Les renseignements s’échangent à voix basse : « es-tu au courant de ce que l’on va voir ce soir? ». Il s’agit d’un « work in progress », le début d’un travail, un ersatz de réflexion. « L’équipe s’est vue au mois d’avril puis plus rien. Ils se sont retrouvés la semaine dernière. Ils sont tous flippé ». Palpitant. Excitant.

En préambule de la représentation, Liliane Schauss, directrice du Festival Uzès Danse et le chorégraphe Christophe Haleb, posent le contexte. En toute humilité. Avec beaucoup de respect. Ils sont intimement liés par le processus de création. Cela coule de source. Qu’importe que ce matériau ne soit pas visible dans sa totalité, nous sommes ici pour ce « Liquide » qui n’en finit pas, quelques jours après, de couler sur notre peau. Car la cour de l’Évêché d’Uzès, a été le théâtre d’une explosion sensuelle, érotique et sexuelle d’une rare intensité.


Les pistes de travail de Christophe Haleb reposent sur la question de l’amour dont nous puisons les codes et les pratiques chez notre voisin, le singe bonobo. Tout le champ sémantique est convié : la rupture telle une déclaration de guerre, l’hystérie amoureuse, celle de la séparation, le corps comme une résurgence du plaisir, le sexe. Les rythmes langoureux, appuyés par une bande-son envoûtante, expriment ce que les corps nous renvoient : une caresse, l’effleurement, le souffle dans le creux de l’oreille, le goût de la peau sur les lèvres. La scénographie nous enveloppe comme si nous étions invités à passer sous la couette. Elle multiplie les angles de vue nous permettant d’être à la fois voyeur et acteur de nos délires amoureux. Contemplatifs et stimulés par tous les sens, nous sommes quasiment prêts à monter sur scène ! L’environnement musical entre jazz et rock acidulé nous convie dans un jardin des plaisirs où notre animalité nous fait déraisonner tandis que les mots continuent à s’accrocher à la raison. Christophe Haleb aurait réécrit « Dernier Tango à Paris » avec cette variation qu’il n’en aurait pas à en rougir.

C’est ainsi que la torpeur des corps se découvrant laisse place à l’hystérie qui met tour à tour le corps en manque de sexe, de rapport de force, de l’autre. En manque de tout.

Christophe Haleb chorégraphie le charnel et inclut le public dans sa horde sauvage. Pour mieux nous apprivoiser. Là, où nous sommes si sensibles.

Pascal Bély – Laurent Bourbousson

www.festivalier.net

 


« Liquide » devrait être présenté lors des Hivernales d’Avignon en Février 2010 puis au Festival de Marseille en juin 2010.

Photo de Cathy Peylan avec son aimable autorisation.

 

« Liquide » de Christophe Haleb parl a Compagnie « La Zouze » a été présenté le 14 juin 2009 dans le cadre du festival « Uzès Danse ».

 

Christophe Haleb sur le Tadorne:

Evelyne a disparu (La Zouze Compagnie).

Au Festival d'Avignon, Christophe Haleb, chorégraphe «off » et « in »

À Uzès Danse, principalement Christophe Haleb.

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