L’entrepôt, lieu de la compagnie « Mises en scène » (Avignon), propose deux spectacles destinés au jeune public, opposés mais stimulants.

« La balle rouge et Quatuor » offre une vision toute en finesse des rapports amoureux. Théâtre d’objet, les formes géométriques en mousse incarnent les protagonistes d’une aventure amoureuse qui lie un homme, une femme et un enfant.

L’histoire (la rencontre, l’amour, la naissance de l’enfant, la séparation) invite un quatuor d’instruments à cordes pour un voyage poétique. Nos yeux émerveillés, de l’enfant redevenu, laissent ces objets nous envahir et leur donnent une fonction de parole. Puissance de la métaphore ! « La balle rouge et quatuor » est une ode à la poésie et aux échanges humains.


 Il en est autrement pour « une vendeuse d’allumettes », d’après H.C. Andersen.

Plongée dans un monde ultracontemporain, notre vendeuse d’allumettes prend les traits d’une sans domicile fixe. À la veille de Noël, elle erre dans une zone commerciale. Son campement,  perdu au milieu de nulle part, se résume à son frigo, ses sacs plastiques et ses oranges.

Parabole de notre société, « L’Escabelle-Cie théâtrale »(Lorraine), convie les enfants, et les adultes, à réfléchir sur la condition des hommes et femmes que nous croisons sur les trottoirs ou au détour d’une rue.  Notre vendeuse d’allumettes invente son monde pour faire face à l’absence de regard d’autrui. Elle revêt ses plus belles bottes faites de sacs plastiques Lidl,  s’invite au restaurant, cuit son sac qui prend des allures de poulet. Elle combat ses propres démons (la faim, le froid et l’exclusion dont elle est victime) en véritable héroïne de manga et voudrait juste que nous la regardions comme une petite fille.

Nous la regardons tous. Nous regardons ce que la société fait de nous. Nous regardons ses traits s’éteindrent peu à peu. La vendeuse d’allumettes tue le père Noël, avant qu’il ne la tue. Elle laisse mourir le symbole de l’hyper consommation avant de s’éteindre et nous laisse notre sentiment de culpabilité.

A mettre entre toutes les mains à partir de 8 ans.

Laurent Bourbousson. www.festivalier.net

La balle rouge, du 10 au 24 juillet, à 10h30.

Une vendeuse d’allumettes, du 10 au 19 juillet, à 12h30

1 ter boulevard Champfleury
84000 Avignon

Téléphone réservation
06 27 11 48 84

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