C'était programmé mais cela tombait plutôt bien. Après  six jours passés en Avignon, il fallait bien une pause pour me réconforter après les spectacles « douloureux » du Festival.

Angelin Preljocaj est toujours là quand il faut. C'est lui qui m'a fait aimer la danse un soir d'Avignon en 1998. C'est lui qui, en 2005 avec « Les 4 saisons? », m'offre mes premières émotions enfantines de l’été. C'est donc un très beau spectacle auquel assiste le public de Châteauvallon. Sa collaboration avec le plasticien Fabrice Hyber fait merveille ; jamais Preljocaj n'aura autant célébré le corps de façon aussi créative. Jugez plutôt le casting: les petits hommes fluos, l’homme éponge, les nounours cosmiques, les herissons amoureux, les soldats dansants, le Roméo et ses Juliettes, …Tous ces personnages communiquent dans un décor de liens, de liants et de lumières pour mieux transformer les corps et les émotions.

Encore une fois, les frontières entre les disciplines tombent : Avignon fête la danse dans le théâtre, lui-même englobé dans la vidéo et l'art performance ; Frédéric Flamand du Ballet National de Marseille joue la rencontre de la danse avec l'architecture dans « La cité radieuse« . Ce n'est donc plus le temps du « ou » mais du « et ». A ces rencontres là, Angelin Preljocaj est un orfèvre.

Je quitte Chateauvallon à minuit 30 et la lune m'accompagne jusqu'à Aix en Provence, ville d'accueil de Preljocaj. Toulon et Chateauvallon ont perdu un magnifique chorégraphe au temps du Front National  ; j'ai gagné les saisons du plaisir.

 

 

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