Dans le cadre des « Lundis au soleil« , rendez-vous mensuel organisé parles Hivernales d’Avignon, nous rencontrons la chorégraphe Régine Chopinot à la veille de sa création «nDa» (nouvelle Danseuse aveugle), pour le Festival Uzès Danse. Ses mots sincères ont agi comme un levier pour nous affranchir de notre condition de spectateur et nous emmener dans son sillage.

Elle a connu l’éclatement de la danse contemporaine dans les années 80, a été la directrice du Centre Chorégraphique National de Poitou-Charentes. Elle est aujourd’hui libérée des institutions, un électron libre guidé par ses envies. Elle part à la recherche de nos racines, aux quatre coins du monde, comme des excursions chorégraphiques. Telle une aventurière, avec « la prétention de se glisser dans l’interstice qui nous lie au tout ». Le tout est nature, objet, l’autre, l’humain (les Maoris, le peuple de Bamako, les aborigènes, …).  Autant de confrontations, pour faire vivre un projet humaniste qui nous positionne dans l’ici et l’ailleurs.

« nDa » trouve sa force dans ces propos. Second volet d’une recherche chorégraphique qu’elle souhaite prolonger sur sept années (au minimum), Régine Chopinot partagera le plateau avec sa soeur Michou. Ce partage est un bonheur retrouvé, une relation fraternelle mise à jour avec respect, avec amour. L’intime devient alors force créatrice et s’imbrique dans les liens au monde comme un contrepoids aux visions égocentrées.

Vient l’instant où le théâtre des Hivernales s’ouvre, laisse tomber ses murs pour projeter le synopsis de nDa. Des images de Bamako colorent notre regard d’Européen, des enfants dansent au rythme du ukulélé ; Michou et Régine dansent, chantent, des chiens s’essaient à un duo, la nature nous accueille. Des images vivantes, heureuses, poétiques qui réveillent notre émerveillement. Mais nous voilà rattrapés par un certain formatage lorsqu’un spectateur demande :
«Avez-vous écrit quelque chose ou bien ce sera improvisé ?»
«Tout est excessivement écrit, tout est excessivement fait dans le présent, dans le rapport au public».
La danse a sa raison d’être. Si elle cesse parfois de faire battre les coeurs, elle réanime aujourd’hui notre souffle et s’apprête à créer le mouvement des corps à l’unisson.
À nous de nous laisser guider.
Laurent Bourbousson – www.festivalier.net
Rencontre dans le cadre des Lundis au soleil au CDC Les Hivernales d’Avignon, le lundi 6 juin 2011.
« nDa » sera présenté au festival Uzès Danse du 17 au 22 juillet 2011.

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