Dans la région, c’est la deuxième lecture de l’année pour Patrice Chéreau. Après Hervé Guibert au printemps dernier au Théâtre des Salins de Martigues avec Philippe Calvario, c’est Fedor Dostoïevsky l’hôte de la soirée pour « Les Frères Karamazov ». L’extrait choisi est un dialogue imaginé entre le Christ en visite dans la Séville du XVe siècle en pleine inquisition et un vieillard, incarnation des dérives de l’Église de Rome. Ce texte n’est pas d’une qualité littéraire transcendante, mais il entre en résonance avec le contexte actuel où le religieux s’immisce dans le débat politique national et international. Je me sens à distance de ce réquisitoire ; seuls le charisme de Chéreau et un dispositif scénique minimaliste, mais efficace (une table, trois chaises) me sortent de ma torpeur. Chéreau tourne autour de ces chaises pour mieux accentuer la charge du propos.
Je m’interroge sur la pertinence d’un tel choix littéraire : ne serait-il pas temps de nous éclairer sur l’évolution du monde. Pourquoi les oeuvres lumineuses d’Edgar Morin et d’Albert Jacquard ne trouvent-elles pas leur place dans ces lectures plutôt que de nous proposer des textes connus sur des conclusions qui n’étonnent plus personne. Un déplacement du regard ne permettrait-il pas d’ouvrir des pistes non encore explorées ? N’est-ce pas finalement la finalité de ces Correspondances qui donnent à l’écrit une force qui dépasse parfois le théâtre ?


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