais je trouve tout de même l’occasion d’échanger avec une « festivalière » sur quelques chorégraphes. Ces liens impromptus font du bien; ils m’obligent à échanger sur ma passion du spectacle vivant.

Thierry Baë arrive sur scène ; c’est un homme de 46 ans au beau parcours de danseur (je l’avais remarqué dans « Les Philosophes » de Joseph Nadj en Avignon il y a quelques années). Il a un micro caché dans les cheveux (décidément, les artistes y succombent tous…). Sa voix dicte les mouvements de danse. L’exercice dure (péniblement…) vingt minutes. On saura plus tard qu’il est atteint d’une maladie pulmonaire qui l’empêche de faire de gros efforts.
Un film est projeté par la suite durant 30 minutes (décidément, beaucoup d’artistes succombent à la vidéo cet été !). Outre que l’intérêt artistique laisse à désirer, j’assiste médusé  au processus de création de l’œuvre présentée ce soir ! Tout commence par une rencontre avec Patrice Poyet, Directeur du Festival « Danse à Aix », à qui Baë promet la présence de Mathilde Monnier et de Joseph Nadj dans son prochain spectacle ! Poyet n’en revient pas (l’audimat est assuré!), prêt à signer le contrat. Il s’ensuit  des rencontres ratées avec Nadj, Monnier et d’autres danseurs. C’est le film d’un naufrage annoncé; je me demande si l’on n’est pas tout simplement en train de se moquer de moi (décidément, c’est une posture très en vogue en cet été 2005…Cf. quelques spectacles du Festival d’Avignon). A la fin de la projection du film, nous voyons apparaître sur scène le magnifique Joseph Nadj qui reproduit, sous les indications de Baë, la chorégraphie du départ, la grâce et le talent en plus. Malaise, vous avez dit malaise…J’assiste en direct au suicide professionnel de Baë!
Résumons…Voilà un spectacle chorégraphique où l’on m’impose 30 minutes de film ; où le directeur du Festival est un des acteurs principaux ; où un danseur en fin de carrière se fait voler la vedette par son mentor, valeur sûre pour tout programmateur de Festival (d’ailleurs Nadj sera lui même directeur associé de la prochaine édition du Festival d’Avignon en 2006…La boucle est bouclée).
Il aurait été sûrement plus risqué pour Baë de transmettre à un jeune danseur ; d’éviter dans la dernière partie d’accompagner le geste à la parole (ou inversement!); de nous montrer à travers la danse un processus de création  (et non à partir d’un film). Bref, de proposer une œuvre artistique. Au lieu de cela, j’ai l’étrange sensation de connivence, d’un monde fermé qui se regarde fonctionner (le monde impitoyable de la danse!). Quant au spectateur, il regarde ce joli petit monde avec dépit  et amusement en attendant des jours meilleurs. Décidément, l’édition 2005 de « Danse à Aix » se fait attendre…
Il est 21H30 ; je quitte l’Hôpital de Montperrin un peu déboussolé…Je n’ai pas pu échanger avec ma connaissance « festivalière ». J’ai perdu le lien…


Date à venir:

19 janvier 2006 à Rennes

25 et 26 février à Noisiel.

17 mars à Chalon-sur-Saône.

19 et 20 mai à Strasbourg.


A lire sur le même sujet: le bilan de l’édition 2005 du Festival "Danse à Aix".

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