Archives mensuelles : juillet 2009

Voilà une oeuvre qui provoque de nombreux débats: agacements et enthousiasmes s’entrechoquent. Il en est ainsi des oeuvres complexes. Avec « Yo en el futuro », le jeune cinéaste et metteur en scène argentin Federico León trouble. Même quand on en sort vide,  à l’image d’une proposition qui se jouerait en dehors de vous. Mais où a-t-elle bien pu se nicher? Trois enfants, trois adolescents et trois personnes âgées regardent un écran de cinéma, télécommande à l’appui. Ils se ressemblent étrangement et l’on imagine aisément qu’ils… lire la suite

Wajdi Mouawad, l’artiste associé du 63ème festival d’Avignon, a laissé durablement son emprunte dans l’imaginaire des spectateurs lors d’une nuit à la Cour d’Honneur, où il nous proposa sa trilogie « Littoral », « Incendies », « Forêts ». Il nous manquait la quatrième partie du quatuor qui forme « Le sang des promesses » : « Ciels ». Nous aurions préféré ne jamais l’avoir vue et n’attendre qu’une promesse.

À l’intérieur du bâtiment de Châteaublanc, nous… lire la suite

Il s’installe au fond des gradins, bafouille quelques mots en français puis se reprend : «je dois parler italien sur recommandation du consulat». Premier accent de vérité. Rires crispés dans la cour du lycée Saint Joseph. Le metteur en scène Pippo Delbono revient au Festival d’Avignon avec «La menzogna» (Le mensonge). Le décor impose une bâtisse au long mur gris avec au centre, une ouverture de porte qui conduit dans le noir. À gauche, des vestiaires d’usine ; à droite, un cimetière avec des… lire la suite

Peut-on rire de la danse ? Oui, mais pas avec n’importe qui. Avec les Chicos Mambo, vous serez en bonne compagnie. D’abord parce que ces quatre danseurs sont des acteurs hors pairs, généreux, engagés, respectueux d’un art que leur comique ne disqualifie jamais. Alors que la chorégraphe Maguy Marin nous invite à prendre la parole même si la norme l’interdit, ces quatre-là s’affranchissent des cloisons avec superbe : l’acteur danse. Tel un jardin des délices, vous passerez de l’enfer au paradis sans même vous… lire la suite

François Chaignaud et Cecilia Bengolea sont appréciés des Festivals. Après Uzès Danse où ils ont dernièrement présenté « Self and Others » d’Alain Buffard, ils seront à l’affiche de la 30ème édition de Montpellier Danse en 2010 (répondront-ils au souhait de son directeur, Jean-Paul Montanari qui, en les programmant ,souhaite renouveler la danse contemporaine ?). En attendant, ils doivent se contenter de la « 25ème heure » lors du Festival d’Avignon, c’est-à-dire une programmation à minuit, à l’Ecole d’Art.

Ce couple avait… lire la suite

Il est 1h du matin. Je quitte la Cour d’Honneur bien avant la fin de la représentation d’« (A)pollonia » de Krzysztof Warlikowski. En y entrant à 22h, je n’étais pas prêt. Bruno Bouvet de « La Croix » ressent le désarroi de certains festivaliers dont je suis: « Comment retrouver la Cour d’Honneur après l’avoir laissée sur le souvenir inoubliable de l’épopée nocturne de Wajdi Mouawad… ?». Avec élégance, il précise : « L’émotion unique de ces onze heures et… lire la suite

Le Théâtre hongrois de Cluj, basé en Roumanie, présente une oeuvre forte, exigeante, dans la salle du chapitre au Théâtre des Halles. « Naître à Jamais » est une histoire de survie. Survivre après les camps de concentration, survivre aux autres, à ses souvenirs,  à soi. Sur fond de Shoah, András Visky raconte l’histoire de l’homme sans nom, à l’identité non reconnue, incarne le « nous », les innocents de Guantanamo, Florence Cassez emprisonnée au Mexique.

« Naître à jamais … lire la suite

Maguy Marin est au rendez-vous, avec tous ses danseurs. L’École d’Art affiche complet pour cette rencontre inoubliable. Alors que la dernière représentation de « Description d’un combat » dans le Festival d’Avignon approche, le public présent fait preuve d’un beau regard critique. Une heure d’échanges qui permet à Maguy Marin et à son collectif de se poser, d’écouter, loin de Paris et des grandes métropoles.

C’est précisément du public dont il est question dès le départ. « Comment expliquer la violence de certains spectateurs pendant ou  … lire la suite

« L’inéluctable solitude de l’homme, voilà le point de départ de cet étonnant duo« , telle est la présentation de « Seuls, ensemble » de la compagnie Clash 66. A l’issue de cette représentation,  ce sera aussi le point d’arrivée pour bon nombre de spectateurs à l’exception du public jeune, enthousiaste, qui acclame ce duo de hip-hop.

L’histoire est celle de la confrontation à l’autre. Elle prend place ici et là-bas, grâce aux techniques de projections sur écran. Le tout a un… lire la suite

Nous avons enfin trouvé les mots bleus. Ils ont arrêté le flot de paroles assourdissantes de ce festival. Jean-Quentin Châtelain s’avance vers nous, sur ce ponton métallique, vers cet océan de spectateurs prêt à vivre une expérience poétique inoubliable. Le décor est en soi un poème. À peine les vers de Fernando Pessoa résonnent que son visage, bleu, illumine, tel un phare. Comme avec Maguy Marin dans « Description d’un combat », la lumière amplifie le sens, prend la parole, et rend mystérieux cette poésie éclaireuse.

Cet homme… lire la suite