2010…Il y a eu de beaux spectacles, 120 articles publiés, des milliers de kilomètres parcourus et un travail dans l’ombre qui éclaire…
En mai dernier, le cinquième anniversaire du blog a été l’opportunité de faire des propositions innovantes pour développer des liens qualitatifs entre le public et les institutions culturelles. L’action menée auprès de la ville d’Aubenas à partir d’un groupe de professionnels de l’éducation et du social, vu non plus comme des pourvoyeurs de spectateurs, mais comme constitué d’acteurs culturels à part entière, a permis de créer des nouvelles interactions entre la culture et la population.

Après Aubenas, est né le projet «Des spectateurs Tadorne pour Marseille Provence 2013». L’idée visait à constituer des groupes de spectateurs, de médiateurs-reporters et d’internautes pour communiquer sur la dynamique de Marseille Capitale. À ce jour, mes propositions ne seront probablement pas retenues. Mais une association, l’Union Diaconale du Var à Toulon, m’a missionné pour 2011 afin de les accompagner dans leur projet culturel vers…Marseille 2013. Tout est lié.

Il faut donc relier ce que cloisonne  une société consumériste qui enferme le lien entre le spectateur et l’oeuvre dans un rapport producteur-consommateur. Car comme le précise le philosophe Bernard Stiegler, c’est bien un modèle de relation contributive qu’il convient de promouvoir entre artistes, institutions et spectateurs pour remettre la culture dans le champ du politique. Alors, commençons par la petite enfance! Après avoir écrit un article pour la revue «Esprit de Babel»artistes, professionnels de la culture et de la petite enfance: tous ensemble!»), j’ai co-élaboré avec le Théâtre Massalia à Marseille un programme de formation-action. Il s’agira, à partir d’un cursus adossé à la programmation du théâtre, de former ensemble professionnels de la petite enfance et l’équipe de Massalia à la co-construction d’un projet culturel à destination des tout-petits. Démarrage prévu fin mars 2011.

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C’est le «côte à côte» qu’il faut promouvoir pour innover à l’image du projet «La traversée des spect’acteurs d’Avignon» proposé au Festival d’Avignon à l’automne dernier. À partir d’un groupe composé de spectateurs et de professionnels de la communication (médiateurs, chargés de communication, programmateurs), il s’agira de communiquer, tout au long du festival, sur notre traversée pour rendre compte de la force des nouveaux langages de la création. Les contacts ont été pris, des établissements culturels et des spectateurs sont déjà prêts à s’investir. À suivre…

Autre côte à côte: celui avec les artistes. La compagnie «Image Aiguë» de Christiane Véricel, basée à Lyon et ambassadeur culturel européen, m’a invité à deux reprises pour partager leurs réflexions:  en juillet avec leurs partenaires puis en décembre à Palerme au cours d’un processus de création avec les enfants. Ainsi, un spectateur a participé au projet  de la compagnie. Stimulant.

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Car, l’enjeu est là: comment créer des liens qualitatifs avec les spectateurs pour impulser ce modèle de relation contributive? Le Tadorne a donc formalisé, à partir d’un document (envoi sur demande), des propositions à destination des établissements culturels. Après avoir initié en 2010 deux débats avec le public et moi-même («Y’a des HO ! Y’a débat !»), le Théâtre des Salins de Martigues est prêt à poursuivre l’aventure en 2011, en amplifiant les processus: écouter différemment la parole des spectateurs, co-construire avec les amateurs des projets de communication autour du théâtre, faire la fête ensemble. À suivre… D’autant plus que j’accompagne  pour la ville de Martigues, la fusion du conservatoire de musique et de danse. Tout est lié…
En 2010, il a donc fallu communiquer sur cette approche, sur mon positionnement hybride. Dans un article paru avant l’été, le journal La Scène a  porté un regard positif sur le Tadorne. Deux émissions de radio ont permis de le promouvoir: «Des fourmis dans les jambes» de Gaëlle Piton sur IDFM et «Masse Critique» de Frédéric Martel sur France Culture. L’animation d’une tribune critique participative au Festival Off d’Avignon m’a donné l’occasion de  démontrer que l’on pouvait tous porter un regard critique sur les oeuvres en mobilisant ses ressentis. Les nouveaux langages de la création le permettent largement!
2010 fut une belle année pour le Tadorne. Je remercie Bernard Gaurier, Francis Braun, Laurent Bourbousson, Elsa Gomis, Sylvain Pack, Charles Buneux de s’être investis dans cette aventure en publiant à mes côtés; aux artistes (ils se reconnaîtront!) pour leur soutien et leur écoute; à tous les professionnels pour leurs encouragements et leurs conseils. A vous lecteurs, toujours plus nombreux.

2011 promet d’être bouleversante. Le Tadorne y gagnera des plumes pour opérer sa mutation.

Pascal Bély – www.festivalier.net.

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