Je suis abonné depuis maintenant deux années aux Inrocks. J’ai abandonné Télérama après 15 ans de fidélité pour un hebdo plus ouvert aux tendances culturelles du moment, plus « politique » et loin de la pensée unique du « Monde » propriétaire de l’hebdomadaire. Grâce aux Inrocks, j’ai découvert des artistes que je n’aurais jamais rencontrés autrement (cf. mon prochain bilan 2005).
En recevant hier le n°527, le titre était prometteur (« Théâtre et Danse 2006 ; les meilleurs spectacles du début de l’année"). Différentes œuvres sont sélectionnées et je sens bien que la France est dans une période artistique florissante. Et puis…LE CHOC…Trois spectacles, trois cauchemars d’Avignon 2005, sont sélectionnés par « Les Inrocks » :
Les deux spectacles de Gisèle Vienne : « Une belle enfant blonde » et « I Apologize ». En  juillet 2005, j’écrivais: « la cohabitation entre des poupées pré pubères et des acteurs jouant leur perversité me met très mal à l’aise. C’est du théâtre de Backroom pour public averti… ».
Certains y avaient vu une apologie de la pédophilie et j’avoue avoir eu envie de vomir (au sens strict du terme) à la vue de ces œuvres dégoulinantes de cruauté. Gisèle Vienne n’a pas rencontré le public d’Avignon, même le plus fervent de la ligne adoptée par les directeurs du Festival (dont je suis). "Les Inrocks" trompe ses lecteurs en donnant à Gisèle Vienne une publicité loin d’être à la hauteur de son "talent". Dois-je comprendre qu’il y a entre certains auteurs et critiques une promiscuité quelque peu inquiétante ?
– Le troisième spectacle retenu est le célèbre « After / Before »  de Pascal Rambert. Les  Inrocks" souligne : « Reprise attendue du spectacle le plus méchamment massacré lors de sa création au Festival d’Avignon 2005 ». On pourrait à juste titre se demander :
1- Mais par qui est attendu ce si mauvais spectacle ?!
2- Que veux donc bien dire l’expression « méchamment » ?
L’auteur de cet article sous entend que spectateurs et critiques auraient été cruels avec ce metteur en scène soi-disant si tendance !
En juillet 2005, j’écrivais : « Au commencement de cette œuvre, une question très linéaire que Rambert pose à des terriens au hasard de ses rencontres à travers le monde: « En cas d’une grande catastrophe, d’un « nouveau déluge », qu’emporteriez-vous surtout du monde d’avant pour le monde d’après ? ». A cette question d’une paresse intellectuelle effroyable, les terriens s’efforcent de donner des réponses complexes, drôles, réfléchies, percutantes, jamais ennuyeuses au cours d’un film projeté au début du spectacle. On y entend les réponses intelligentes d’Olivier Py et de Christine Angot. Une jeune fille souligne tout de même que l’on ne peut prendre un élément en dehors de son contexte ; Olivier Py évoque l’impossibilité d’isoler un élément d’un tout (à croire qu’ils ont tous lu Edgar Morin !). Une femme émouvante parle du temps à ne plus perdre, de la communication à ne plusdisqualifier. Bref, ces terriens sont formidables ! Ils sont tous porteur d’un tout, d’une globalité. Ce film est un petit bijou ; la pièce aurait pu s’arrêter là et ARTE aurait signé pour le diffuser au cours d’une Théma ! Mais Pascal Rambert a une toute autre idée de la question et des réponses (après tout c’est son droit). Son point de vue consiste à recycler les paroles des terriens! Pour cela, il démonte les paroles, coupe, remonte à sa guise. Les jeunes comédiens sont isolés chacun dans une rangée où trône à la fin une personne plus âgée. Les deux générations essayent bien de communiquer, mais en vain (On est loin de« Trois Générations » de Jean-Claude Galotta). Tout est cloisonné, les paroles sont isolées de leur contexte (seule la Télévision sait faire aussi bien !), voire disqualifiées (la réponse d’Olivier Py est ridiculisée). Un chien sur le plateau fait diversion et amuse un public manifestement désemparé pour en rire! Non content de s’en tenir à cette première relecture des « terriens », Rambert nous remet le couvert avec une mise en musique et donc en paroles ! Et là, l’apocalypse, le vrai déluge de Rambert sous nos yeux…Les comédiens chantent faux, dansent comme à l’école primaire, se déguisent pour un carnaval funèbre. Des cris fusent du public (« Rendez-nous le chien » !);  j’ai honte de cette création et pitié pour ces comédiens ! A sa propre question, Rambert n’emporte même plus les paroles des terriens et engloutit la création du festival d’Avignon dans un océan de ridicule… »
Derrière l’expression « méchamment », "Les Inrocks" se moque bien du public d’Avignon.
Finalement, qui est le plus méchant ??

A lire:

Gisèle Vienne au Festival d’Avignon: faut-il être sado – maso pour rester?

Le bilan du Tadorne sur le festival d’Avignon 2005.

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