En septembre 2007, lors de l’édition « Visa pour l’image » de Perpignan, j’avais souligné l’excellent travail de
Véronique de Viguerie, auteure des photos controversées sur les Talibans publiées cette semaine par Paris-Match. En comparant ces clichés, je retrouve l’engagement de cette photographe à vouloir montrer ce que les médias refusent d’admettre : les Talibans ne détiennent pas seulement des armes. Ils utilisent aussi les outils de pression psychologique et médiatique sur les populations pour faire vaciller la démocratie. Il faut avoir une courte vue sur ces processus pour déclarer que ces photos sont de la propagande (dixit le Ministre de la Défense hier matin sur France Inter). Ces clichés sont à regarder à plusieurs niveaux : ils démontrent la puissance des Talibans à jouer dans la même cour que les Occidentaux (l’affectif par l’image) et l’information selon laquelle l’embuscade contre les soldats français diffère de la version données par l’Armée de notre pays.
Ces photos sont donc de l’information. Voir sur France 2, un reportage sur la tristesse des familles des soldats tués à la vision de ces clichés, n’est autre qu’une manipulation. À faire dans l’affectif, les journalistes de France 2 occultent la portée politique du travail de Véronique de Viguerie. Ce n’est pas tant les photos qui importent, que le regard que nous portons sur elle. Les médias sous Nicolas Sarkozy ont décidément choisi la voie de l’émotion au détriment de la pensée. Véronique de Viguerie fait de l’information quand d’autres servent la soupe à un Ministre et un Président belliqueux, fonctionnant à l’affect pour affaiblir le fonctionnement démocratique.
Demain, je mets le cap sur Perpignan. Pour m’informer sur la marche du monde. Voir ce que Sarkozy et les journalistes proches du pouvoir ne veulent même pas comprendre.
Pendant ce temps, nos médias s’intéressent à la grossesse de Rachida Dati. Les clichés de l’échographie sont sûrement prêts.
Ils seraient peut-être temps que la photographie de reportage couvre les murs de nos théâtres. Pour la protéger et la promouvoir. Il y a urgence.


Pascal Bély
www.festivalier.net

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