Avec la représentation du « Malade imaginaire » de Molière, Alexis MOATI réussit à bousculer les idées préconçues d'un public scolaire souvent réticent à l'égard du théâtre, n'y voyant qu'un lieu désuet, où sont présentés des « classiques » figés et immuables. Ici, il devra s'en affranchir pour s'éveiller à une forme «participative » inédite.

 En conviant les spectateurs à s'asseoir sur la scène, la compagnie « Vol Plané » joue la proximité public-acteur. Effaçant la frontière du dehors et du dedans, le cadre s'ouvre pour nouer une autre relation avec le public. Les comédiens n'hésitent pas à se fondre parmi lui, à changer de rôle durant la pièce (d'acteur à régisseur plateau) pour l'interpeller. Cette mise en scène, où les mots de Molière se déclinent en jeans et tee-shirts, partage et transmet en permettant à ce public dit « scolaire » de s'approprier l'acte théâtral.

En créant la résonance entre l'époque de Molière et aujourd'hui, les comédiens offrent une seconde lecture de la pièce. Ils transmettent ce que l'éducation nationale peine à articuler, un texte classique et notre contexte. Ils réussissent à donner une hauteur de vue et mettent à l'épreuve l'écriture de Molière pour mieux nous y glisser.

  La compagnie « Vol Plané » parvient à perturber le public scolaire en bousculant les codes de la représentation. Les élèves s'interrogent sur la longue cacophonie du prologue, sur la lumière qui ne s'éteint pas alors que la pièce a commencé. Ces questions en suspens trouvent leur réponse dans le déroulé de la mise en scène. Alexis MOATI, en parfait pédagogue, réussit à instaurer une relation entre son public, sa compagnie et invente un théâtre ouvert vers ces adultes en devenir.

Laurent Bourbousson ? www.festivalier.net

 

« Le malade imaginaire » par la Compagnie Vol Plané a été joué au Théâtre des Halles, en Avignon, du 8 au 10 octobre 2009.

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